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Chroniques // Histoire et patrimoine

CHRONIQUE

Territoire algonquin

// Christiane Pichette, Société d'histoire et de patrimoine de la région de La Sarre - 5 juin 2019

Numéro : Juin 2019

 

photo : Société d'histoire et de patrimoine de la région de La Sarre

 

Le territoire des Algonquins comprend la vallée de l’Outaouais et les terres adjacentes, à cheval sur la frontière du Québec et de l’Ontario. Ces terres n’ont jamais fait l’objet d’un traité, leur titre de propriété continue d’exister.

 

Avant l’arrivée du chemin de fer, les voies d’eau sont les principales voies de communication et de transport. La rivière des Outaouais est l’autoroute qui relie le Saint-Laurent aux Grands Lacs et aux terres intérieures du Nord.

 

Les Français accèdent commercialement et militairement aux hautes terres du pays grâce à leur alliance avec les Algonquins et les Nipissings. Les Anglais et les Français ont recours aux pratiques et aux protocoles des Premières Nations dans leurs relations politiques, commerciales, en offrant des présents, en échangeant des ceintures wampum et en établissant des traités.

 

Lors de la guerre de Sept Ans que se livrent les Français et les Britanniques pour contrôler l’Amérique du Nord septentrionale, les Britanniques s’efforcent d’obtenir la neutralité des alliés algonquins, qui contrôlent les voies maritimes permettant d’accéder à Montréal et à Québec. L’article 40 de la capitulation de Montréal, rédigé par le gouverneur français Pierre de Rigaud de Vaudreuil et accepté par les Anglais le 8 septembre 1760, prévoit que les alliés autochtones de la France « restent sur les terres qu’ils habitent, s’ils le souhaitent ». Les 15 et 16 septembre 1760 à Kahnawake, les Britanniques concluent également, directement avec les Premières Nations, un traité qui confirme les modalités de cette paix. La Proclamation royale de 1763 du Roi George III vise en partie à fournir aux Premières Nations des garanties pour éliminer les fraudes et les abus en plus de faire cesser la mainmise des colons sur leurs territoires. Les terres autochtones ne peuvent être cédées par ces derniers qu’avec leur accord et contre une compensation équitable.

 

Les Algonquins sont présents lors de la négociation des traités de Swegatchy et de Kahnawake. Ils ont conservé des ceintures wampum qui remontent à cette époque; elles racontent les événements et les engagements qui ont été pris. Ces ceintures ont été présentées au premier ministre du Canada, et aux premiers ministres des provinces lors de la conférence des premiers ministres de mars 1987 à Ottawa. Le chef Solomon Matchewan, son fils Jean-Maurice et une délégation d’Algonquins expliquent alors aux ministres ce que symbolisent les ceintures, incluant le pacte dit des Three Figure Covenant : « Le représentant de la nation française d’un côté et le représentant de la nation anglaise de l’autre, au centre se trouvent les Premières Nations. Il a été convenu à cette époque que les nations indiennes seraient toujours les chefs de leurs territoires et que tout ce qui devait être négocié devait l’être avec le peuple indien… » Ainsi, aujourd’hui, 258 ans après les traités de Swegatchy et de Kahnawake, et 255 ans après la Proclamation royale de 1763, le titre de propriété autochtone des Algonquins, qui englobe Ottawa, la capitale nationale, demeure une énigme à résoudre.

 

Source : Les traités et les relations qui en découlent

 

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