JEAN-FÉLIX BEAULIEU
Les chroniqueurs et les animateurs radio sont très entendus, mais peu reconnus. Vanessa Limage en est un bon exemple. C’est une femme souriante, attachante et rayonnante, une humaine qui mérite d’être connue, autant professionnellement que personnellement. Vanessa est dans le milieu de la radio depuis près de 15 ans.
PRÉSENTEMENT VOUS ÊTES ANIMATRICE, MAIS AVANT, QUE FAISIEZ-VOUS?
C’est ça, mais avant j’étais chroniqueuse. J’ai porté quelques chapeaux à l’interne, [mais] ça va bientôt faire 15 ans que je suis à Radio-Canada. J’ai commencé à Val-d’Or, j’étais chroniqueuse culturelle à l’époque. Je suis arrivée [à Val-d’Or] en 2010, puis j’ai commencé comme chroniqueuse culturelle et après ça, j’ai été journaliste terrain. J’ai été vidéaste aussi, [mais] la culture me manquait trop. Après un congé de maternité, je suis retournée à mes premières amours, c’est-à-dire la culture. J’ai été chroniqueuse à l’émission du matin. Avant, c’était à l’émission de l’après-midi, puis il y a une opportunité d’animation à l’émission d’après-midi. J’ai fait le processus et me voilà animatrice.

QU’EST-CE QUI VOUS A ORIENTÉ VERS LE MILIEU DE LA RADIO ET LA CULTURE?
Ben, moi, je suis une « bibite à médias ». À la maison, on n’avait pas le câble, mais j’avais la télévision. Je me souviens que, rapidement, je me suis découvert une passion pour tous les sujets d’actualité. C’était pas mal juste les nouvelles que j’écoutais, puis je trouvais ça intéressant puisque j’ai des origines haïtiennes. Je me rends compte que la radio, c’est quelque chose de presque culturel chez les Haïtiens. Je trouve que c’est un [média] de proximité, on dirait que la radio vient dans notre intimité, dans notre cuisine, dans notre chambre à coucher. Je ne choisis pas mon contenu, c’est un contenu qui vient à moi.
EST-CE QUE VOUS TROUVEZ QUE LA CULTURE EST ASSEZ MISE DE L’AVANT?
La radio est quelque chose qui aide beaucoup la culture, sauf que je pense qu’on ne la valorise pas assez. Oui, on la valorise, mais je pense qu’on ne mesure pas à quel point ça fait la différence et moi, d’ailleurs, je pense que si je fais de la radio aujourd’hui, c’est à cause de la culture parce que j’ai senti là qu’on s’intéressait à qui je suis, on me [communiquait] des choses qui m’intéressaient. Tu sais, ça commençait avec Passe-partout. Moi, j’étais dans la première génération, ça m’a accrochée puis, tranquillement, c’est comme ça que s’est développé mon amour de la culture québécoise. Je trouve que la culture, c’est un rôle vraiment important. J’ai l’impression que la culture, c’est un lecteur de notre identité, c’est ça notre langue française.
QUELLES SONT LES VALEURS QUI SONT IMPORTANTES POUR TOI?
Ah, les valeurs. Je dirais, ben oui, je dirais la justice vers un monde plus équitable. Tu sais, c’est sûr que tu sais… je viens d’un milieu où ce n’était pas nécessairement facile d’emblée sur le plan financier. Moi, ma mère est devenue veuve alors que j’avais 9 ans. Tu sais, on n’a jamais sombré dans une grande précarité, mais quand même, [ça] fait que toute cette notion-là de valorisation de la femme, de l’équité des chances, le fait aussi qu’on peut venir de n’importe quel milieu, c’est ça que je trouve beau aussi. Au Québec, on peut venir de n’importe quel milieu puis réussir dans la vie.