Le Forum Avantage numérique 2022 s’est déroulé à Rouyn-Noranda du 5 au 7 mai avec un assemblage de conférences, de 5 à 7 et de spectacles numériques. La variété était au rendez-vous, de la surveillance (monitoring) de la forêt en passant par la transmission de la culture autochtone et jusqu’au métavers.

Organisé par le Petit Théâtre du Vieux Noranda cette année, le forum qui vise à développer l’écosystème numérique du nord de l’Ontario francophone, de l’Abitibi-Témiscamingue et de la baie James a également été présenté sur la plateforme virtuelle Aire Ouverte.

La journée de conférences du vendredi s’est ouverte avec le stratège en culture numérique Guillaume Déziel qui est revenu sur son séjour en Russie au milieu des années 1990 avec sa conférence intitulée « La chambre d’écho de la désinformation ». Ses retrouvailles des années plus tard avec ses amis russes sur le réseau social VK ont donné lieu au début de sa lutte contre la chambre d’écho tentaculaire de Vladimir Poutine. Son récit émouvant et bien dosé de pointes d’humour a mis en perspective les actions concrètes qui peuvent être posées contre la désinformation.

Deux conférences ont particulièrement fait ressortir le génie numérique qui foisonne dans la région.

WIKWEMOT

« Panier d’écorce », voilà ce que signifie le mot anicinabe wikwemot. Le projet du même nom a pour but de développer une application interactive qui favorisera la transmission des savoirs culturels anicinabek aux plus jeunes avec pour thème de départ l’orignal.

Un panel composé de Dominic Lafontaine, artiste numérique anicinabe, Marie-Raphaëlle Leblond, chargée de projet, et Jean-Ambroise Vesac, responsable de l’Espace O Lab, co-hercheur Hexagram et professeur (CNM-UQAT) nous a présenté dans le rire l’expérience vécue lors de la résidence de WIKWEMOT au Petit Théâtre du Vieux Noranda. Celle-ci réunissait des artistes anicinabek, des chercheuses et chercheurs, des étudiantes et étudiants en création numérique de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) ainsi que la porteuse de savoirs traditionnels Grace Ratt.

Du processus collaboratif sont nés quelques prototypes ludiques qui serviront à l’élaboration de l’application finale comme le jeu vidéo immersif et éducatif Kosabitcigan ainsi que l’avatar d’une kokum (grand-mère), à l’image de Grace Ratt qui est, selon Marie-Raphaëlle, « à la fois l’éducatrice et un modèle de bad ass kokum », toujours dans l’esprit de transmission des savoirs traditionnels anicinabek.

FORÊT CONNECTÉE

Fabio Gennaretti, professeur en sciences forestières à l’UQAT, participe à plusieurs recherches concernant les effets des perturbations climatiques sur les écosystèmes de la forêt boréale. Les études menées au sein de la Forêt d’enseignement et de recherche du lac Duparquet (FERLD) ont permis l’élaboration d’une surveillance complète de la forêt et de son approvisionnement en eau grâce à la dendrométrie qui mesure les paramètres hydriques et de croissance des arbres, notamment à l’aide de capteurs à la fine pointe de la technologie. Cette surveillance en temps réel des mouvements de l’écosystème forestier permettra d’améliorer les prévisions en matière de changements climatiques et représente un grand potentiel d’enseignement et de vulgarisation.

Ces recherches font de la région un chef de file en modélisation environnementale. L’Abitibi-Témiscamingue accueillera d’ailleurs du 15 au 25 juin prochains la 31e édition de la North American Dendroecological Fieldweek (NADEF), réunissant 34 personnes de partout dans le monde.


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