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Chroniques // Histoire et patrimoine

Discussion sur l’archivage de vieilles bandes vidéo avec Sébastien Greffard

Ces trésors inestimables qui se cachent dans vos vieux tiroirs !

// Louis-Eric Gagnon - 14 déc. 2015

Numéro : Décembre 2015 / Janvier 2016

 

 

C’est un dimanche soir froid. Je m’apprête à faire trois heures de route en sacrant sur le fait que je n’ai pas encore mis mes pneus d’hiver, tout ça pour voir un extrait de 17 secondes du célèbre lutteur André the Giant lors d’un passage en Abitibi dans les années 70. Je me rends donc chez Sébastien Greffard des Productions Rang du Pouce afin qu’il me présente le tout et qu’il me parle de sa passion pour les archives.

 

S.G. : Je voulais tout simplement conserver les archives que mon grand-père filmait en Super 8. J’ai passé des nuits de fou à déboîter des projecteurs, à y remettre les poulies et les lentilles jusqu’à ce que je me monte un prototype cool. J’y suis parvenu et j’ai commencé à archiver les bobines de mon grand-père qui dataient de 1967.

 

 

Il y a eu ensuite le 75e de Rapide-Danseur, où j’ai fait un appel à tous : j’ai trouvé deux familles qui avaient des bobines de 8 mm ainsi que de Super 8. J’ai monté un DVD. Le côté archivage, je l’ai tout le temps eu. Alors que j’avais 13 ou 14 ans, mon père nous avait acheté une caméra VHS et on a fait un nombre incalculable de films maison.

 

IB : Ta machine actuelle, est-ce toi qui l’as fabriquée ?

 

S.G. : Non. À force de jaser avec du monde, c’est venu aux oreilles d’un gars de La Sarre, Pierre Tanguay. Ça faisait 10 ans qu’il numérisait les Super 8. Il avait fait son temps et cherchait à se départir de son équipement. J’ai donc pu commencer à travailler avec de grosses quantités, car je n’étais plus installé en bric-à-brac : j’avais une vraie machine.

 

Ce qui me fait tripper, c’est que j’ai des clients de La Sarre et de Rouyn-Noranda et je connais tous les racoins de la région. Je cible des séquences qui sont moins personnelles et je me monte une petite banque avec leur permission. Tôt ou tard, je vais me faire un film rassemblant tout ça.

 

IB : Quels sont tes plus beaux spécimens ?

 

S.G. : Plus c’est vieux, mieux c’est. J’aime avoir une bobine des années 50, constater que la qualité est présente et voir les chars, la mode, les motoneiges. Voir que les gens sont rassemblés. J’ai beaucoup de parades de majorettes. Des majorettes de village, comme on voyait à l’époque.

 

Il y a des thématiques qui reviennent d’une famille à l’autre : la chasse, Noël, les mariages, les terrains de camping en été. Ce sont les périodes où les gens avaient du temps pour se retrouver, et voulaient immortaliser ces moments.

 

Ce qui me passionne, d’ailleurs, c’est voir dans les vidéos de Noël un jeune qui déballe un cadeau et qui reçoit la même bébelle que j’ai eue.

 

Les gens doivent réaliser qu’il y a des archives qui dorment dans des boîtes. Il y a des extraits qui peuvent répondre à des questions posées il y a longtemps. L’important est d’archiver ce qui a été filmé. Si ç’a été filmé, c’est que ça avait une valeur. Ça coûtait cher à l’époque, et il fallait aller le développer. Quand on projetait, on s’installait : c’était presque cérémonial ! \\

 

 

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