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Chroniques // Littérature

Auberge mélancolie, de Stéphane Laroche

// Michelle Bourque - 17 nov. 2015

Numéro : Novembre 2015

 

photo : Courtoisie

 

 

Les nombreux lecteurs qui visitent les salons du livre savent à quel point une rencontre en personne avec un auteur est précieuse. Une demande de dédicace le cœur battant et le livre lu et aimé prend alors une tout autre dimension, une teinte parfaite que seuls une discussion avec son auteur ou un sourire fortuit au coin d’un kiosque peuvent apporter.

 

J’ai eu la chance de rencontrer Stéphane Laroche lors d’une rencontre d’auteur à la bibliothèque municipale d’Amos. Stéphane s’est entretenu avec beaucoup de générosité à propos de son travail d’écriture, s’attardant sur son plus récent roman, Auberge mélancolie. Originaire de Val-d’Or, Stéphane Laroche a travaillé pendant 6 ans comme journaliste à Amos. Il est aujourd’hui chargé de projet au Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or. Il a publié son premier récit, Le sourire d’Éva, en 2008, pour ensuite enchaîner quatre romans jeunesse aux éditions de la Paix, de 2010 à 2013. C’est ce qu’on peut appeler un auteur prolifique.

 

Auberge mélancolie, publié aux éditions Vents d’Ouest en 2015, est son premier roman pour adultes. Stéphane Laroche y relate l’histoire de Bernard, un aubergiste atterré par une vie sans joie qui lui échappe. Au congé de l’Action de grâce, il accueille ses derniers clients, dont la belle Mariane et sa rayonnante petite fille Jade, Albert et Rose-Anna, Geneviève, Jonathan et Alex. Il compte ensuite quitter son auberge où s’imprègne sa mélancolie des jours heureux qu’il y a déjà passés, quitter ses fantômes, fuir sa douleur. L’intrigue se tisse alors autour des réflexions de tous ces personnages qui ne parviennent pas à s’agripper à leur bonheur.

 

L’idée de départ de Stéphane Laroche était de faire réaliser à quel point tout contact humain, toute rencontre inopinée, aussi insignifiante soit-elle, peut amener à bouleverser nos pensées et nos actions. Je n’avais aucune attente particulière en ouvrant la première page du roman, encore moins face à cette prémisse. J’ai toutefois été surprise par la qualité de l’écriture de l’auteur, une écriture sans prétention qui parvient à charmer par sa douce et mélancolique simplicité. C’est ce qu’on appelle un roman qui fait du bien. Même s’il y a peu d’effet de surprise et que l’on se perd parfois dans l’entrecroisement des réflexions des personnages, Stéphane Laroche a réussi son pari de nous toucher. Les personnages sont crédibles et attachants et on laisse le roman avec le désir d’entourer les épaules de Bernard et de lui chuchoter : « Ne t’en fais pas, tout ira bien. »

 

« Prendre le goût de la douleur », voilà une phrase de Stéphane qui m’a accrochée lors de son entretien. L’écriture est un travail qui ne se fait pas sans douleur, mais dont on prend goût pour l’effet de ressourcement qu’elle procure. Bravo au travail de cet auteur qui n’a sûrement pas fini de nous toucher en raison de la sincérité qu’il met à développer des personnages qui nous interpellent. \\

 

 

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