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Dossier métiers d'art

MATIÈRE ET SAVOIR-FAIRE : 2E TRIENNALE EN MÉTIERS D’ART

// Maude Labrecque-Denis - 29 nov. 2018

Numéro : Décembre 2018 / Janvier 2019

 

Détail de l'oeuvre "Le chemin de traverse du roi cheval" par l'artiste Diane Auger
photo : Maude Labrecque-Denis

 

Du 21 juin au 2 septembre dernier, le Centre d’art Rotary de La Sarre était l’hôte de la 2eTriennale en métiers d’art, une exposition collective présentant le travail d’artistes originaires de l’Abitibi-Témiscamingue et de l’Outaouais.

En plus de faire connaître le travail de ces artistes, l’événement se voulait une occasion de mettre en lumière les processus de création propres à cette discipline afin de permettre au public d’en apprécier toute la richesse. Trois artistes ont été récompensées : deux Prix d’excellence ont été décernés par le Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ) représenté par un jury formé de pairs, et un Prix coup de cœur du public a été remis à l’œuvre ayant obtenu le plus de votes durant l’exposition.

DIANE AUGER : SE RAPPROCHER DE LA NATURE
Le Prix d’excellence pour l’Abitibi-Témiscamingue a été remis à l’artiste sculpteure Diane Auger de Rouyn-Noranda. C’est la maîtrise du modelage de la pâte de papier sur des structures complexes ainsi que la créativité, exprimée dans des visages étranges et des personnages féériques qui stimulent l’imagination du visiteur, qui ont fait pencher le jury. « Le chemin de traverse du roi cheval est une œuvre qui est folle, elle est plus folle que moi! » s’exclame l’artiste dont le processus de création a été très instinctif. « C’est parti avec des masques de toutes sortes de formes. J’ai travaillé à partir de la forme centrale d’une autre œuvre en bronze que j’ai utilisée comme fond, et j’ai modelé autre chose par-dessus. Je ne peux pas dire que j’ai décidé de faire cette œuvre; elle s’est faite, et moi j’étais là. Je l’ai façonnée. Chaque forme en a amené une autre, puis je me suis organisée pour faire des liens intéressants entre elles et ça a pris place. »

Réalisées à partir de fibre de cellulose, les sculptures de Diane Auger visent à nous rapprocher d’une nature dont on s’éloigne trop souvent, particulièrement en ces temps modernes. « Les animaux et les plantes n’ont pas besoin de nous, mais nous avons besoin d’eux. C’est important de garder le lien avec la nature », commente-t-elle.

DIANE LEMIRE : NOURRIR LA MÉMOIRE
Du côté de l’Outaouais, c’est l’artiste Diane Lemire qui est repartie avec les honneurs pour l’originalité de ses œuvres et pour son audace à combiner le savoir-faire traditionnel avec des techniques mixtes afin d’obtenir des sculptures contemporaines qui séduisent et transportent le visiteur dans un monde imaginaire.

Diane Lemire travaille à partir de matériaux diversifiés qu’elle amalgame pour créer ses œuvres : « Dans les dernières années, j’ai beaucoup travaillé le textile. J’utilise de la laine avec laquelle je fais du feutre, c’est la matière de base qui me permet d’incorporer toutes les autres. J’intègre beaucoup de matériaux recyclés, et le feutre agit un peu comme une colle. Ça m’évite de coudre, et je peux faire toutes sortes de choses, explique-t-elle. Je suis née à Val-d’Or et je viens d’une grosse famille de 12 enfants. Dernièrement, ma mère est décédée et j’ai récupéré toutes ses choses. Elle faisait du tricot, des tapis, du tissage; elle faisait nos vêtements, nos couvertures… Elle faisait tout! J’ai utilisé ces matériaux qu’elle passait beaucoup de temps à fabriquer. J’ai créé des petits personnages, qui sont un peu la représentation de ma famille. L’autre pièce que j’ai présentée est une nappe crochetée à la main qui a été feutrée pour incorporer des cuillers. Les cuillers représentent le fait de nourrir la mémoire. Quand on est une grosse famille, on mange ensemble et on se raconte toutes sortes de petites histoires. De petits découpages dans les cuillers viennent représenter ces histoires. »

CHRISTEL BERGERON : PASSION ET MAGIE
Grâce à l’œuvre Incantation,l’artiste sculpteure assembleure originaire de Val-Paradis Christel Bergeron a su gagner le cœur du public lors de sa toute première exposition en contexte professionnel. « J’ai toujours été passionnée par les arts. Le dessin ne me suffisait pas, la peinture non plus, alors je me suis lancée en sculpture. Je suis allée faire mon cours de soudure en 2011 et ça m’a complètement allumée. L’acier, j’adore ça », mentionne-t-elle. Concevant surtout de grosses pièces, Christel Bergeron travaille selon un processus semblable à la couture : « J’y vais comme si je faisais une robe. Je fais un patron, j’étends mes plaques d’acier comme si c’était un tissu. J’installe mes partons dessus, je coupe et je soude toutes les pièces ensemble. » L’œuvre Incantation a impressionné le public par sa taille, son mouvement et son petit côté mystique propre au travail de Christel Bergeron. « Ce qui m’inspire le plus, c’est l’inconnu. Les croyances des gens, les histoires, les contes et légendes… ce sont des choses qui m’attirent beaucoup », dit-elle avec passion.

L’exposition de la Triennale en métiers d’arts s’est par la suite déplacée vers l’Espace Pierre-Debain à Gatineau. Une belle initiative du Centre d’art Rotary qui contribue au rayonnement des métiers d’art par le maillage entre les régions et l’exposition d’œuvres dans un contexte idéal de diffusion.

 

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