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Articles // Écologie

Modification des tailles minimales et meilleures pratiques de remise à l’eau

De nouveaux règlements et outils afin de protéger le doré et le touladi

// Alain Fort, Ambroise Lycke, biologistes, Geneviève Décarie, conseillère en communication, MFFP et Thibaut Petry, directeur adjoint, OBVT. - 25 avril 2016

Numéro : Avril 2016

 

photo : Courtoisie

 

Le doré jaune est sans contredit l’espèce de poisson la plus populaire en Abitibi-Témiscamingue. C’est d’ailleurs dans une optique de protection de la ressource et d’amélioration de la qualité de la pêche pour cette espèce que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) propose pour la région la mise en place d’une gamme de tailles exploitées de 32-47 cm, à l’exception du réservoir Kipawa où une gamme de 37 à 53 cm est recommandée, et ce, dès le 1er avril 2016. De telles mesures semblent jusqu’à maintenant être efficaces autant pour améliorer la qualité de pêche que pour aider la reproduction des poissons, en favorisant la remise à l’eau des géniteurs. Selon une enquête menée par le Ministère au cours de l’hiver 2015, les gammes de taille obtiennent la faveur de la majorité des pêcheurs sportifs.

Rappelons qu’en 1999, une taille minimum protégée de 32 cm avait été établie dans la région. Depuis, plus d’une trentaine de plans d’eau ont fait l’objet d’une pêche expérimentale standardisée pour évaluer l’état des populations de cette espèce. Le tableau obtenu démontre que l’habitat est généralement favorable. Toutefois, on constate actuellement que près de la moitié des populations de doré jaune échantillonnées de la région démontre des signes de forte exploitation, d’où l’instauration d’un nouveau règlement qui permettra d’offrir aux nombreux pêcheurs une meilleure qualité de pêche à long terme.

Concernant le doré noir, les populations apparaissent généralement en santé. La croissance des spécimens est faible et cette espèce offre peu d’occasions pour des prises de grande taille. Par ailleurs, la mortalité estimée n’est pas problématique et la maturité sexuelle est atteinte avant que les spécimens atteignent une taille intéressante pour les pêcheurs sportifs. Pour ces raisons, aucune gamme de taille ne s’appliquera dorénavant pour cette espèce. Les pêcheurs devront toutefois s’assurer de bien faire la distinction entre le doré jaune et le doré noir.

Le réservoir Kipawa, un cas à part

Concernant le doré jaune, les travaux du Ministère démontrent une dégradation de l’état des populations au réservoir Kipawa, conséquence d’une trop forte exploitation par la pêche sportive. Les dorés pêchés y sont généralement plus petits que dans le passé, donc plus souvent remis à l’eau. Grâce à ce nouveau règlement, les effets positifs sur la qualité de la pêche devraient s’observer d’ici 3 à 4 ans.

Quant au touladi (qu’on appelle également la truite grise), une autre espèce prisée des pêcheurs, le nouveau règlement prévoit une limite de prise et de possession d’un seul touladi de 65 cm ou plus. La population du réservoir Kipawa est dans un état critique, notamment à cause de la surexploitation par la pêche sportive et des effets du marnage (variation du niveau de l’eau) sur la survie des œufs. La nouvelle modalité réglementaire devrait donc permettre la remise à l’eau de nombreux touladis en âge de se reproduire.

Des meilleures pratiques pour remettre à l’eau des poissons en santé

L’implication des pêcheurs sportifs est cruciale dans ces changements réglementaires. Lors de la remise à l’eau d’un poisson pêché, il est important d’agir efficacement pour assurer sa survie. L’Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT), en partenariat avec le MFFP, mène ainsi une importante campagne de sensibilisation afin de promouvoir les bonnes techniques. En effet, certaines techniques ou certains engins de pêche peuvent avoir une influence importante sur la survie des poissons relâchés. Voici trois techniques simples et efficaces à prioriser pour maximiser les chances de survie lors de la remise à l’eau :

 

 

  • utiliser des leurres artificiels plutôt que des appâts naturels (ex. : vers et menés) afin de limiter l’hameçonnage profond;
  • utiliser des hameçons circulaires plutôt que des hameçons en J ou des trépieds afin qu’ils s’accrochent au niveau de la lèvre plutôt que dans les organes vitaux;
  • couper la ligne si l’hameçon est accroché trop profondément (celui-ci sera dissous par le poisson ou rejeté naturellement). 


L’adoption de ces meilleures habitudes permettra de pratiquer une pêche sportive qui contribue à préserver la ressource tout en maintenant une bonne qualité de pêche à long terme. Les pêcheurs désireux d’en savoir plus sur les bonnes techniques de remise à l’eau sont invités à consulter le site Web de l’OBVT. Ils y trouveront plusieurs ressources intéressantes, notamment une vidéo réalisée avec des pêcheurs professionnels sur les techniques énoncées plus haut. \\

 

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