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Chronique plein air

60 km de plaisir partagé en kayak sur le réservoir Decelles

// France Lemire - 9 mai 2015

Numéro : Mai 2015

 

photo : France Lemire

 

Il y avait longtemps que ce terrain de jeux aquatiques m’attirait. En effet, ces plans d’eau tentaculaires aux mille et une ramifications m’appellent particulièrement. J’ai toujours préféré pagayer sur des rivières. J’aime sentir la forêt m’envelopper et découvrir un trésor naturel au détour d’un méandre. Mais après expérimentation, je me suis surprise à éprouver la même sensation à pagayer sur un réservoir à l’allure d’une pieuvre. Ces immenses nappes d’eau se composent d’un nombre impressionnant de baies plus intime les unes que les autres. Au Témiscamingue, le réservoir Kipawa fut ma révélation de l’année 2011. Et depuis, j’y retourne régulièrement glisser ses eaux limpides.

 

Cette fois, l’appel de la nature me conduit dans une expédition de kayak-camping à la conquête des multiples courbes du réservoir Decelles situé à cheval entre les MRC de Rouyn-Noranda et de la Vallée-de-l’Or.

 

Le réservoir Decelles est une immense nappe d’eau de plus de 200 km² de superficie, longue de 58 km sur 27 km de largeur, et constitue un élargissement de la rivière des Outaouais. Au début des années 1940, la Noranda Power Co. a construit un barrage sur le cours supérieur de cette importante rivière de la scène québécoise, le barrage Rapide-Sept au sud de Malartic. Le niveau de l'eau s'est alors élevé progressivement, transformant la rivière en un imposant réservoir.

 

Pour éviter un retour dans son sillon d’eau, deux voitures sont à prévoir. En partance de Malartic, 55 km sur chemin forestier sont nécessaire afin de laisser une voiture près du barrage Rapide-Sept pour ensuite poursuivre avec une deuxième sur une cinquantaine de kilomètres sur les chemins du Rapide-Sept (direction Est) et de la Baie Carrière jusqu’au point de départ de l’expédition à la mise à l’eau du camping de la Baie Carrière. Considérant la présence de pourvoyeurs aux points d’accès, il est possible de requérir leurs services et ainsi éviter de se déplacer à deux voitures.

 

Cette nappe d’eau comporte de nombreuses îles et presqu'îles dont certaines la divisent en deux zones majeures et offre une grande palette de paysages. Le réservoir Decelles est réputé pour l’excellence de la pêche aux dorés, brochet, corégone et perchaude. Sur l’eau, les pêcheurs circulent en bateau à moteur, mais sans nous incommoder, nous, pagayeurs, amateurs de tranquillité.

 

Pour traverser le réservoir du Nord-Est vers le Nord-Ouest, un passage obligé vers le sud conduit à une série d’îles bordées de magnifiques plages. C’est sur la plus petite que nous échouons nos embarcations après un éprouvant après-midi à pagayer face au vent. Voilà un petit site enchanteur pour les deux passionnés de camping sauvage que nous sommes.

À notre réveil la journée s’annonce parfaite. Le soleil brille et le lac est un miroir. Notre parcours nous amène à découvrir la partie sud du réservoir où l’on contourne quelques grandes îles bordées de flancs montagneux et ponctuées d’affleurements rocheux. Ce secteur offre une nature préservée et des paysages d’une beauté absolue.

 

De retour à proximité de notre lieu de départ de la journée pour y trouver campement, nous sélectionnons sur la carte une grande île. La plage est immense. En y déposant les pieds, on remarque toutefois quelques traces d’ours noir. Après une inspection minutieuse des lieux, on s’installe pour la nuit en prenant bien soin de suspendra la nourriture à un arbre pour évité d’attirer la bête. Nous avons droit à un superbe lever de lune…

 

Campement démonté́ et kayaks chargés, une dernière baignade matinale et c’est un départ. Au centre de la voie d’eau, sur l’ancien lit de la rivière, l’idée de glisser sur une chaîne de rapides ennoyés me fascine. Ce même passage était une voie principale de navigation à l’époque de la traite des fourrures avec plusieurs portages qui ont donné du fil à retorde à nombreux coureurs des bois.

 

Pour cette dernière journée en kayak, la vraie aventure commence une centaine de mètres passés la pointe du rapide 13. Nous nous retrouvons alors dans une vaste section du réservoir saupoudrée de centaines de troncs d’arbres à demi ou complètement submergés, vestige de la période de mise en haut du réservoir. Nous débutons cette véritable course à obstacles le sourire aux lèvres avec vigilance pour ne pas nous retrouver à l’eau.

 

Après une longue journée en kayak, le hameau et le barrage de Rapide-Sept s'élèvent sous nos yeux à l’extrémité nord-ouest du réservoir nous annonçant la fin de notre périple.

 

 

 

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