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Chroniques // Histoire et patrimoine

CHRONIQUE

Communautés culturelles et patrimoine bâti à Rouyn-Noranda

// Benoit-Beaudry Gourd, président de la société d'histoire de Rouyn-Noranda - 25 sept. 2019

Numéro : Octobre 2019

 

L'église Saint-Georges à Rouyn-Noranda
photo : Ville de Rouyn-Noranda

 

À partir du 17e siècle, des millions de personnes traversent les océans pour venir s’établir au Canada. Ce puissant mouvement migratoire mène des milliers d’immigrants, pour la plupart originaires d’Europe centrale et d’Europe de l’Est, dans les villes minières de l’Abitibi où ils font partie intégrante de la vie collective. C’est particulièrement le cas à Rouyn-Noranda où les immigrants sont fort nombreux, constituant jusqu’à près d’un tiers de la population en 1931. En 1961, ils forment encore 10,6 % de la population. Les communautés culturelles dont ils sont issus ont laissé des traces dans le patrimoine bâti de la ville. La preuve par trois.

 

 

LA SYNAGOGUE BEIT KNESET ISRAEL

 

La communauté juive de Rouyn-Noranda, même si elle est peu nombreuse, se dote dès 1932 d’une synagogue qui devient alors la première au Québec à être érigée en dehors de Montréal. La communauté profite de la richesse de ses membres, très actifs dans le commerce et l’immobilier, pour faire construire en 1948 une plus grande synagogue sur le même emplacement. Le sous-sol est alors utilisé pour les activités sociales et culturelles de la communauté. L’édifice cesse de servir de lieu de culte en 1972 puis est vendu. Il a depuis été transformé en édifice à appartements.

 

La valeur patrimoniale de ce bâtiment est principalement reliée à son histoire, mais elle réside aussi dans certains éléments de son architecture. L’édifice possède une façade de style néo-roman en briques qui se distingue par l’arc en plein cintre de ses fenêtres. Certains éléments de la façade permettent par ailleurs de discerner la vocation d’origine du bâtiment, comme l’inscription « Kneseth Israël Congregation » sous la fenêtre circulaire décorée de l’étoile de David. Tout au bas du côté droit de la façade, une inscription en hébreu et en anglais sur une pierre angulaire noire rappelle que M. Michael Korman était le président de la « Rouyn-Noranda Hebrew Congregation » lors de l’inauguration de la synagogue.

 

 

L’ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE SAINT-GEORGES

 

La construction de l'église orthodoxe russe Saint-Georges commence en juin 1955 sur un terrain cédé par la Cité de Rouyn à la communauté russe pour le prix symbolique d'un dollar. Une collecte de fonds menée auprès de toute la population permet la construction de l'église qui est achevée au cours de l'été de 1957. L’église Saint-Georges, ainsi nommée en l’honneur du patron des orthodoxes russes, est construite par les fidèles eux-mêmes. Les plans de l'église ont été établis par le père Feodor Ustutschenko, le pope de l’Église orthodoxe d’Amérique qui sert à l’époque les fidèles de Rouyn-Noranda et Val-d’Or ainsi que ceux de Kirkland Lake et Kearns dans le Nord-Est ontarien.

 

L’église Saint-Georges présente l’architecture classique des chapelles orthodoxes de la Russie rurale avec son plan en forme de croix, ses coupoles à bulbe surmontées d’une croix à trois branches et ses ouvertures en arc brisé. Elle se distingue par ses fondations hors sol et son impressionnant escalier d’accès. Jusqu'en 1982, le bâtiment sert à la fois de lieu de culte et de centre communautaire pour les immigrants russes de Rouyn-Noranda. Puis en 1984, l'Église orthodoxe d'Amérique cède le bâtiment à la Ville de Rouyn qui s’engage alors à en préserver l’intégrité ainsi qu’à sauvegarder les vêtements liturgiques et les objets de culte laissés sur place par le dernier pope, le père David Shevchencko.

 

L'église Saint-Georges est citée comme monument historique en 1992 par la Ville de Rouyn-Noranda. Complètement rénovée en 2007, elle sert aujourd’hui de musée religieux et de centre d’interprétation sur l’histoire des immigrants à Rouyn-Noranda. La valeur patrimoniale de l’église Saint-Georges est d’autant plus grande qu’il n’existe que deux autres églises semblables au Québec, l’une à Val-d’Or et l’autre à Montréal.

 

 

L’ÉGLISE CATHOLIQUE UKRAINIENNE CHRIST-ROI

 

C’est aussi à partir de 1955 que les catholiques ukrainiens de rite byzantin présents à Rouyn-Noranda vont construire l’église Christ-Roi sur des terrains situés à proximité de l’église Saint-Georges. En fait, la construction des deux églises s’effectue en même temps, soit de 1955 à 1957. Les travaux de construction sont en grande partie réalisés par des membres de la communauté sous la direction du père Lev Chayka, le curé des paroisses catholiques ukrainiennes de Rouyn-Noranda et de Val-d'Or. C’est monseigneur Isidore Borecky, exarque des Ukrainiens de l'est du Canada, qui procède à la bénédiction solennelle de l'église Christ-Roi le dimanche 11 septembre 1960. L’église est encore aujourd’hui utilisée de manière sporadique pour des cérémonies religieuses.

 

L’allure imposante de l'église témoigne de l’importance de la communauté ukrainienne à Rouyn-Noranda, l’une des plus nombreuses à l’époque. Le corps du bâtiment est en briques avec une toiture à deux pans. Sa façade comprend plusieurs ouvertures plein-cintre munies de fenêtres en croisillons. Des clochetons coiffés de la croix catholique ukrainienne surmontent le faîte de la toiture ainsi que les deux tours d’angle. Comme l’église Saint-Georges, l’église du Christ-Roi se démarque par ses fondations hors sol qui élèvent le bâtiment de manière importante et par son imposant escalier d’accès.

 

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