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Chroniques // CULTURAT

L’art sera toujours plus intéressant que la tôle et le béton

// Geneviève Aubry et Pascale Charlebois - 2 oct. 2017

Numéro : Octobre 2017

 

Ces dernières années, l’Abitibi-Témiscamingue a vu de nombreuses œuvres apparaitre sur son territoire, en partie grâce au mouvement CULTURAT, mais aussi et surtout à la volonté des élus et des fonctionnaires municipaux, des artistes, des travailleurs culturels, des mécènes et de tous ceux et celles qui contribuent à faire vivre des projets d’art public.

 

À côté des fontaines, des œuvres sculpturales et des plaques de citation, un type d’œuvre a particulièrement foisonné sur les bâtiments et les commerces de l’Abitibi-Témiscamingue ces dernières années : les murales. Seulement depuis 2016, au moins une vingtaine de projets de murales ont vu le jour ou sont en cours de réalisation dans plusieurs villes de la région. La plupart se situent sur les murs de bâtiments publics ou privés (aréna, bar, pharmacie, immeuble de bureaux, etc.), et même, plus récemment, sur des maisons privées!

 

Bien qu’un grand nombre de personnes se montrent très positives face à de tels projets, il en est d’autres qui ont spontanément un mouvement de résistance lorsqu’on parle de réaliser une murale à un endroit très visible, comme au cœur du centre-ville ou encore dans un viaduc. La raison est simple : il est rare qu’une œuvre d’art fasse l’unanimité. Ces personnes sont inquiètes de la qualité, de la beauté de la murale en question. « Et si c’était laid… », « On sera pogné avec pour 10 ans. », etc. Ce qui surprend dans ce type de commentaires, c’est qu’on puisse vouloir « préserver de l’art » des murs drabes, impersonnels, fonctionnels et souvent défraichis. Et bien sûr, les murales qui existent déjà ne font pas toutes l’unanimité.

 

Rien d’étonnant d’ailleurs si on considère que le jugement esthétique touche la sensibilité et non la raison. La réaction que l’art suscite est forcément subjective, mais une chose en est sure : elle éveille les sens. Que l’on aime ou non l’œuvre qui se dresse sur les murs de la ville, la sensibilité qu’elle fait naitre en chacun des passants crée un dialogue, une ouverture, un lien non seulement entre les arts et la ville, mais aussi entre les citoyens eux-mêmes. Une tâche que pourrait difficilement accomplir un mur en béton…

 

Notons aussi que la définition du « beau » est elle-même très subjective et fait l’objet de toute une branche de la philosophie : l’esthétique. Cette définition varie considérablement d’un philosophe à l’autre, de l’Antiquité à aujourd’hui. Partant du « caractère de ce qui est bien adapté à sa fin » selon Aristote, la beauté évolue avec Kant (et Nietzsche, qui partage son avis), jusqu’à être « ce qui provoque un plaisir désintéressé ». Ce qui est certain et semble cependant faire l’unanimité, c’est que l’art est avant tout un acte social et qu’il exprime toujours quelque chose de la sensibilité d’une époque et de ses préoccupations.

 

Il faut donc faire confiance aux artistes qui, d’une part, ne font jamais une œuvre (et surtout pas une murale) dans le but de dégouter les passants et, d’autre part, s’inscrivent dans leur époque et sont les témoins de notre société.

 

Bref, si une œuvre ne vous plait pas, demandez-vous ce qu’elle tente de vous dire sur votre époque et votre milieu de vie!

 

 

 

 

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