JOANIE DUVAL

Pour le groupe de métal militant Guhn Twei, il n’y avait pas de meilleure date que le 11 mars 2026 pour la sortie de son troisième album, Une ville, une mine, un cancer (Slam Disques), exactement le jour où Rouyn-Noranda est devenue centenaire. J’ai retrouvé Simon Turcotte, David Bérubé-Alisich et Jeanne Perrin à La Punk House pour jaser de la confection de leur petit dernier.

L’INSPIRATION

À l’automne 2024, Simon, cofondateur du groupe avec David, trouve l’inspiration dans une photographie prise au cimetière Notre-Dame dans son quartier rouynorandien. Il écrit beaucoup, les nuits blanches s’enchaînent et il arrive rapidement à une constatation. « Je trouvais que c’était une image forte et très inspirante, le cimetière dans la neige avec la cheminée au loin, dit-il. Tout le concept de l’album est parti de ça, même si on avait déjà fait deux albums sur le sujet. Les deux premiers, c’était plus direct dans le militantisme, tandis que lui est beaucoup plus inspiré de l’atmosphère de la scène. »

À Noël 2024, il dit à David : « J’ai de quoi à te faire écouter. » Ce dernier tombe en amour avec les maquettes de Simon et l’album se dessine rapidement.

La pochette de l’album a été conçue par Juliette Lemieux, une artiste engagée d’ici qui avait exprimé au groupe son désir de créer avec eux. Comme Simon dans son processus d’écriture, elle s’est inspirée de la photo au cimetière Notre-Dame pour les quatre œuvres qui ornent l’album. « Quand j’ai vu son travail, c’était le même message, le même combat. [Ç’avait] tellement de sens que ce soit elle qui fasse la pochette », affirme Simon.

FACE A, FACE B

L’assemblage derrière les 13 pistes du nouvel album de Guhn Twei est réfléchi, un peu comme la trame sonore d’un film. La face A, c’est Une ville, une mine et la face B, c’est Un cancer.

« Faire un album, je compare ça à faire un casse-tête. Tu ne sais pas trop où tu t’en vas, puis à un moment donné, tu commences à voir l’image complète. Là, ça change ta perspective de certaines choses. Je m’étais rendu compte vers la fin du processus que les premières chansons de l’album étaient vraiment plus dans la thématique habituelle de Guhn Twei, un discours très engagé, très direct, puis que la deuxième partie de l’album, c’était des textes plus personnels qui parlaient plus de l’hôpital, du cancer », a précisé Simon.

Par exemple, la chanson « Culture du silence » ne fait pas seulement allusion aux artistes qui, comme Guhn Twei, ont été censurés dans des événements qui dépendent de commandites de grandes minières, mais aussi à ceux qui n’ont pas voix au chapitre. « La chanson parle aussi de l’angle d’une personne qui est prise à l’hôpital en même temps qu’un beau festival qu’on a ici à Rouyn-Noranda. De dire que pendant que tu t’amuses dehors dans ton festival commandité par une usine ultra polluante, t’as des gens qui sont à l’hôpital et qui regardent ça sans pouvoir participer », souligne Simon.

NOUVELLE DYNAMIQUE

L’arrivée d’Étienne Pelchat comme batteur a un peu changé le processus créatif du duo de Simon et David. Ce dernier a changé d’instrument, délaissant la batterie pour la guitare, une première dans sa vie de musicien. Sans vouloir écarter le nouveau batteur, les fondateurs de Guhn Twei ne voulaient pas trop en mettre sur ses épaules avec les deux premiers albums qu’il devait apprendre. Il faudra attendre au prochain album pour entendre Étienne. Sept morceaux qui avaient été écartés de cet album ont déjà été enregistrés avec lui et sont prêts à l’emploi pour un prochain projet.

La voix de Jeanne Perrin est beaucoup plus présente sur Une ville, une mine, un cancer et elle apporte une belle couleur à l’ensemble. « C’est quelque chose que je n’avais jamais fait, du chant métal; ça m’a sorti de ma zone de confort, mais j’ai vraiment aimé ça. Ça m’inspire beaucoup, des bands métal avec une femme qui gueule sa vie. Je trouve ça le fun de pouvoir faire ça. Je trouve ça vraiment bad ass », affirme-t-elle.

Guhn Twei présentera Une ville, une mine, un cancer pour la première fois en spectacle le 15 mai prochain au Cabaret de la dernière chance à Rouyn-Noranda, avec Dogo Suicide et Saints Martyrs.


Auteur/trice

J'ai la carrière bohème, c'est la meilleure définition que j'ai trouvé pour décrire mon parcours professionnelle. De fleuriste à massothérapeute, puis de journaliste à agricultrice, entre autres, une chose m'a toujours accompagné partout : ma passion pour l'écriture. L'écriture est un véhicule accessible à tous pour s'exprimer et c'est toujours un plaisir d'aider les autres à l'utiliser. Parallèlement, je poursuis aussi mon implication bénévole dans plusieurs organismes dans ma communauté, notamment le journal de quartier Montbeillard en Bref.