DOMINIQUE ROY 

Dans l’histoire de RouynNoranda, il y a aussi celle d’une voix… Une voix chaude, enracinée dans le territoire, vibrant au rythme d’une musique country rock, et ce, depuis vingt ans. Cette voix, c’est celle de CHUNFM, une station née presque par nécessité, mais qui s’est imposée comme un fil conducteur dans la vie locale. 

Pour raconter cette histoire, il suffit d’écouter Denis Cossette, qui veille sur la station depuis près de deux décennies. Il parle de CHUN-FM comme on parle d’une maison qu’on a bâtie soi-même : avec précision, fierté et affection.  

Denis Cossette | Photo : CHUN-FM (courtoisie)

UNE IDÉE NÉE DU TERRITOIRE 

Au milieu des années 2000, RouynNoranda se laissait porter par ses festivals et ses artistes, mais une fréquence manquait à l’appel : celle d’une musique qui fusionne la narration et les mélodies du country à l’énergie du rock. L’idée germe alors dans un contexte plus large : celui d’une radio anichinabée qui cherche à élargir ses horizons. Avec Noé Mitchell, alors directeur de la radio communautaire de Lac-Simon, Denis Cossette imagine une antenne capable de couvrir davantage de territoire, tout en gardant l’ADN communautaire qui fait la force du réseau. 

Ainsi, CHUNFM naît en 2005, portée par une volonté simple, celle de parler aux gens d’ici, dans une langue musicale qui leur ressemble. 

Logo : CHUN-FM (courtoisie)

DES DÉBUTS FRAGILES, MAIS TENACES 

Comme beaucoup de projets communautaires, les premières années ressemblent à un long hiver : finances serrées, ressources limitées et chaque jour demandant un peu d’ingéniosité. Toutefois, la station tient bon. Vers 20082009, l’équilibre arrive enfin, et CHUNFM peut commencer à respirer, à se déployer et à s’ancrer dans le quotidien des auditeurs. 

LA VOIX DES HUSKIES 

S’il y a un moment où la station a senti qu’elle faisait vraiment partie du paysage, c’est en 2016 alors que CHUNFM devient le diffuseur officiel des Huskies de Rouyn-Noranda. Ce partenariat n’est pas qu’un contrat : c’est un symbole. Celui d’une radio qui ne se contente plus de jouer de la musique, mais qui porte la voix sportive d’une communauté entière… ses victoires, ses espoirs, ses soirées de hockey. 

UNE PETITE ÉQUIPE, UNE GRANDE PRÉSENCE 

CHUNFM, c’est une poignée de personnes qui, ensemble, font tourner une station comme on entretient un feu de camp, avec constance et dévouement. Quand on demande à Denis Cossette ce qui le rend le plus fier, il parle de son équipe, de ces gens qui, avec peu de moyens, mais beaucoup de cœur, ont bâti une radio qui tient debout depuis vingt ans. « C’est grâce à l’engagement de chacun que nous avons pu atteindre cette longévité et offrir un service apprécié de notre auditoire », dit-il.  

Pas d’anecdotes rocambolesques, pas de coups d’éclat. « La station a surtout évolué de manière stable », précise Denis Cossette. Et dans un monde médiatique souvent secoué, cette stabilité est presque une prouesse. Vingt ans après sa naissance, CHUNFM doit jongler avec les réalités d’un monde numérique où la diffusion en continu (streaming) bouscule les habitudes. Le défi est clair : rester ancré dans la communauté, tout en embrassant les nouvelles technologies, continuer à être cette radio locale qui parle aux gens d’ici, tout en s’ouvrant aux outils qui permettront de rejoindre les auditeurs de demain. 

CHUNFM n’a jamais cherché à être la plus grande. Elle a choisi d’être la plus proche. Et c’est peutêtre pour ça qu’elle est encore là, deux décennies plus tard, à faire vibrer RouynNoranda et ses environs d’une énergie qui lui ressemble : authentique, chaleureuse et profondément humaine. 


Auteur/trice

Originaire du Témiscamingue, Dominique Roy est enseignante au secondaire depuis 1999. Elle complète actuellement une maîtrise en éducation spécialisée en formation à distance. Sa grande passion : la langue française. Ses passe-temps préférés : lire et écrire. D’ailleurs, elle rédige des articles à la pige pour quelques journaux et magazines depuis plusieurs années en plus de conceptualiser, rédiger et réviser des ressources pédagogiques. Son premier article pour L’Indice bohémien, elle l’a écrit en octobre 2011, et cette collaboration perdure depuis tout ce temps.