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Chroniques // Environnement

CHRONIQUE

Comité Arrêt des rejets et émissions toxiques de Rouyn-Noranda

// Valérie Fournier et Mireille Vincelette - 28 janv. 2020

Numéro : Février 2020

 

photo : Guy Leclerc

 

UN PEU D’HISTOIRE

 

La mine Horne et la fonderie construites dans les années 1920 sont à l’origine de la ville de Rouyn-Noranda. Depuis, cette proximité directe a entrainé divers problèmes d’émissions toxiques mettant en danger la santé de la population et des travailleurs (SO2, plomb, cadmium, arsenic, béryllium). Certains rejets ont été atténués par des actions et des investissements, mais d’autres améliorations sont requises.

 

Dès 2004, un comité gouvernemental d’experts, dont faisaient notamment partie des toxicologues et un métallurgiste, mettait en garde l’entreprise et les élus devant les concentrations élevées d’arsenic. Ces experts, considérant que l’arsenic est un cancérigène reconnu, recommandaient que soient réduites les émissions de cette substance afin d’atteindre une moyenne de 10 nanogrammes par mètre cube (10 ng/m3) en 18 mois. Ceux-ci demandaient également de développer un plan visant à rejoindre rapidement la norme québécoise de concentration d’arsenic dans l’air, fixée à 3ng/m3.

 

Malgré cela, depuis 2007, le gouvernement permet à la fonderie d’émettre une moyenne annuelle de 200 ng/m3 d’arsenic : 67 fois la norme! Si rien ne change, l’exigence sera de 100 ng/m3 en 2021: encore 33 fois la norme.

 

PROBLÈME DE SANTÉ PUBLIQUE

 

En 2018, la Direction de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue (DSPu) mène une étude de biosurveillance auprès d’enfants du quartier Notre-Dame. Celle-ci démontre un taux d’arsenic anormalement élevé dans leurs ongles, soit en moyenne 3,7 fois celui des enfants d’Amos (groupe témoin). Pire, 20% d’entre eux ont une imprégnation très inquiétante de 8 à 40 fois plus.

 

L’exposition chronique à l’arsenic a un impact prouvé sur le développement de cancers (poumon, vessie, foie, rein, peau et prostate) et favorise le développement et l’aggravation de problèmes endocriniens, cardio-vasculaires, immunologiques, neurologiques et respiratoires. On note aussi une augmentation des fausses couches, bébés mort-nés et retards de croissance intra-utérine en plus d’une augmentation du nombre d’enfants présentant des retards de développement, un quotient intellectuel plus bas ainsi que des troubles d’apprentissage, de comportement, d’attention et de concentration.

 

Les recherches récentes ont démontré les effets neurotoxiques de l’arsenic à des concentrations aussi basses que 15 ng/m³. En 2018, à l’école Notre-Dame, la moyenne était de 27 ng/m³.

 

LE COMITÉ ARET ET SES EXIGENCES

 

En mai 2019, à la suite des premiers résultats de l’étude de la DSPu, un comité citoyen nait. Il souhaite que la fonderie Horne demeure ouverte, mais exige des actions rapides afin que la population ne soit plus exposée à des concentrations d’arsenic novices pour la santé.

 

Certaines recherches effectuées par le comité ARET confirment que moyennant des investissements significatifs, une réduction des émissions à 39 ng/m3 serait possible. Ces solutions sont connues du gouvernement et de la compagnie depuis 2006. 

 

Aussi, certains intrants, les concentrés complexes, semblent à l’origine de la majorité des émissions d’arsenic : en 2018, 7 % des concentrés représentaient 75% de l’arsenic traité. Tant que les améliorations nécessaires à la réduction des émanations n’auront pas été apportées, ces concentrés ne devraient plus être traités.

 

Un rattrapage est requis et ARET continuera ses pressions sur le gouvernement afin qu’il impose à la compagnie le respect de la norme sécuritaire de 3 ng/m3.

 

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