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Chroniques // Environnement

CHRONIQUE

La vie telle que je la connais

// Lindsay McLaren Polson - 5 juin 2019

Numéro : Juin 2019

 

Lindsay McLaren Polson
photo : Courtoisie

 

Quand on naît dans ce monde, on nous donne un nom. Le mien est Lindsay McLaren Polson et je suis de la communauté de Timiskaming First Nation. Mes grands-parents sont tous partis pour le monde des esprits, mais leur amour du territoire demeure en moi.

 

Il y a quelque chose à l’intérieur de nous, peuples des Premières Nations, qui nous unit au territoire. Quelque chose que mes grands-parents ont vécu et m’ont transmis. Non, je n’ai pas eu à endurer les traumatismes liés aux pensionnats. Et non, je n’ai pas subi les lois qui ont empêché les membres de ma communauté d’accéder à leur territoire comme ils l’avaient toujours fait. Mais ce que je peux voir, c’est les répercussions de ces lois sur la disparition de notre culture traditionnelle. Un tel racisme flagrant est constamment mis de côté et systématiquement balayé sous le tapis par les gouvernements. Notre mode de vie a été et est encore menacé… mais nous survivons!

 

Si nous avons accès au territoire, nous pouvons survivre. Je me sens toujours à l’aise quand je reviens à la maison où les arbres sont mon sanctuaire et où l’eau abonde. Le cercle de la vie est puissant ici. Les plantes et les animaux nous ont toujours permis de bien vivre, mais avec le temps, plusieurs éléments mettent ce cercle au défi. La façon dont les gouvernements abordent les changements climatiques est une farce : ils n’ont jamais été traités sérieusement. Les politiques gouvernementales en matière de protection de l’eau sont minimalistes. Savent-ils que l’eau est essentielle à la vie?

 

Pour les communautés des Premières Nations, la vie dépend de leur lien avec le territoire. Ce lien est tissé à l’intérieur même de notre identité grâce à notre langue, à nos histoires, à nos relations personnelles et à la nourriture que nous consommons. Mino Bimadiziwin se traduit par « la bonne vie », mais ça veut dire bien plus. C’est aussi l’équilibre entre le bien-être émotionnel, spirituel, physique et mental. Quand vous êtes sur le territoire, vous pouvez assister aux cycles de la Terre-Mère qui essaie de garder l’équilibre naturel. Elle fera ce qui est nécessaire pour survivre que ce soit avec ou sans nous. Et ça, c’est très beau...

 

La vie telle que je la connais n’est pas garantie, elle est constamment en changement et nous devons faire ce qui est nécessaire en tant qu’être humain si nous voulons survivre.

 

 

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