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Chroniques // Histoire et patrimoine

CHRONIQUE

Baron André Kervyn de Volkaersbeke

// Jean-Yves Parent, Société d'histoire du Témiscamingue - 9 mai 2019

Numéro : Mai 2019

 

À la fin du XIXe siècle, pour de nombreuses personnes aisées des États-Unis et d’Europe, le Témiscamingue sauvage est très attirant, soit pour une visite, soit pour y établir un domaine (Domaine Brown). Certains choisissent même de s’y installer, comme le comte de Saint-Laon (Villa Nouvelle-France) et le baron de Kervyn. Ce dernier a demeuré 18 ans au Témiscamingue.

 

André de Kervyn, baron de Volkaersbeke, est né près de Bruges en Belgique, le 17 septembre 1874. Il obtient son diplôme d'agronome à 21 ans, en 1895. Il décide de venir passer une année avec deux de ses frères au Témiscamingue pour chasser et pêcher. La région lui plaît tellement qu'il s'achète trois lots de colonisation dans le canton Duhamel. Il en fait une ferme expérimentale et se construit une magnifique demeure à trois étages.

 

Il retourne chez lui pour épouser, le 25 septembre 1900, Marthe Van de Kerchove, née le 7 avril 1873, et il amène son épouse s'installer dans ce pays neuf.

 

Il fait construire, à Ville-Marie, un moulin à farine avec tout ce qu'il y a de plus moderne pour le faire fonctionner, là où se trouve aujourd'hui la boutique Chocolats Martine. À l'époque, le quai public est situé à « La Pointe » au sud de la Baie-des-Pères. Il fait venir un meunier de Belgique pour exploiter le moulin.

 

Le baron incite les agriculteurs à produire du blé pour alimenter son moulin. En 1898, il achète un wagon entier de graines de semences de blé. Alors que la guerre hispano-américaine bat son plein, des spéculateurs veulent lui acheter le contenu du wagon. Il préfère plutôt faire transporter le tout au Témiscamingue pour vendre les graines aux agriculteurs au prix qu'il les avait payées. Le baron permet même aux fermiers de le payer seulement au moment de la récolte. Un beau geste de sa part, sachant que les colons n'étaient pas fortunés.

 

Quelques années plus tard, le baron vend ses terres et ne conserve que le moulin.

 

En 1913, le baron quitte Ville-Marie pour retourner en Belgique, en s'assurant que ses taxes et assurances sont payées pour deux ans. Il confie la gestion de ses affaires au comte de Saint-Laon.

 

En 1914, la guerre éclate, le baron est enrôlé et perd tout contact avec le Témiscamingue. Des lettres d'amis de Ville-Marie timbrées d’août 1914 ne seront reçues qu’en janvier 1919. Cette même année, le baron apprend que son moulin a été vendu pour les taxes non payées et qu’il a été exproprié sans aucune indemnité. Le moulin sera la proie des flammes, même si l'eau pour l'éteindre ne devait pas manquer...

 

Le baron meurt le 19 mai 1961, sans jamais revenir au Témiscamingue. La dernière lettre donnant des nouvelles du couple sera écrite par la baronne à l'éditeur de La Frontière en mars 1957.

 

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