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Chroniques // Histoire et patrimoine

CHRONIQUE

DES CHEMISIÈRES AUX FEMMES D'ÉTAT

// CHRISTIANE PICHETTE, SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET DE PATRIMOINE DE LA RÉGION DE LA SARRE - 12 mars 2019

Numéro : Mars 2019

 

photo : L’Écho, 11 mars 1992

 

Le dernier dimanche de février 1909, le Comité national des femmes du Parti socialiste américain organise une manifestation connue sous le nom de Woman’s Day, laquelle donne plus tard naissance à la Journée internationale des femmes.

 

Ce jour-là, les femmes réclament qu’on leur reconnaisse le droit de vote. Le 3 mai 1908, à Chicago, deux oratrices, Gertrude Breslau-Hunt et May Wood-Simons dénoncent l’exploitation des ouvrières sous-payées qui n’ont pas droit de vote. Dans cette mouvance, une grève des chemisières a lieu du 22 novembre 1909 au 15 février 1910 à New York. Plus de 20 000 ouvrières de la chemise débraient. Cet évènement mérite le titre de « grève du mouvement des femmes ». En août 1910, le 8 mars est reconnu Journée internationale des femmes. Ce n’est cependant qu’à partir de 1914, partout dans le monde, que les femmes se mettent à célébrer cette journée du 8 mars.

 

Au Québec, en 1971, les dispositions législatives québécoises interdisent toujours aux femmes d’exercer la fonction de juré. Lise Balcer, convoquée comme témoin au procès de Paul Rose, refuse de se soumettre à cette sommation en affirmant que si les femmes ne peuvent être jurées, elles ne peuvent non plus être considérées comme des témoins valables. Pour manifester leur opposition à cette législation et leur appui à Lise Balcer, les femmes renouent avec la tradition du 8 mars. Les syndicats, les groupes de femmes et les groupes communautaires sont par la suite chargés de l’organisation de l’évènement. Le 8 mars est devenu l’occasion d’étaler sur la place publique les grands débats féminins de l’heure : discrimination, sexisme, revendications sociales et salariales, violence et autres.

 

Depuis que les femmes ont pris leur destinée en main, on les retrouve un peu partout sur le marché du travail. Il ne faut cependant pas croire que des emplois non traditionnels, désormais ouverts aux femmes, se pratiquent sans préjugés. Les femmes qui occupent ces emplois font encore office de pionnières et doivent être conscientes que leurs chances d’avancement peuvent être moins bonnes. Depuis toujours, les femmes prouvent qu’elles sont capables d’ouvrir les portes, de franchir les obstacles mis en travers de leur route et d’atteindre les buts qu’elles se sont fixés, de mère de famille à chef d’État.

 

Source : L’Écho, 3 mars 1993

 

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