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Chroniques // L'anachronique

Chronique

MÉCHANT FARDEAU

// Philippe Marquis - 29 août 2018

Numéro : Septembre 2018

 

photo : Vlad Tchompalov via unsplash

 

Il y aura donc élection le 1er octobre prochain. Parmi les expressions en vedette durant la campagne, je parie que fardeau fiscal sera à l’honneur. Par exemple, on nous fera des promesses qui ne vont pas alourdir le fardeau des impôts de la population québécoise. Mieux encore, on dira qu’il faut à tout prix alléger notre fardeau fiscal. À tout prix, ça veut dire que ça peut coûter cher…

 

Les mots sont très importants. Ils disent le monde et traduisent la réalité. Dans le Petit Larousse, un fardeau est défini comme suit : « Ce qui est dur à supporter; épreuve. »L’adjectif fiscal, lui, vient du vocable fiscalité. Cette dernière est la manière de lever des impôts qui servent au fonctionnement de l’État. Alors, lorsqu’on nous parle de fardeau fiscal, on donne l’impression d’écrasement, de quelque chose qu’on traine à s’en déchirer les muscles. Le pas suivant, que beaucoup trop empruntent, est de dire qu’on paie trop d’impôts.

 

Pourtant, parmi les missions du gouvernement du Québec, on compte la santé, l’éducation, le soutien aux personnes et aux familles, la justice, la culture, etc. Personnellement, je ne trouve pas ça écrasant de payer pour les services de tout le monde. Ça s’appelle se tenir ensemble! C’est pourquoi je préfère parler d’investissement plutôt que de fardeau à porter.

 

Il y a soixante ans, la santé était la principale source d’endettement des familles québécoises. À la même époque, l’accès aux universités et aux collèges était réservé à une petite élite. Est-ce lourd d’avoir un peuple éduqué et en santé? 

 

Depuis le milieu des années 1980, la part des grandes entreprises et des gens les plus fortunés a beaucoup diminué dans les revenus des pays du monde. Le Québec n’a pas échappé à la mondialisation. Comme il n’y a plus de frontières, les gouvernements baissent les impôts des créateurs d’emploi (les plus riches) afin qu’ils ne partent pas ailleurs. Puis, pour équilibrer le budget, on coupe dans les services et on augmente la part des contribuables de la classe moyenne aux finances publiques. 

 

Ça explique le bain par semaine dans les Centres d’hébergement et de soins longue durée (CHSLD) de même que les écoles mal entretenues. Ça accroit aussi la grogne de la classe moyenne déjà surendettée. Ça vient également motiver des gens, comme Donald Trump et d’autres plus près de nous, à promettre des baisses d’impôt pour se faire élire. Je ne crois pas que nous puissions nous permettre de continuer ainsi si on veut mieux soigner nos ainés et mieux éduquer nos enfants. Si on veut avoir les moyens de se tenir debout comme peuple.

 

Pourquoi est-ce que je vous parle de ça déjà? Ah, oui, parce que ce fardeau repose sur nos épaules le 1er octobre.

 

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