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Chroniques // Éditorial

Éditorialiste invité

Richard Kistabish

// Président de Minwashin (nouvel organisme de développement culturel et artistique anicinabe), président de la Fondation autochtone de l’espoir et membre du conseil d’administration du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or - 30 mai 2018

Numéro : Juin 2018

 

photo : Christophe Migeon

 

Anicinabe de la Première Nation Abitibiwinni, M. Kistabish a travaillé dans le domaine de la santé à l’échelle régionale et provinciale pendant de nombreuses années. Il a rempli les fonctions de chef de la Première Nation Abitibiwinni et celle de Grand Chef du Conseil algonquin du Québec pendant deux mandats. Il a publié des ouvrages sur la santé mentale et sur l’environnement. Il a dénoncé les abus commis dans les pensionnats indiens et les injustices sociales et a reçu la médaille de la paix WMCA.

 

Il y a beaucoup d’événements qui arrivent, d’activités qui se produisent. Tantôt par notre volonté, tantôt par des réactions, tantôt par le désir de se développer. 

 

Tous ces événements se passent actuellement à travers le pays. Une résurgence de nos moyens, de nos actions, de nos créations. Toutes sortes d’alignements se mettent en branle un peu partout. Il faut simplement continuer ces développements. Le réveil, tantôt politique, tantôt culturel, tantôt éducatif, va finir par provoquer une transformation des modes de vie qu’on connaît aujourd’hui. 

 

Tout ça se passe tellement vite, il y a tellement d’actions qui arrivent, parfois j’ai l’impression qu’on n’a plus le temps de réfléchir. De bien se situer. De reconnaitre nos capacités, nos habiletés et de les mettre en pratique. À ce moment-là seulement, elles pourront aider à nous développer.

 

Il faut réfléchir aux retombées de ces actions. Réfléchir à la manière de les réaligner quand elles ne sont pas dans le bon chemin, et de prolonger un peu plus le voyage de celles qui le sont. Faire confiance, avoir de la vision, de la création. C’est ce qui nous manque terriblement parce que nous venons de traverser des moments très difficiles dans notre survie. On a voulu qu’on disparaisse du pays en utilisant toutes sortes de moyens, énormément de politiques qui nous ramenaient à être dans le chemin de LEUR développement (LEUR faisant référence à la société en général). 

 

Ils ont utilisé tous les moyens pour nous arrêter, pour nous faire disparaître. Ils ont utilisé notre culture, notre spiritualité, notre langue pour nous faire disparaître. À ce moment-là, notre seul moyen de se remettre en place, de se retrouver, c’est justement de réutiliser notre culture, notre langue, et de commémorer un peu plus le mode de vie de nos ancêtres, et ça, ça prend énormément de résilience. 

 

Ça va nécessairement créer des attentes chez certains, ça va aussi créer des frustrations, mais ça va permettre de mieux nous connaître. Nous-mêmes en premier, puis pouvoir faire des rapprochements avec les autres peuples qui vivent sur le même territoire que nous. 

 

Il faut continuer à être à l’écoute. Pas l’écoute avec les oreilles, mais à l’écoute avec notre esprit, avec notre cœur. Notre cœur d’humain. Il faut continuer comme ça, et c’est à ce moment-là que les idées vont être meilleures, plus concrètes, et nous donner encore un peu plus de créativité pour mettre en place nos projets. 

 

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