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Chroniques // Région intelligente

Régions et concurrence

// Michel Desfossés - 16 juil. 2017

Numéro : Juillet-août 2017

 

Chaque été, les régions du Québec ou des provinces maritimes rivalisent dans l’espace média pour attirer un maximum de touristes.

 

Tellement qu’on pourrait penser que l’attractivité des territoires régionaux est essentiellement une affaire de concurrence.

 

En fait, l’attraction est une démarche qui touche plus d’un enjeu et forcément plus d’un public potentiel.

 

Musique, maestro Félix B. Desfossés! Mettez en chanson cette chronique qui abordera la course inexorable des régions pour monter en première position.

 

Après avoir connu plusieurs mégas succès disco lors de la deuxième moitié des années 70, Boule Noire a commis un 45 tours en 1981 sous son vrai nom : Georges Thurston.

Il y propose une tournée des villes du Québec sur un beat disco funk! 

Embarquez!

https://youtu.be/-d7kwMe5Yz4

 

 

Faut-il donc une recette miracle pour devenir les kings de la grande ou de la petite séduction?

 

Une région est, par défaut, une marque. Comme pour toutes les marques, on se doit de la standardiser ou, au moins, de la rendre la plus cohérente possible, et ce, pour tous les publics interpelés. Il n’y a pas de place dans l’espace public pour se présenter avec un trouble de la personnalité multiple.

 

Et qui sont les publics usuellement sollicités par les régions? Les touristes, évidemment. D’autres?

 

Oh que oui! Étudiants, travailleurs, investisseurs, jeunes originaires. La liste est imposante!

 

Régulièrement, l’Observatoire de l’Abitibi-Témiscamingue (OAT) nous permet, statistiques à l’appui, de voir les résultats de nos efforts pour dévier les courants migratoires interrégionaux vers nous. Comme bien des régions, nous nous battons bec et ongles pour ramener les jeunes originaires de la région au bercail.

 

Mais si l’on découvre d’ailleurs que ces jeunes ne reviennent pas et fondent une famille dans une autre région, eh bien, on voit de plus en plus de parents, devenus grands-parents, rejoindre leur progéniture afin de se rapprocher du levain naissant.

 

Oups, l’aviez-vous vu venir, celle-là, les babyboumeurs qui s’exilent? Pas moi, du moins jusqu’à récemment. Un autre chantier nous attend, dirait-on.

 

Et puis, il y a aussi les travailleurs spécialisés dont nous avons furieusement besoin. Là-dessus, nous sommes prévenus depuis quelques années : le taux de remplacement de la main-d’œuvre indiqué en 2014 par l’Institut de la statistique du Québec baissera sous la barre des 80 % chez nous à l’horizon de 2021. 20 jobs sur 100 qui ne trouveraient pas preneurs ni par le comblement naturel (les gens d’ici) et ni même par des apports extérieurs. Ça donne à réfléchir.

 

L’OAT constate que la région est en équilibre précaire au plan démographique. Bon, il y a pire. Résistons à l’alarmisme!

 

Alors, comment recruter, garder, attirer?

 

Ma suggestion : il est inutile de surexposer ce que nous croyons avoir à vendre. Il faut d’abord trouver des gens qui n’ont pas ce que nous avons et qui, surtout, souhaitent y avoir accès.

 

Ceci n’est pas de la tautologie de ma part. Voyez plutôt cette petite fable :

 

Au jeu de la comparaison entre les régions, il y aura toujours quelqu’un qui mettra un pot de miel de plus que vous dans son panier de produits régionaux. À ce jeu-là, Yogi l’ours se paiera votre tête et se donnera un tour de rein à soulever la boite à piquenique de la région la plus fine.

 

Que faire alors?

 

Faire preuve d’intelligence territoriale (IT). C’est le réalisme propulsé par la connaissance de soi-même et du territoire. Les régions qui mesurent autant leur taux de créativité, la qualité de leur gouvernance que la qualité de leurs paysages réussiront à développer une image publique juste, cohérente.

 

Construire sa notoriété en organisant toutes les variables acquises dans une démarche IT.

 

Prendre conscience que la notoriété est en fluctuation constante. Il faut le dire, l’image de marque d’une ville ou d’un territoire ne stagne pas : celle-ci monte ou sinon, elle descend. Bête de même. Que ceux qui pensent que l’on est rendu pas pires pantoute sur le plan de l’image en Abitibi-Témiscamingue se réveillent : rien n’est acquis.

Et c’est sans compter les crises. Bruxelles a subi très difficilement l’impact des attentats de Paris, parce que certains des terroristes venaient du quartier bruxellois de Molenbeek.

 

Trouver ce que les publics recherchent par une veille stratégique constante. Sur l’écran radar, les échos bougent constamment. Il suffit parfois d’une situation économique inattendue dans un pays pour que tout à coup se libère une cohorte de travailleurs désireuse de combler nos emplois.

 

Bon, profitez de votre été. La météo sera de notre côté, je le sens! 

 

***

Pour en savoir plus...

https://www.desjardins.com/ressources/pdf/16Abitibi-Temiscamingue-f.pdf?resVer=1473765455000

 

 

 

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