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Chroniques // Impro

Impro

Je ne serai peut-être jamais un maître en impro...

// Réjean Lavoie - 1 nov. 2016

Numéro : Novembre 2016

 

photo : Jean Caron

 

Ça fait maintenant plus de 10 ans que je fais de l’impro. Cet été, j’ai longuement macéré l’idée de délaisser mes vieilles pantoufles à la SIR-N pour me remettre en danger. À la venue de la période de recrutement des ligues cet automne, ma décision était prise. Marjorie et moi, nous avons choisi de nous pointer le nez peu avant la fin du camp de la Sale ligue d’improvisation (SLI) à La Sarre. En parallèle, un autre vétéran de l’impro rouynorandienne avait eu le même éclair de génie. Quelques jours plus tard, chacun de nous avions reçu un chandail d’une couleur différente. En ce qui me concerne, c’était l’occasion de renouer avec une coéquipière extraordinaire : joueuse Roy.

 

J’ai connu Stéphanie à la SIR-N alors qu’elle et Mathieu Poirier se cachaient dans l’ombre des joueurs talentueux qui formaient Mascarade. Quelques mois plus tard, Steph et moi amassions tout ce qu’il y avait de trophées liés à l’esprit d’équipe avec Multi-Boîtes tandis que Mathieu remportait « meilleur compteur », puis la Coupe avec les fameux Klaxons. D’année en année, ces deux-là n’ont cessé de s’améliorer et d’évoluer ensemble au point d’aller fonder une famille et de créer une toute nouvelle ligue à La Sarre : la SLI. Ça fait 5 ans déjà...

 

Pour avoir vu aller Steph au CRIME à plusieurs reprises, je savais qu’elle était passée de « joueuse infaillible » à « joueuse de haut-calibre », mais la semaine dernière, lors d’un match régulier, j’ai vu tout autre chose. Sur le banc, notre équipe au complet (moi compris) était à court d’idées et personne ne daignait lever le poing pour monter sur l’improvisoire. Quand j’ai croisé le regard de ma capitaine, c’était écrit en gros : « J’ai pas plus d’idée, mais j’en ai vu d’autres pis je vais y aller coûte que coûte. » À ce moment précis, j’ai compris une chose : pour elle, il ne s’agissait pas de se risquer à faire une simple impro, il s’agissait de livrer un spectacle. C’est à cet instant que j’ai réalisé que Steph et Mathieu étaient devenus « maîtres de l’improvisation ».

 

Pour avoir porté quelques chapeaux en impro, je sais reconnaître un(e) maître quand j’en vois. Un maître ne se contente pas d’être un excellent improvisateur... Un maître ne se présente pas à l’impro à la dernière minute pour faire son comique et retourner chez lui tranquille. Un maître connaît tous les aspects du spectacle. Il arrive à occuper plusieurs rôles à la fois : gérer la ligue, jouer, leader une équipe, arbitrer, faire la technique... Tout cela, avec une patience et une générosité sans borne, arborant le plus grand des sourires. Voilà ce que sont devenus les joueurs Roy et Poirier : des maîtres de l’improvisation. \\

 

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