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Chroniques // Humeur

Chronique « Humeur »

Un feu de camp en forme d’espoir

// Philippe Marquis - 1 juin 2010

Numéro : Juin 2010

 

Il n’en tient donc qu’à nous de faire du feu et de nous réunir autour avec le vent, les mouches, l’écho des grenouilles, des huards et des rêves

 

Il fait sombre et froid dehors… C’est la fête des mères aujourd’hui mais le printemps est en arrêt de travail. Le monde aussi est sombre et froid, entend-t-on souvent de la bouche des gens qui désespèrent. À l’arrivée de l’été, j’ai ma petite idée pour souffler sur nos braises et attiser doucement nos esprits.

Nous, les humains, maîtrisons le feu depuis environ 500 000 ans. C’est entre autres grâce à lui que les Anishnabes ont pu survivre aux difficiles conditions climatiques de notre région. Avec son aide et cinquante cordes de bois, les premiers colons blancs chauffaient leur petite maison pour passer, eux aussi, à travers l’hiver. Pourrait-on imaginer l’art culinaire sans le feu? Autour de lui, il y eut les premières danses, les contes, légendes, chansons, le théâtre et quoi encore. Ces vieux dessins, sur les parois des grottes, ont été réalisés à l’aide de sa lumière, tout comme les premiers récits, romans et poèmes écrits à la chandelle. Nous pouvons mettre le feu pour produire la lumière et la chaleur.

L’Abitibi-Témiscamingue trône au beau milieu des forêts. Notre territoire est mouillé de lacs autour desquels existent des milliers d’espaces à feu de camp. C’est ainsi qu’on peut se guider en canot pour aller d’un chalet à l’autre par une nuit sans lune. Je suis certain que vous avez de vifs souvenirs de ces soirées pendant lesquelles on parle, boit, mange et chante autour d’un feu. Il est somme toute facile de nous retrouver au chaud avec nos semblables comme ça se fait depuis des centaines de milliers d’années. Pour moi, c’est crissement plus tentant que d’être seul devant un écran... comme à présent.

Bientôt, au moment du solstice d’été, nous vivrons le début de la saison chaude. Ce seront les jours les plus lumineux de l’année. Au Québec, c’est la Saint-Jean qui sert de prétexte aux célébrations de ce moment du calendrier, mais qui est souligné de multiples manières autour de notre petite planète. Nous nous retrouvons ensemble, autour d’énormes brasiers, pour fêter la lumière et le début de l’été.

Il n’en tient donc qu’à nous de faire un feu et de nous réunir autour avec le vent, les mouches, l’écho des grenouilles, des huards et des rêves. Ces seuls moments pourraient aider à faire changer d’idée ceux et celles qui désespèrent de l’humanité à cause de tous nos travers, dont les marées noires et les enveloppes brunes ne sont que la partie visible.

Oui, il y a toujours ce feu qu’est l’espoir de pouvoir créer et recréer. Ce feu qui anime nos natures d’artistes.

En souhaitant nous retrouver allumés tout l’été sur les bords de nos lacs et
rivières!!!

Bon solstice d’été!!!

Rouyn-Noranda, dimanche 9 mai 2010

 

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