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Articles // Littérature et conte

LITTÉRATURE

QUATRE PIÈCES POUR INAUGURER LA COLLECTION « THÉÂTRE » DES ÉDITIONS DU QUARTZ

// Lydia Blouin et Mariane Ménard - 25 juin 2019

Numéro : Juillet-août 2019

 

 

Les éditions du Quartz ont profité du dernier Salon du Livre de l’Abitibi-Témiscamingue pour lancer une toute nouvelle collection consacrée au théâtre. Le 24 mai dernier, quatre titres ont été présentés et des extraits ont été lus devant le public. Les pièces sont l’œuvre d’auteurs originaires de l’Abitibi-Témiscamingue ou qui y vivent. Lecture des pièces Lost Baby, Chanson de toile, Sans Pays et Le Palier.

 

LOST BABY, PAR MYRIAM DE VERGER

L’amour d’une mère permet-il de venir à bout de tous les obstacles? Peut-on vaincre ses démons pour devenir une meilleure personne pour ses enfants? Cette question est brillamment soulevée dans cette pièce de théâtre, racontée sous la forme d’une entrevue avec un intervenant dans un centre de désintoxication. On y raconte l’histoire de Lily, une jeune femme noire toxicomane qui cherche à retrouver la garde de son fils en cessant de consommer des drogues fortes. On y voit son dernier entretien avant de quitter le centre pour enfin retrouver son garçon, sous la garde de sa mère avec qui elle entretient une relation très conflictuelle. Le personnage est également motivé par le décès de sa meilleure amie, morte d’une overdose, et souhaite que son fils ne soit pas seul : « Ma chum Babi, est morte d’une overdose d’héro… Pis moé, j’voulais pas vivre ça… C’é pas vrai qu’mon gars aura pus d’mère, man! Y a besoin d’sa mère, mon gars… Pis moé avec, j’ai besoin d’lui… » Myriam De Verger, l’autrice de la pièce, nous montre un conflit intérieur et une lutte difficile contre la dépendance dans un contexte d’itinérance, de pauvreté et de prostitution.

 

CHANSON DE TOILE, PAR HÉLÈNE BACQUET

Cette pièce de théâtre tire son nom d’un genre poétique datant du Moyen-Âge. Ces textes étaient racontés par des femmes qui transmettaient leur savoir à leur progéniture sur les premiers amours et sur les apprentissages permettant de devenir adultes. On reconnait bien l’inspiration de ce genre médiéval dans la pièce écrite par Hélène Bacquet : l’histoire est narrée par le personnage d’Irène, une jeune bouchère, sous forme de poème. Celle-ci vend des peaux de lapins avec sa mère et tombe en amour avec un marchand, Hervé, avant de feindre sa propre noyade pour le suivre dans sa caravane. Malheureusement pour elle, l’homme n’en est pas amoureux et lorsqu’elle tombe enceinte de son amant, déjà marié, leur relation se corse : « Il dit/Et si/Tu le/Là c’est Irène qui le regarde avec son regard de bouchère/Et si tu l’abandonnais/Il dit/Et si je te ramenais chez toi/Mais Hervé/Irène est morte c’est fini/Hervé se tait/Qui des deux a menti en premier ». Ce genre théâtral bien particulier permet de mieux ressentir la peine du personnage en plus de créer un lien particulier avec la mère de celle-ci.

 

SANS PAYS, PAR ANNA BEAUPRÉ MOULOUNDA

Sans Pays prend assise sur la rencontre inattendue de deux femmes à l’aéroport John F. Kennedy de New York. Lourdes est une jeune anthropologue montréalaise, fille d’une mère québécoise et d’un père congolais. Aimée a quitté son pays, Haïti, pour s’installer au Québec, près de cinquante ans avant l’action. Les parcours des deux femmes sont différents, mais chacune est à un moment de sa vie où d’importantes décisions s’imposent. Dans cette pièce, l’autrice Anna Beaupré Moulounda soulève des éléments de réflexion quant à l’identité et à l’enracinement, qu’elle amène notamment à travers les témoignages de Lourdes : « Toute mon enfance, je l’ai passée à essayer d’être Blanche. Pis mon adolescence, à essayer d’être Black. » La vie d’Aimée en tant qu’immigrante s’est avérée plus difficile que prévu et après 47 ans au Québec, elle semble ne s’y être jamais sentie chez elle. De leurs discussions douces ou mouvementées émergeront des confidences. Une histoire émouvante et saisissante de remises en question et de déchirements.

 

LE PALIER, PAR RÉAL BEAUCHAMP ET JEAN-GUY CÔTÉ

Nicolas et Julie sont voisins de palier. Doucement et timidement, ils apprennent à se connaître et deviennent amis. À vingt ans, Nicolas étudie l’informatique au cégep, sans grand enthousiasme – sa vraie passion est la musique. Julie a 58 ans. Elle est malade et sur le point de conclure une procédure de divorce. Ces deux âmes solitaires développeront un attachement authentique et sincère. Elles s’ouvriront tranquillement l’une à l’autre pour raconter leur histoire respective. Chacun a vécu des déceptions dans ses relations familiales et semble trouver un peu de réconfort dans l’amitié bienveillante de l’autre. Dans Le Palier, les auteurs Réal Beauchamp et Jean-Guy Côté explorent les liens sociaux et familiaux sous l’angle d’un lien intergénérationnel inusité et touchant. La profonde affection que ressentent les personnages rappelle que même un passé sombre et un avenir incertain peuvent être embellis par une rencontre.

 

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