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Articles // Région intelligente

Entretien avec Michel Desfossés de Valorisation Abitibi-Témiscamingue

Valorisation Abitibi-Témiscamingue et l’intelligence territoriale

// Tommy Pilon - 26 janv. 2016

Numéro : Décembre 2015 / Janvier 2016

 

Votre humble chroniqueur, en compagnie de Michel Desfossés et du barbier Franz.
photo : Christian Leduc

 

Dur de dire non à Michel Desfossés, même après une nuit blanche à terminer le journal avant son envoi aux presses. Même quelques jours avant un départ vers l’Asie, d’où je préparerai la prochaine édition. Mais Michel veut qu’on jase de VAT en vue d’une nouvelle chronique mensuelle : Région intelligente. J’apprends à mes dépens qu’il est impossible de dire non à cet homme, dont le registre de la voix approche dangereusement celui des infrasons. Rendez-vous, donc, le 23 octobre chez Franz Authentische Barbier pendant sa coupe de cheveux, question de lui sauver du temps… à lui. Nice.

 

23 octobre, 11 h. Je n’ai pas eu le temps de déjeuner, couche-tard que je suis… Franz nous offre un whisky avant de commencer l’entrevue. Eh boy, ça va être ce genre de journée. Avant de passer à la coupe — qui ne devrait prendre que 30 ou 45 secondes, me dis-je — Michel nous présente avec fierté quatre superbes vidéoclips qui introduisent autant d’événements publics organisés par VAT qui auront lieu d’ici mars 2016 : Les jeunes et l’histoire, Les jeunes et l’entrepreneuriat, Les jeunes et la ruralité, et Les nouveaux arrivants.  

 

Tommy : Michel, c’est quoi exactement la mission de Valorisation Abitibi-Témiscamingue?

 

Michel : Notre mission, c’est de développer et de mettre en œuvre une stratégie d’établissement durable. En termes plus simples, l’objectif est de faire fructifier le sentiment d’appartenance à la région, d’abord et avant tout pour que nous soyons en mesure d’attirer, de rattraper ou de conserver tant les gens qui sont originaires de la région que des gens de l’extérieur, afin qu’ils s’établissent ici. C’est la mission qui a été confiée à l’organisme en 2006, lors de sa création, afin d’améliorer le bilan migratoire négatif de la région.

 

Tommy : Et alors que vous allez bientôt fêter vos 10 ans, ça donne quoi, le bilan migratoire, aujourd’hui, en région?

 

Michel : Ça va mieux maintenant, mais ça demeure fragile et c’est donc un travail continuel. On ne peut jamais prendre pour acquis que la population d’une région-ressource va croître ou se maintenir, surtout avec des cycles économiques basés sur le prix des ressources.

Ce qui est intéressant maintenant, c’est que parmi les tendances lourdes, l’A-T est une des régions du Québec qui connaît le meilleur taux de retour des jeunes. Est-ce que le sentiment d’appartenance a quelque chose à jouer là-dedans? Moi je pense que oui. On entend de plus en plus de gens dire qu’ils sont revenus en région après une visite au FME, des études à l’UQAT, etc.  Notre région dégage quelque chose qui aide à notre taux de rétention et alimente un certain mouvement de retour aux sources. Un fait intéressant, qui va faire téteux, mais c’est vrai : quand VAT se déplace dans différents salons à travers le Québec, on amène toujours des copies de L’Indice bohémien. Quand des gens suggèrent que l’Abitibi-Témiscamingue doit être un désert culturel, on leur remet une copie du journal et on leur dit : « Tu nous en reparleras! » C’est très intéressant de voir leur réaction.

 

[Franz en profite pour nous mentionner qu’il est lui aussi revenu en région après une longue absence, parce qu’il jugeait les conditions propices. C’est également mon cas.]

 

Tommy : Quels sont vos défis actuels et vos projets à venir dans le court et moyen terme?

 

Michel : On est actuellement en train d’adopter une nouvelle approche participative basée sur la gestion par les faits : l’intelligence territoriale. L’idée est toujours de garder le monde ici, et on croit qu’on peut arriver à générer davantage de fierté en gérant des projets collectifs, en utilisant des indicateurs de performance stratégiques reliés à nos objectifs, qui découlent du développement et du renforcement d’un sentiment d’appartenance. Ces projets collectifs doivent inclure des gens qui ne sont ni des professionnels ni des acteurs du développement. Dans le cas de notre premier colloque du 25 novembre, Les jeunes et l’histoire, c’est ouvert à tous, mais il s’agit également d’un partenariat avec le Cégep et certains enseignants, où de nombreux cégépiens et autres participants vont avoir l’occasion de revisiter l’histoire de la région. 

 

Tommy : Quand on parle d’indicateurs de performance stratégiques, de quoi parle-t-on, plus précisément?

 

Michel : Prenons un exemple concret. On aura un colloque sur les jeunes et la ruralité au mois de mars. Pendant le colloque, on va se pencher sur ce que ça prend pour que les milieux ruraux deviennent des lieux d’accueil intéressants pour les jeunes. Ces conditions-là deviendront nos indicateurs, nos objectifs, et dans un an, on regardera si les projets qui sont nés à la suite du colloque ont permis d’atteindre ces objectifs-là.

 

[Pendant les cinq prochaines minutes, Franz, Christian Leduc, Michel et moi échangeons à savoir pourquoi les vieilles chaises de barbier ont des noms à connotation phallique. C’est ça que ça fait, quatre gars chez le Barbier, semble-t-il.]

 

Tommy : Donc tu m’as parlé du colloque Les jeunes et l’histoire, qui se tient le 25 novembre, et de celui sur les jeunes et la ruralité, qui se tiendra le 12 mars. Quels sont les autres événements prévus et comment ça se déroule?

 

Michel : On a également deux événements sur le micro-entrepreneuriat qui se passent à Rouyn-Noranda (21 janvier) et à La Sarre (19 novembre). Notre quatrième événement concerne les nouveaux arrivants, et se tiendra dans les cinq MRC de la région au mois de mars, où on tentera de développer des meilleures pratiques d’accueil et d’intégration.

 

La particularité de ces colloques, c’est qu’ils sont greffés d’une programmation qui laisse beaucoup de place à la médiation culturelle, d’une part parce que la culture a beaucoup à voir dans le sentiment d’appartenance à la région et d’autre part parce qu’on veut en faire des événements complets. Un exemple du contenu culturel, ce sont les quatre vidéoclips d’Éric Morin et Dominic Leclerc sur la musique de Philippe B, qui accompagnent nos quatre événements. Parallèlement, on ne veut pas simplement des « actes de colloque » à la fin, on veut plutôt un schéma du produit fini, sur lequel des participants vont travailler. Par exemple, lors des colloques sur le microentrepreneuriat, on veut qu’à la fin de la journée, des microentreprises soient créées. Dans un an, on va voir où c’en est rendu.

 

On peut s’inscrire en ligne gratuitement pour les différents événements organisés par VAT et en profiter pour visionner les clips qui les accompagnent, et qui valent certainement le détour. \\

 

 

 

 

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