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Articles // Culture autochtone

Fabrication de tambours ancestraux

Alexis Wézineau et la recherche des temps perdus

// Jean-Jacques Lachapelle - 22 juin 2015

Numéro : Juin 2015

 

photo : Caroline Lemire

 

Dans son appartement, la peau d’orignal trempe dans l’alun. Première étape, pour sa transformation en tambour.

 

« Avant, j’achetais la peau. Je peignais un dessin sur le tambour. Maintenant, j’apprends. J’apprends à tanner les peaux. Cueillir le bois, l’écorce, les racines. »

 

Pendant cette première rencontre, tandis que j’essaie de situer son parcours de vie qui l’a mené de sa réserve attikamek à Senneterre, il réalise un tambour sous mes yeux. Quarante-cinq minutes se sont écoulées. Mais que s’est-il passé tandis que j’avais l’attention détournée par son récit de vie?

 

D’abord, il prend une éclisse de bouleau d’une longueur de quatre pieds et d’une largeur d’environ trois pouces. L’éclisse est élimée à l’aide d’un couteau croche qu’Alexis dirige habilement vers lui. Il a quand même pris soin de recouvrir un de ses genoux d’une prothèse de cuir. Raclures efficaces : une planchette lisse, égale, d’une épaisseur d’un tiers de pouce luit d’un beau bois blanc. De son genou, il arrondit la lame de bouleau en cerceau, qui servira de cadre à la peau. Un double tour, maintenu par un piqué de babiche, assure la solidité du cerceau.

 

Un second petit cerceau fait d’une fine branche de cèdre écorcé sera utilisé pour le dos du tambour, en tant que cercle d’ancrage. La peau d’orignal est encore souple et d’une minceur qui laisse filtrer le jour. Elle n’est pas ronde; l’artisan marque le diamètre nécessaire, puis taille à partir des extrémités de manière à en tirer une longue babiche qui servira ensuite à tendre la peau sur le tambour.

 

À la livraison des neuf tambours au centre d’exposition, trois semaines plus tard, il en prend un, le dirige vers la lumière de la verrière et me dit : « Tu vois, le soleil passe à travers, ça c’est difficile à faire. »

 

On m’avait parlé d’Alexis, de ses fantastiques tambours, de ses bâtons de parole aux têtes de lynx ou aux pattes d’aigles. Il m’amena aussi des canots d’écorce modèles réduits, des calumets.

 

Avant, il dessinait sur des tambours de peaux achetés. Ses tambours étaient prisés pour la beauté des dessins. Puis, à force d’interpeler les aînés, l’attention d’Alexis a été tournée vers la récupération des savoirs traditionnels. Comment cueillir l’écorce, comment tanner la peau, comment préparer le bois de bouleau, comment récolter la racine de cèdre utilisée pour la fabrication des canots…

 

Comme plusieurs de sa génération, Alexis travaille à la récupération des savoirs traditionnels en interrogeant les vieux, en se rendant au camp de chasse, en chassant, en cueillant. À la recherche des temps perdus, qu’il faut ardemment retrouver. \\

 

Plusieurs créations d’Alexis Wézineau sont en vente à la boutique du Centre d’exposition de Rouyn-Noranda ainsi que sur la boutique CULTURAT.

 

 

 

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