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Articles // Général

Quand l’art se fait santé

// Lise Pelletier| Art-thérapeute, professeure et co-responsable des programmes d’art-thérapie, UQAT - 1 déc. 2011

Numéro : Décembre 2011 / Janvier 2012

 

L’art et la santé. L’art en santé. L’art pour la santé. Les effets thérapeutiques de l’art. L’art-thérapie. Tous des concepts qui traitent des liens entre les arts et le mieux-être, mais aucun n’a la même portée, naviguant entre le besoin de créer, le loisir, la recherche des effets bénéfiques de l’art et l’art-thérapie. L’art-thérapie se distingue du besoin de créer et du loisir tout comme le loisir et le métier d’artiste se distinguent l’un de l’autre. Dans tous les cas, le désir de création devient le carburant permettant l’expression à des niveaux considérablement différents. Tout se jouerait donc dans l’intention.

 


Il importe de comprendre que les rôles et fonctions de l’artiste, de l’art comme loisir et du client en art-thérapie se distinguent surtout parce qu’ils ont des fonctions différentes et une intention différente. Ici, l’importance de l’œuvre et sa qualité ne sont pas en cause.


L’art, l’art-thérapie et les effets salutaires de la création


L’artiste a besoin de créer, c’est une question viscérale. La création est à la fois son moyen et sa raison d’exister. De par sa fonction sociale et collective, il expose sa vision du monde de manière très personnelle et s’intéresse à l’objet, au résultat recherché, à l’esthétique. L’artiste va faire un impressionnant travail de recherche soit sur un thème, soit sur une technique, soit sur un médium, et peut explorer à l’infini un seul thème. Sa démarche et sa vision s’inscrivent dans une logique artistique. Les œuvres produites peuvent témoigner d’une vision personnelle ou encore d’un engagement politique ou social, dans l’intention de se rendre visible au monde extérieur.


De son côté, le « client » artiste cherche, dans un contexte thérapeutique, à exprimer ses symptômes, à symboliser son univers intérieur, ce qui devient une manière de mettre à distance sa souffrance en vue de mieux la soulager. Il va donc créer des « objets », des « productions artistiques » ou des « œuvres » qui lui sont destinés en propre. Il n’a pas de démarche logique ou technique comme l’artiste. On pourrait dire qu’il a une démarche intuitive ou affective puisque ce qu’il cherche, c’est essentiellement la guérison des blessures antérieures et dans ce contexte, l’art lui offre un second langage pour représenter ce que les mots ne peuvent exprimer. Il a besoin du contexte et de la relation thérapeutiques pour s’exprimer, se développer et se soigner.


Quelque part à la frontière entre les deux se trouvent tous ceux et celles qui explorent leur pouvoir de création et approfondissent leur connaissance de soi à l’aide de différentes formes d’art et soutiennent leur développement personnel. La recherche du mieux-être et le sentiment d’accomplissement prédominent sur le souci de la qualité esthétique bien que celle-ci contribue abondamment aux premiers, puisqu’ils sont étroitement liés les uns aux autres. En somme, dans tous les cas, le processus créateur est au cœur de la transformation.

 

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