CAMILLE RÉMILLARD, EN PARTENARIAT AVEC LE PROGRAMME ARTS, LETTRES ET COMMUNICATION DU CÉGEP DE L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE
Situé à Nédélec en Abitibi-Témiscamingue, le centre d’interprétation Becs et Jardins est un espace consacré à la faune et à la flore. Durant la saison estivale, le centre reçoit des camps de jour et le grand public.
LA CRÉATION
Le centre a été fondé en 1993 par Pierre Dénommé, un passionné de la nature qui s’est réorienté dans ce domaine après vingt ans ailleurs. Le projet a d’abord pris forme à Montréal avec la création de Sentier Urbain, un organisme offrant des espaces verts et des emplois à la population de la ville. Pierre Dénommé utilisait la production d’arbres, d’arbustes, de vivaces et de plantes comme source de financement puisqu’il est très difficile de recevoir de l’aide financière pour ce type de projet, surtout il y a trente ans en région. C’est grâce à cela que le centre d’interprétation Becs et Jardins a pu voir le jour en Abitibi-Témiscamingue.
LES OBJECTIFS
Pour Pierre Dénommé, fondateur du centre, l’objectif est clair : mettre l’humain en contact avec la nature avec une préoccupation envers les personnes marginalisées. En effet, même si cet aspect du projet a pris fin dernièrement, une des principales fonctions du centre était d’employer des gens dans le besoin comme des étudiants, des personnes qui ne sont pas sur le marché du travail ou souhaitant se réorienter et, à un certain moment, des personnes avec des problèmes de santé. Becs et Jardins a aussi à cœur la préservation des oiseaux, c’est pourquoi on peut y trouver un grand nombre d’arbres fruitiers qui offrent de la nourriture aux volatiles. De plus, le centre compte un programme qui propose la pose de nichoirs à hirondelles dans la région. L’objectif est de ralentir la forte diminution de la population de cette espèce déjà disparue à Montréal et dans les grands centres avoisinants.
LA BIODIVERSITÉ
Le site compte une grande variété d’espèces vivantes dans les trois écosystèmes présents. De nombreux étangs ont été creusés pour former un écosystème aquatique habité notamment par le canard colvert, le canard branchu, le grand harle et l’hirondelle bicolore. Le centre abrite également plusieurs autres créatures ailées. On y retrouve des poules, des cygnes, des geais bleus, des durbecs, des mésanges, des pics et bien plus encore. En face du jardin se trouvent des champs qui représentent l’écosystème des prairies. Finalement, on y découvre un écosystème forestier en raison des bandes de forêts sur les côtés du village de Nédélec. La végétation présente au centre est aussi extrêmement variée, passant de l’arbre fruitier au thuya avec une foule d’espèces de pins, de cèdres et bien d’autres.
LA RÉALITÉ ACTUELLE
Tout le travail et la passion que le fondateur du centre a mis dans les projets ont fini par être reconnus puisque, en 2022, le Jardin botanique de Montréal lui a décerné le prix Henry-Teuscher. Pierre Dénommé a été surpris, car il n’est ni botaniste ni horticulteur. C’est sa passion, sa philosophie de vouloir aider les autres et son rôle de précurseur dans le domaine qui l’ont mené à recevoir ce prix. Le lauréat a apprécié la récompense, mais il aurait souhaité obtenir de la reconnaissance et du soutien de la part de sa municipalité, car son but est de maintenir les activités du centre le plus longtemps possible. Cela devient toutefois compliqué sans financement important et en étant à la retraite. L’entretien des sentiers est aussi devenu un enjeu pour le centre puisque le nettoyage est fait par Pierre Dénommé et seulement quelques bénévoles.