Originaire de Val-d’Or, l’auteure Nathalie Babin-Gagnon, a signé deux pièces jouées à la radio de Radio-Canada dans le cadre de l’émission Alexis Martin présente… ainsi que des textes qu’elle a lus dans le cadre de l’émission Fragments. Elle travaille à la salle des nouvelles de la radio de Radio-Canada depuis 14 ans et vous pouvez l’entendre à l’émission Classe économique de la même station. Elle est mère de trois enfants. Ce dernier détail est particulièrement significatif.

L’auteure raconte, dans J’étais si bien, les derniers mois d’une « jeune » femme qui n’a pas atteint la quarantaine, photographe de profession, mère de famille, qui doit composer avec l’échéance de sa vie. Pour confronter la mort, elle va lui opposer les échéances de ses projets, de ses engagements et la réalité de ses trois enfants en bas âge; ceux-ci devront apprendre à comprendre ce que cela veut dire d’avoir un parent malade puis, éventuellement, un seul parent. Cette situation provoque des montagnes russes émotives pour tous les membres de la famille. Chacun s’accroche à la vie à sa façon et de son mieux. Après le décès de sa femme, le mari prend le relais comme dans la vraie vie de couple et il raconte les étapes qu’il traverse durant l’année qui suit.

L’importance de vivre

La vie domine avec force ce roman, plus exactement l’importance de vivre, de profiter de la joie et de l’amour de nos proches. Face à la pitié ou la compassion gratuite des autres, de ceux en santé, par exemple une voisine fatigante, le personnage réagit parce que cela la ramène à un espace unidimensionnel auquel elle refuse d’être confinée.

L’auteure soulève un certain nombre de points délicats dans la société actuelle, dont celui du rôle des femmes : au meilleur de leur capacité intellectuelle, les femmes doivent prendre la distance nécessaire pour la maternité, pour aller au parc avec les enfants. Et la maternité infuse tout le texte. L’auteure sait nous faire ressentir avec doigté cette inquiétude qui jaillit au creux du ventre au moment de devenir parent. 

Mme Babin-Gagnon aborde avec finesse la « honte » que ressent cette femme, amante et mère de famille, de faire cela aux siens, de se sentir fatiguée, d’être malade.  

Dans les deux moitiés du roman, le passage du temps est marqué par les saisons, par les fêtes du calendrier que la majorité d’entre nous voit passer dans une tourmente d’obligations et de soupirs. De plus, l’auteure refuse de nommer les adultes, ce qui permet à tout un chacun de s’identifier aux personnages. En même temps, l’utilisation d’expressions rattachées à la relation laisse entendre qu’ils ont besoin de protéger une certaine intimité qui ne peut que rester entre eux.

Le vocabulaire et le style simple permettent une proximité avec les personnages et les thèmes sont abordés de manière directe. Ce livre porte à réfléchir sur ce que l’on fait de sa vie.

Selon une entrevue donnée dans un média national, Nathalie Babin-Gagnon travaille déjà sur un prochain roman. D’ici là, celui-ci est à lire! 


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