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Chroniques // Éducation

Action communautaire

UNE MAISON HANTÉE QUI RAPPORTE À LA COMMUNAUTÉ

// Lydia Blouin - 8 nov. 2021

 

photo : Claude Pichette

 

Avec l’Halloween, SOS Lunch ne pouvait faire autrement qu’organiser une grande maison hantée, qui s’est tenue en soirée le vendredi 15 octobre dernier à l’aréna Éric-Desjardins de Granada. En effet, l’entreprise créée par la classe de 5e année du quartier de Granada avait besoin de sous pour son projet : concocter gratuitement des lunchs, notamment pour la Ressourcerie Bernard-Hamel.

 
L’ORIGINE DU PROJET

 

L’idée est venue de Raphaëlle Audet, qui s’inquiétait de voir les parents s’épuiser en milieu d’année à préparer des plats pour leurs enfants. Elle a donc proposé un projet de création de repas au reste du groupe, qui a vite été emballé. Après divers échanges, les enfants ont choisi de grossir le projet et d’en faire une entreprise, SOS lunch, qui contribuerait à la communauté en préparant des repas qui seraient distribués dans divers organismes. Avec l’aide du restaurant Pizzé, la classe commencera en novembre à confectionner et à distribuer les plats.

 
UNE SOURCE DE FINANCEMENT ORIGINALE

 

Or, un problème considérable s’est imposé au groupe : où trouver l’argent nécessaire pour faire l’épicerie? Voyant l’Halloween approcher, les entrepreneurs ont trouvé une solution innovante : créer une maison hantée avec contribution volontaire à l’entrée.

 

Le défi était de taille : il fallait trouver du matériel, former les élèves en théâtre et créer la maison de toute pièce dans un lieu encore inconnu. Pourtant, cela n’a pas découragé Claude Pichette, enseignante de 5e année, qui n’en était pas à son premier projet : « Quand on a une idée comme ça d’une élève, que les autres élèves embarquent, on n’a pas le choix comme adulte de faciliter leur chemin pour qu’ils puissent apprendre le savoir-être, mais en même temps le savoir scolaire. C’est merveilleux! »

 
ORGANISER UNE MAISON HANTÉE

 

Avec leur motivation contagieuse, les élèves et l’enseignante n’ont eu aucun mal à convaincre d’autres personnes de participer au projet. Le matériel nécessaire à la construction du parcours a été fourni par diverses entreprises de Rouyn-Noranda, alors que la patinoire a été prêtée généreusement par la Ville. Quant aux décorations, elles ont été fournies par les parents, qui ont été bénévoles pour le projet. « Si je n’avais pas les parents en arrière de nous, en arrière de leurs enfants dans ce projet-là, on n’aurait pas été en mesure de faire notre maison hantée », souligne Mme Pichette, heureuse de la participation suscitée par le projet.

 

En à peine une journée, la maison hantée était montée et prête pour la soirée du 15 octobre, qui a été choisie pour permettre aux parents de récupérer leurs décorations à temps pour l’Halloween. Cette construction a fait plaisir aux élèves, notamment à la jeune Élysa Bérubé : « J’ai aimé ça quand on construisait la maison hantée parce qu’on voyait que ça avançait tranquillement pas vite. » Elle ajoute que l’aide des parents était fort appréciée des enfants également.

 

VIVRE UNE MAISON HANTÉE

 

De 18 h 30 à 21 h, plus de mille personnes sont venues découvrir le parcours horrifique, quoique certains ont dû repartir à cause des contraintes sanitaires alors que d’autres ont pu refaire plusieurs fois la maison hantée. C’était la moitié qui était attendue par la classe, qui pensait obtenir 2000 $ de fonds après l’événement. Or, ce sont 4225,40 $ qui ont été amassés pour le projet, précise Céliane Gélinas, qui montrait le chemin aux visiteurs à l’entrée de la maison hantée.

 

Cette dernière avait pour mission de faire peur aux plus grands et de rassurer les enfants : « Une personne était accrochée à sa maman et je lui ai dit que c’était des acteurs. Il s’est décroché tout de suite et a dit qu’il n’avait plus peur », ajoute celle qui a déjà fait de l’improvisation dans un club de théâtre.

 

Certains élèves étaient placés en paires durant le parcours : c’était le cas de Sahel McLean, qui incarnait un zombie nucléaire torturant un bébé zombie, ainsi que d’Ashley Bédard, assise près d’un cercueil contenant un vrai comédien. Ils précisent de manière unanime ce que le projet leur a apporté : « Du plaisir! »

 

Quant à elle, Élysa Bérubé a plutôt appris à travailler en équipe. Normalement assez timide, celle qui incarnait une poupée diabolique a découvert le bonheur de la coopération. Placée vers la fin du parcours, elle a pu faire peur aux spectateurs avec ses yeux effrayants et son costume épeurant.

 

À la sortie de la maison hantée, les spectateurs ont eu la chance de recevoir des bonbons offerts par les parents ainsi que du chocolat chaud. Les visiteurs sont venus d’aussi loin que Val-d’Or et Amos pour profiter de l’activité. « Je dis, une grosse réussite! » souligne fièrement le jeune Maxim Patry.

 
LA SUITE?

 

Bien que l’événement soit passé, le groupe garde plein d’idées en tête pour continuer son projet. Il pense notamment organiser un visionnement de film pour Noël et préparer une glissade lorsque le beau temps reviendra. Aussi, à chaque nouveau projet, les enfants comptent garder de l’argent pour le remettre, à la fin de l’année, à un organisme qui n’a pas encore été sélectionné. Peu importe la direction que prendra ce projet, il est clair que de telles initiatives dans la région ne peuvent qu’être encouragées.

 

 

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