Menu

Chroniques // Histoire et patrimoine

Histoire et patrimoine

LA RELIGION CHEZ LES ALGONQUINS DE LA POINTE APITIPIK

// CHRISTIANE PICHETTE, SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET DE GÉNÉALOGIE DE LA SARRE - 26 mai 2020

Numéro : Juin 2020

 

Histoire et symbole du tambour sacre amerindien, Nalaz, 2 janvier 2014

 

D’après Henry Kistabish, « avant les curés, les Indiens ne croyaient qu’à un seul Créateur, Kitci Manito. Les prières traditionnelles des Indiens envers le Créateur étaient reliées à la Nature. Les pouvoirs du chaman servaient à aider le prochain ».

 

Vers 1837, un premier missionnaire, l’abbé de Bellefeuille, arrive au lac Abitibi afin d’évangéliser les Mami8innik de ce secteur. En 1846 est construite la première église catholique. Selon Rosanna Wylde, les oblats installés au lac Abitibi enseignaient la religion catholique et entraient en concurrence avec les chamans et leurs rites.

 

Avant la venue des Blancs, en été, les autochtones construisaient la tombe du défunt en creusant le sol. Ils y déposaient le corps et le recouvraient de matière végétale et de pierres. En hiver, le chaman et son apprenti construisaient une plateforme en bois pour le défunt, puis le veillaient sans manger ni boire pendant sept jours. Les missionnaires ont interdit ces pratiques funéraires, et les autochtones ont fini par être enterrés dans le cimetière des chrétiens.

 

Les oblats faisaient peur aux autochtones : ils iraient en enfer s’ils poursuivaient leurs pratiques chamaniques. Finalement, les curés ont réussi à vaincre les chamans et à interdire les cérémonies et les croyances ancestrales. Seul le tambour, instrument spirituel, a continué d’être joué et toléré.

 

D’après Anna Mapachee Mowatt, le prêtre « était différent de l’homme blanc parce qu’il portait une robe noire. Les Indiens le voyaient comme un chaman blanc ». De nombreux Anicinabek se sont convertis au christianisme, mais n’ont pas renoncé à leurs croyances traditionnelles.

 

Les souvenirs de l’évangélisation à la Pointe Apitipik sont encore très vifs chez les personnes âgées. Alors que les relations avec les employés de la Compagnie de la Baie d’Hudson étaient plutôt amicales, celles avec les prêtres catholiques ont laissé des souvenirs généralement amers au cœur des autochtones.

 

Source : Mémoire présenté par la Société Matcite8eia et la communauté de Pikogan – 1996

 

Print Friendly and PDF

Commentaires

Publicités

Vous vous apprêtez à être redirigé
vers la Boutique des arts CULTURAT.

Continuer Annuler