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Chroniques // Arts visuels

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Valéry Hamelin : La vulnérabilité de l’enfance

// Gabrielle Izaguirré-Falardeau - 15 mars 2020

 

Oeuvre de Valéry Hamelin

 

Quand Valéry Hamelin a entamé des études en arts visuels au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, c’était « en attendant », mais ce contexte d’exploration qui se voulait temporaire s’est finalement prolongé. L’artiste rouynorandienne, qui a d’abord travaillé dans le domaine du théâtre en tant que scénographe, cumule aujourd’hui les projets en arts visuels et consacre beaucoup d’énergie à sa démarche artistique personnelle.  « À un moment donné, j’ai eu envie de parler de ce qui se passait réellement à l’intérieur de moi et non à l’intérieur des personnages de théâtre », explique-t-elle.

 

Contrastes

 

L’exposition qu’elle présente jusqu’au 29 mars à la Galerie Rock Lamothe représente bien ce désir de s’attarder à sa propre expérience, ainsi que l’évolution de son travail et de son identité artistiques. En effet, plusieurs aspects de cette exposition contrastent avec la précédente, qu’il s’agisse des techniques utilisées, des couleurs choisies ou des thèmes exploités. « Ma dernière expo grafignait en dedans. Il y a des gens qui ont pleuré.  J’utilisais beaucoup de graphite sur film et les couleurs étaient vraiment or et rouge. Là, j’ai été à l’autre côté du spectre, très en couleur », ajoute-t-elle.

 

L’enfant inspirant

 

Les différences avec la précédente exposition s’observent aussi dans la représentation des corps, qui sont illustrés de façon beaucoup plus complète. Tous ces contrastes trouvent leur origine dans l’inspiration première de Mme Hamelin pour cette exposition : sa fille. « Ce qui m’a amené vers la couleur, c’est une photo que j’ai de moi et ma fille. À la dernière exposition, les corps étaient tronqués. Ma fille me servait à représenter des parties de soi resté enfant même si on est devenu adulte. Elle était méconnaissable. Le premier tableau de cette expo-ci, je l’ai vu jaune alors que je n’utilise presque jamais le jaune, et je voyais que (ma fille) me disait un secret », précise Mme Hamelin.  Les œuvres réalisées reflètent donc en grande partie l’imaginaire de l’enfant. On y voit apparaître des arcs-en-ciel, des licornes boréales, autant d’éléments qui repoussent les limites du réel.

 

Vulnérabilité et spiritualité

 

Les œuvres de Valéry Hamelin sont toujours empreintes d’une grande vulnérabilité, qu’elle décrit d’ailleurs comme son thème de prédilection : « Je trouve ça important de montrer la vulnérabilité. Je trouve que c’est quelque chose qu’on camoufle et qu’on cache. On veut avoir l’air fort, réussir, tout ça, mais on a tous un monde intérieur qui est plus fragile ». C’est cette fragilité qu’elle se fait un devoir de démontrer. Si celle-ci était montrée dans ses réalisations précédentes de façon plus sombre, Mme Hamelin l’a amenée ici avec beaucoup plus de vie, la vulnérabilité dépeinte s’inspirant surtout de celle de l’enfance.

 

La spiritualité a aussi pris une place importante dans la réalisation de cette dernière exposition : « Il y a une part de spiritualité. Le côté spirituel, c’est l’accueil de tout ce qui est, autant le plus souffrant que le plus lumineux », affirme l’artiste, qui dit aussi vouloir montrer ce qu’il y a de sacré dans l’humain. De façon générale, son œuvre prend place dans le monde onirique, dans le rêve et l’imaginaire. S’il est possible de reconnaître dans les toiles des figures humaines, des animaux et d’autres formes concrètes, le propos demeure tout de même marqué d’une grande part d’abstraction, que Valéry Hamelin résume par l’affirmation suivante : « Je suis en train de trouver des solutions imaginaires à des croyances illusoires ».

 

 

 

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