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Chroniques // Histoire et patrimoine

CHRONIQUE

Vie et mort des professions d'antan

// Mathieu Bourque, Société d'histoire du Témiscamingue - 28 nov. 2019

Numéro : Décembre 2019/Janvier 2020

 

Isidore Romain et Jack Coble à la drave
photo : Société d'histoire du Témiscamingue

 

Avec le temps, et l’avancement de la technologie, certains métiers jadis importants ont subi de profonds changements. D’autres ont même carrément disparu. Des savoir-faire inconnus, auxquels nous ne pensons plus, ont pourtant bel et bien existé. Plusieurs d’entre eux font désormais partie de la catégorie des métiers d’art ou des métiers traditionnels. Pensons par exemple aux métiers de forgeron et de tisserand. Si l’automatisation de l’industrie a contribué à marginaliser certains métiers, d’autres n’ont pas su résister au passage du temps. Jetons donc un petit coup d’œil à quelques-uns de ces emplois disparus. Certains vous paraîtront loufoques aujourd’hui, mais rappelez-vous que dans 50 ans, c’est peut-être ce que vous faites présentement qui sera une légende.

 

Voilà un résumé de quelques-uns de ces métiers disparus ou méconnus. Il s’agit seulement d’un aperçu, car on compte beaucoup de ces professions qui ont été essentielles quotidien des gens, ainsi qu’à la survie de certaines localités. Ils ont certes perdu leurs utilités essentielles, mais méritent toutefois d’être gardés en mémoire.

 

 

LE MENEUR DE DILIGENCE OU LE COCHER

 

La diligence a été le premier système de transport en commun au Québec. Le meneur de diligence avait pour mission de conduire une petite voiture tirée par une ou deux paires de chevaux, dans laquelle s’assoyaient six à huit personnes. Au Québec, la principale ligne d’omnibus (autre nom donné à la diligence) reliait Montréal et Québec. Dans quelques régions, comme les Cantons-de‑l’Est, quelques circuits de diligence ont été créés pour se relier à quelques grandes villes américaines. Les intempéries, surtout l’hiver, apportaient de nombreuses difficultés, ce qui a contribué à la disparition progressive des diligences à partir du milieu du 19e siècle. Le bateau, le train et bien sûr l’autobus ont pris le relais par la suite.

 

 

LE DRAVEUR

 

La drave consistait à transporter sur les courants d’eau les billots de bois appartenant aux diverses compagnies forestières. Le draveur devait donc conduire ces étendues de bois en se tenant debout sur les billes en flottaison. Il va sans dire qu’il s’agissait d’un métier dangereux, parfois mortel. Pour aider les draveurs, les cordonniers fabriquaient des bottes spécialement pour eux. Appelées « bottes corkées », ces chaussures comportaient une semelle bardée de pitons métalliques qui empêchaient les hommes de glisser. La drave durait en général de vingt à trente jours. Cette pratique a longtemps été utilisée au Québec, mais en raison de la pollution des rivières, elle a maintenant disparu.

 

 

LE CRIEUR PUBLIC

 

Bien avant l’arrivée de Facebook, c’est le crieur public qui annonçait à la population les nouvelles pertinentes du village et de la région. Le crieur public se promenait donc de localité en localité, souvent dans les endroits publics comme le parvis de l’église. Muni d’un instrument sonore comme une cloche ou un tambour, il attirait l’attention des gens pour ensuite les informer des dernières nouvelles importantes et des avis publics. Cette profession a connu ses débuts dans l’Antiquité et au Moyen Âge et a été très populaire en Nouvelle-France, car une grande partie de la population ne savait pas lire. Il existe encore aujourd’hui des crieurs publics, mais on les voit plutôt dans des manifestations artistiques, comme les foires et les théâtres de rue.

 

 

LE FORGERON

 

À une certaine époque, le forgeron était l’une des personnes les plus importantes dans un village. Métier essentiel, il a été de plus en plus marginalisé en raison de l’industrialisation de nos sociétés. C’est avec la découverte du travail des métaux que le métier de forgeron naît et devient de plus en plus important à mesure que les gens sentent le besoin de se servir d’outils résistants. Plusieurs autres métiers découlent du travail des métaux, comme la taillanderie (fabrication des outils), la clouterie (fabrication des clous) et la maréchalerie (ferrage des sabots des chevaux), mais au fil du temps, c’est le forgeron qui s’approprie tous ces savoirs. Dès le 19e siècle, les forgerons des zones urbaines peinent à répondre à la demande croissante en produits de fer. Dans les zones rurales, le forgeron devient un personnage majeur, surtout pour le ferrage des chevaux. À l’époque, le transport à cheval prédomine toujours. Mais avec l’arrivée de l’automobile et l’essor de la production de masse, le métier de forgeron connaîtra un grand déclin.

 

 

LE COMMIS VOYAGEUR

 

Le voyageur de commerce, plus communément appelé commis voyageur, était un vendeur itinérant représentant les grossistes établis majoritairement dans les grandes villes. Ce métier est apparu au Québec dans les années 1850. Le commis voyageur transportait avec lui de la marchandise dite de spécialité comme du sucre, du thé, des épices, des produits pharmaceutiques, etc. Les marchands et la population des régions éloignées profitaient des services du commis voyageur pour se ravitailler au lieu de se déplacer directement chez le grossiste. Ces travailleurs étaient spécialement reconnus pour leur grand talent de persuasion et leur verve intarissable. Ils racontaient souvent des histoires amusantes qui les aidaient à vendre leurs marchandises, car ils étaient la plupart du temps payés à la commission. En 1949, le dramaturge américain Arthur Miller immortalise le terme avec sa célèbre pièce Mort d’un commis voyageur.

 

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