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Chroniques // Abitibi / Montréal

Abitibi/MTL

La guerre, la guerre... Pas une raison pour se faire mal

// Mathieu Gagnon - 30 sept. 2016

Numéro : Octobre 2016

 

photo : Abitibi / Montréal

 

À la fin de la journée, Cléo est morte et la guerre est finie. C’est difficile comme scénario, mais tout le monde y a appris d’quoi. Toute la ribambelle est passée par la gamme d’émotions. Un drame sur fond de Nathalie Simard.

 

Le cinéma d’aujourd’hui est maintenant soft sur la jeunesse. Il y a bien une différence à recevoir une balle de neige dans face versus une balle de calibre .22, mais le manque criant de réelles situations de danger pour tout protagoniste de moins de 12 ans est bien réel dans les vues d’aujourd’hui.

 

C’est ce qu’il faut pour interpeller les enfants en même temps que les géants. Comment est-ce possible de se faire captiver par une histoire si, de prime abord, j’ai jamais eu peur que le personnage se scrap les genoux ? C’est là que je radote en disant que : « Dans mon temps… » Robin & Stella ou la peur de mourir miniaturisé dans un vaisseau spatial de la taille d’une pilule dans le corps adolescent de ton meilleur ami. Le gang des BMX ou l’art de se faire poursuivre par le crime organisé dans un cimetière lugubre un soir de semaine.

 

« Redonne-moé mes Talkies Walkies sinon j’te poursuis avec mon canif et mon semi-automatique, dans une glissade d’eau. »

L’Abitibi-Témiscamingue est un de ces endroits où il n’y a pas un million de choses à faire. Surtout pour un kid. Par contre, il y a un territoire qui s’étend à l’infini. Un cours d’eau secret dans un shaft de mine. À la recherche d’un lac qui n’est pas connu. Trouver un spot pour consommer des substances ou tirer avec mon gun à patate. Ça, c’est une histoire de vie. Au loin, une silhouette déformée dans un univers parallèle accessible uniquement en bicycle après une ride de 5 heures. C’est mon enfance. La tienne aussi sûrement. C’est ton imagination qui déborde. L’aventure. C’est vraiment con de le faire, mais c’est plus fort que toi. De se mettre dans ces situations, seul avec tes amis, seul avec toi-même. Tout le bon qui ressort. Tout le mal qui te fait grandir. C’est bon comme ça fait mal. C’est ça la vie. 

 

Alors logiquement, ça devrait être ça le cinéma.

 

Un enfant de huit ans confronté à la mort. C’est complètement injuste. Le genre de choses qu’on ne souhaite à personne, mais you know what ? Ça fait partie de la vie. C’est un apprentissage, une épreuve qui fait mal et peut pousser un bout d’chou à en ressortir plus fort. Une manière de décriminaliser l’enfance ou d’abolir l’adolescence.

 

Cloé est morte écrasée sous les décombres de glace, de neige et d’armes de bois aux couleurs éclatées. Macaulay Culkin est passé de l’autre côté du rideau piqué par un million d’abeilles parce qu’il a donné des coups de pied sur la ruche. Elliott se fait poursuivre par tout le corps de police de la Californie parce qu’il transporte un gingembre dans l’panier de son vélo.

Lui il n’est pas mort, mais pour un instant j’y ai cru. \\

 

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