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Chroniques // Histoire et patrimoine

Chronique « Sociétés d'histoire »

Le centre-ville – lieu de rencontre

// Gabriel Tremblay | Société d’histoire de Rouyn-Noranda - 1 déc. 2011

Numéro : Décembre 2011 / Janvier 2012

 

En déambulant sur la rue Principale, au centre-ville de Rouyn-Noranda, lors d’une belle soirée de juillet dernier, je ne pus m’empêcher de remarquer le nombre peu élevé de promeneurs que je rencontrais tout au long de mon trajet. Un brin de nostalgie surgit en moi et, mon imagination aidant, il me revint à l’esprit l’effervescence qui régnait à ce même endroit au cours des années 40, 50 et 60.


De tout temps, le centre-ville a toujours exercé un attrait particulier sur les populations. Qu’il s’agisse de bourgades, de villages ou d’agglomérations d’importance, deux pôles d’attraction apparaissent : les lieux de culte et les commerces. Parfois, ces pôles se situaient autour d’une place centrale qui constituait le cœur des activités de la communauté. On retrouvait un peu à l’écart les usines et industries qui avaient donné naissance à l’agglomération.

 


Deux développements distincts
Les villes et villages de la région n’ont pas échappé à cette mode, comme en fait foi le développement de Rouyn-Noranda qui, au départ, constituait deux entités distinctes. La Ville de Noranda, ville de compagnie, se développa selon un plan d’urbanisme planifié par Noranda Mines, alors que le territoire de Rouyn, situé au sud, connut un développement rapide et non planifié.


À Noranda, le territoire délimité par les avenues Carter et Frédéric-Hébert, entre les 7e et 9e rues, constituait le cœur commercial de la ville, tandis qu’à Rouyn, le quartier commercial occupait un espace dans un quadrilatère délimité par l’avenue du Lac, à l’est, la
rue Perreault, au sud, l’avenue Dallaire (Bagshaw), à l’ouest et la ville de Noranda, au nord.


Le centre commercial de Rouyn, regroupant plus de commerces, d’établissements hôteliers et de cinémas que Noranda, connaissait une affluence plus grande et il devenait parfois difficile de circuler sur les trottoirs des principales artères. C’était l’occasion de rencontrer des amis, des connaissances, de fréquenter les hôtels ou les restaurants, de profiter d’une soirée au cinéma, tout en absorbant les bruits de la ville en effervescence et en humant les odeurs se dégageant des restaurants.


Source de divertissement


À l’époque, la télévision n’étant pas entrée dans les foyers et les moyens de divertissement à domicile manquant, les gens en profitaient pour effectuer une sortie les menant au centre-ville, qui devenait un centre de rencontres et d’attractions.

 

Avec la construction des centres commerciaux à l’écart du centre-ville, avec l’avènement de la télévision, avec les nouvelles techniques mises à la disposition des gens, le centre-ville perdit graduellement de son effet d’attraction, de sorte que de nos jours, sauf en de rares occasions, il nous est possible de circuler sur les trottoirs sans rencontrer âme qui vive. C’est peut-être la rançon du progrès, mais ça nous permet quelquefois d’éprouver un peu de nostalgie.

 

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