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Articles // Société

DOSSIER PREMIÈRES NATIONS

Faire résonner la voix des femmes et des filles autochtones

// Mariane Ménard - 5 juin 2019

Numéro : Juin 2019

 

Au cours des prochaines années, le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or (CAAVD) travaillera à la mise en place de l’Observatoire social local pour les filles et les femmes autochtones de la MRC de la Vallée-de-l’Or. Ce projet est le fruit d’une démarche d’autoréflexion menée par le CAAVD.

 

Présent depuis près de 45 ans dans la communauté, le CAAVD offre des services à la population autochtone de Val-d’Or et des environs. En jouant ce rôle, il accumule des connaissances et construit une expertise sur la réalité des Autochtones en milieu urbain. Ce champ d’expertise s’est d’ailleurs transformé afin de s’adapter à de nouvelles réalités, dont l’itinérance et la réalité particulière des femmes et des filles autochtones.

 

La cause des femmes et des filles autochtones, le CAAVD l’a vécue de près en 2015 quand des femmes ont dénoncé publiquement la violence et les abus dont elles étaient victimes. « Mais il y a aussi toute la réalité de la violence au sens large, souligne Édith Cloutier, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or. Ça faisait plus de dix ans qu’on parlait de toute la question des femmes autochtones assassinées et disparues au Canada pour mettre en lumière le fait que les traitements à l’égard d’enquêtes par rapport aux femmes autochtones n’obtenaient pas la même attention ou la même énergie. »

 

Au fil du temps, les projets se sont enchaînés, le Centre a travaillé avec des partenaires de recherche, dont le réseau DIALOG de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et a parallèlement mené ses propres réflexions sur la réalité urbaine des Autochtones tout en continuant de développer son offre de services et d’accumuler de la documentation. « Cette documentation-là, elle est existante, ajoute Mme Cloutier. On pige selon les besoins qu’on a dans cette banque de données, d’analyses, de réflexions, de projets rédigés, de produits de la recherche coconstruite avec le réseau DIALOG. On s’est donné la capacité d’arrimer des réflexions avec des besoins. »

 

UN PROJET STRUCTURANT

Si le bagage et la connaissance sont bien présents, il manquait néanmoins au CAAVD une structure pour les accueillir, et les moyens d’y arriver. L’octroi d’un financement de Condition féminine Canada lui permettra de mettre en œuvre ce projet structurant de classement, d’archivage et d’analyse de la documentation accumulée, et ce, pendant cinq ans. L’accès à une plateforme organisée permettra non seulement de mieux comprendre les réalités spécifiques et les défis auxquels font face les femmes et les filles autochtones, elle permettra aussi d’intervenir adéquatement auprès des femmes autochtones dans leurs revendications et leurs luttes en plus de les soutenir. « Pour être capable de donner cette voix, de traduire les revendications et les aspirations des femmes, il fallait avoir les ressources et les moyens [de les] articuler », précise Mme Cloutier.

 

Avec son Observatoire, le CAAVD consolidera une expertise locale puisque son champ d’analyse est porté sur la réalité des femmes et des filles autochtones dans la MRC de la Vallée-de-l’Or. Cette petite fenêtre d’analyse contribuera pourtant à une réflexion plus large, explique Édith Cloutier. « Je pense que le regard local va permettre de se comparer à d’autres milieux et de constater qu’on n’est peut-être pas si loin d’une réalité qui peut se traduire dans de grands centres urbains comme Winnipeg, Saskatoon, même Toronto, mais à une autre échelle. Mettre la lumière sur une réalité locale du Québec va peut-être permettre de travailler sur des stratégies plus grandes pour répondre à des enjeux de société qui touchent les Autochtones en milieu urbain au Québec, au Canada », soutient-elle. Cette volonté d’ouverture se transpose également dans l’objectif de rendre accessible la documentation recueillie et créée par l’Observatoire. Conçue par et pour les Autochtones, et issue du milieu communautaire, cette ressource fait partie du projet de société que construit peu à peu le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or. Ainsi, l’accessibilité à la documentation apparaît comme un vecteur de transformation sociale. « L’Observatoire devient aussi un outil qui pourra peut-être contribuer à ce vaste chantier de réconciliation », suggère Mme Cloutier. Ainsi, documenter et favoriser la compréhension des enjeux sociaux, économiques et culturels qui touchent particulièrement les filles et les femmes autochtones provoquera le dialogue dans une démarche de réflexion sociétale collective.

 

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