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Articles // Arts visuels

Frank Polson : un pont entre les peuples

// Netta Gorman - 27 juil. 2016

Numéro : Juillet-août 2016

 

photo : Courtoisie

 

Frank Polson est un artiste engagé et polyvalent. Membre de la nation anishnabe Long Point First Nation de Winneway, dans le Témiscamingue, il est connu surtout pour ses toiles en acrylique colorées dont le style contemporain respecte la tradition algonquine. Aujourd’hui, sa carrière d’artiste prend une nouvelle direction internationale avec sa collection vendue par la compagnie californienne VIDA, basée à San Francisco, qui se spécialise dans la vente de produits de qualité de designers et d’artistes de partout dans le monde. C’est après leur avoir soumis seize designs à partir de trois photos inspirées de ses toiles originales que Frank Polson a appris que VIDA avait accepté sa soumission. La collection de foulards et de camisoles en soie est maintenant vendue en ligne dans plus de 1 000 villes, et ce, depuis ce printemps. « Chaque fois qu’ils vendent un de mes articles, ils m’envoient un courriel. C’est magique. À part mon temps pour faire le design des photos que j’ai soumises, ça ne m’a rien coûté. Et je garde les droits de mes images originales », me dit-il, le sourire aux lèvres.

 

L’artiste est également engagé dans un projet régional qui pendra forme cet été. Au village de Latulipe, au Témiscamingue, un pont en acier enjambe la rivière Fraser. Julie Gilbert, directrice générale de la municipalité, explique : « C’est un pont bien ordinaire. Nous avions deux objectifs avec ce pont : l’embellir et ralentir le trafic à l’entrée ouest du village, car la pancarte de 50 km/h se trouve après le pont seulement. » De là l’idée de lancer un appel aux artistes. Frank Polson a ainsi soumis son projet, qui a été retenu par la municipalité et approuvé par Transports Canada. Ainsi, cet été, les quatre piliers en béton du pont seront ornés de fresques colorées de la main de Frank Polson. Habitué à peindre à l’intérieur avec de l’acrylique, il doit maintenant relever le défi de trouver la bonne méthode et les bons matériaux pour peinturer du béton qui sera soumis aux aléas du climat. En ce qui concerne les images comme telles, tout le travail est déjà effectué. « J’ai utilisé mon iMac pour incorporer les images aux piliers quand j’ai soumis mon projet », me raconte Frank. « La rivière Fraser, c’est là où la communauté des Premières Nations a été contrainte de partir lorsque les barrages d’Hydro ont été construits. J’ai donc voulu faire de ce pont un élément symbolique entre les non-autochtones et les autochtones. » On pourra voir des éléments tels qu’un canoë, qui rappelle les racines des deux communautés et le système d’échange de jadis, ainsi qu’une image de la première église à Latulipe juxtaposée avec un tipi pour symboliser les cérémonies des deux cultures. En effet, le travail d’artiste de Frank Polson a toujours eu comme objectif premier de créer des scènes qui rapprochent les cultures afin de diminuer le racisme grâce à une compréhension mutuelle accrue. « C’est sûr qu’il existe encore du racisme, avoue-t-il, mais je souhaite que mon art aide à le réduire, qu’il serve littéralement de pont ». \\

 

Pour voir la collection de vêtements de soie de Frank Polson cliquez ici

 

*Entrevue originale en anglais

 

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