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Articles // Patrimoine et histoire

100 ans d’histoire des Cercles de Fermières

Exposition à la Société d’histoire et du patrimoine de la région de La Sarre

// Christiane Pichette - 24 juil. 2015

Numéro : Juillet-août 2015

 

Regroupement à Macamic en 1941
photo : Société d'histoire et patrimoine de la région de La Sarre

 

La Société d’histoire et du patrimoine de La Sarre, en collaboration avec les Cercles de Fermières de l’Abitibi-Ouest, présente son exposition estivale : 100 ans des Cercles de Fermières, où seront mis en valeur de la documentation, de la broderie, de la couture, du tricot, du tissage, des photographies et d'autres objets d’intérêt. Un tricot graffiti sera également exposé à l’extérieur.

 

La naissance des Cercles de Fermières

 

Les Cercles de Fermières sont nés avec la guerre de 1914. Soucieux de repeupler la campagne, deux agronomes, Georges Bouchard et Alphonse Désilets, initient le premier Cercle de Fermières. Cela se passait à Chicoutimi, en 1915.

 

La guerre a joué un rôle clé dans la naissance de ce mouvement, car à cette époque le ministre de l’Agriculture, Joseph-Édouard Caron, sonnait l’alarme du dépeuplement des campagnes. Alphonse Désilets a été le premier à vouloir voir naître des groupements ruraux féminins au Canada français.

 

Au premier congrès de 1919, 23 des 34 cercles sont représentés et l’effectif atteint 1753 membres. Des représentantes parlent au nom des Cercles et défendent leurs positions sur le plan des idées et celui de l’action. Elles sont représentées à toutes les grandes manifestations, à la Fédération des femmes du Québec, au Congrès de l’agriculture du Canada, etc. Rien n’échappe à l’intérêt des Cercles.

 

Rupture avec l’Église

 

En 1940, on retrouve désormais 645 Cercles totalisant environ 28 000 membres. Les femmes donnent maintenant leur opinion et veulent discuter entre elles de ce qui est bon, raisonnable et utile. Les Cercles de Fermières couvrent l’ensemble de la province.

 

Un problème surgit : l’Église, qui a toujours soutenu l’initiative du ministère de l’Agriculture, commence à trouver que les femmes sont trop indépendantes. Alors qu’on vient de leur accorder le droit de vote, les curés préféreraient garder le contrôle sur celles-ci.

 

Commencent alors 20 années difficiles pour les membres des Cercles. L’histoire de cette époque est difficile à raconter. Après avoir échoué dans leurs tentatives de raffermir leur autorité sur les Cercles, les évêques prennent plusieurs moyens afin de les ramener sous leur gouverne. 

 

Ils fondent des associations concurrentes, telles que l’Union catholique des fermières (UCF) ainsi que les Cercles d’économie domestique (CÉD). Ils menacent d’excommunier celles qui continuent d’être membres des Cercles de Fermières; certaines se verront même refuser la communion lors des messes. Pour couronner le tout, en 1946, l’Assemblée des Archevêques confirme une sanction : les Cercles se retrouvent hors de l’Église.

 

En 1960, alors que l’Église n’a pas réussi à attirer beaucoup de membres des Cercles de Fermières dans l’UCF et le CED, une dernière tentative de fusion entre les trois associations est entamée. Elle échouera en 1963, puisque les Cercles de Fermières se retireront dès le début des négociations. Les deux autres formeront l’AFÉAS (Association féminine pour l’éducation et l’action sociale). Les premières Fédérations apparaissent en 1940 : ces organisations permettent de répondre aux besoins par région et aux aspirations de leurs membres.

 

Leur devise, toujours actuelle, est la suivante : « Unissons-nous pour faire le bien, produisons chez nous et achetons chez nous ». 

 

Au dernier décompte en 2014, l’Abitibi-Témiscamingue comptait 51 Cercles, représentant plus de 1600 membres. \\

 

 

 

 

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