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Articles // Littérature

Chronique « Critique littéraire »

Rapide-Danseur : partir pour naître!

// Stéphanie Déziel - 1 févr. 2013

Numéro : Février 2013

 

Auteur : Louise Desjardins Genre : roman Parution : octobre 2012 Format : 165 pages Éditeur : Éditions Boréal

 

«Suis-je jamais sortie de son ventre avant de fuir vers Val-Paradis, il y a deux ans? Comment pouvait-elle m’aimer alors que je n’étais pas encore née?» p.25

 

Louise Desjardins, qui est native de Rouyn-Noranda, a déjà publié plusieurs romans et recueils de poésie. Son dernier livre est la suite de son roman précédent Le fils du Che. Rapide-Danseur aborde l’un des sujets récurrents de l’auteure : la relation parent-enfant. Il traite du besoin de s’affranchir de sa mère et de couper les ponts avec le passé pour enfin exister, même si pour cela il faut abandonner son propre fils.


Le roman met en scène Angèle qui a choisi de partir vers un nowhere, l’Abitibi, pour enfin naître. Au début du roman, Angèle vit à Rapide-Danseur avec son amoureux Ray, un Cri de Chisasibi. Elle n’a pas eu de nouvelles de sa famille depuis son départ, mais elle a tôt fait de réaliser que malgré la distance, elle ne peut échapper à sa mère qui l’a toujours dénigrée ni à son passé. Voilà qu’elle reçoit un coup de fil de son frère qui lui apprend que leur mère vient de mourir. Ce téléphone plonge le cerveau d’Angèle dans un carrousel de souvenirs qui éclairent petit à petit les raisons de son départ. Nous apprenons qu’elle est tombée enceinte de son professeur d’espagnol lorsqu’elle n’était âgée que de 18 ans. Que sa mère, qui aime tout planifier et orchestrer, s’est empressée de prendre en charge le bébé comme si c’était le sien. «Elle me l’a ravi dès sa naissance.» p.23 Ensuite, nous comprenons que le contrôle de sa mère l’empêchait de prendre son envol et de s’occuper adéquatement de son fils. «Je suis une mère inadéquate, je n’ai pas su materner mon enfant (…) Inapte, a-mère, c’est exactement ce que je suis.» p. 31 C’est sa fuite vers le nord qui lui permettra enfin de naître comme un individu libre, mais avant tout de rencontrer l’amour. L’amour de Ray et l’amour maternel de sa tante Magdelaine, la sœur de son père qui a dû quitter Val-Paradis, car elle aimait une autre femme. Magdelaine qui ne la jugera pas d’avoir quitté son fils parce qu’elle sait très bien ce que c’est que d’être la risée des autres.


L’action réelle se déroule durant 24 heures, mais nous suivons, grâce à la voix intérieure d’Angèle, ses souvenirs qui nous ramènent vers plusieurs moments passés. L’auteure réussit avec doigté à nous faire suivre ce ballet incessant entre le passé et le présent et à nous dévoiler les événements qui ont mené à cet exil volontaire. Par contre, il est plus difficile, sans avoir lu Le fils du Che, de comprendre à quel point sa mère était étouffante. L’Abitibi prend une place importante dans l’histoire et nous lisons avec délice les descriptions de la région. Même si Louise Desjardins aborde des sujets graves comme l’étouffement et l’abandon maternel, l’histoire demeure très près du quotidien. Elle parsème aussi son livre de références littéraires et cinématographiques liées à ces thèmes, nous donnant ainsi le goût de les découvrir.


NDLR  Rapide-Danseur faisait partie de la liste préliminaire du 20e Prix des libraires du Québec dans la catégorie Roman québécois. C’est le 29 janvier que sera dévoilée la liste des finalistes, cinq titres dans chaque catégorie. Un processus de votation sera enclenché par la suite via le site : www.prixdeslibraires.qc.ca

 

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