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Articles // Général

Les limites du panache!

// Guillaume Beaulieu - 1 nov. 2012

Numéro : Novembre 2012

 

Bon nombre de gens se sont rendus compte dans la région qu’on est en train de brûler l’utilisation du panache d’orignal dans les éléments promotionnels de l’Abitibi-Témiscamingue. J’en fais partie. Je me déclare moi-même Conteur régional et chevaucheur d’orignal jusque sur mes cartes d’affaires.


Quand je sors à l’extérieur de la région, on ne manque pas d’approuver le choix du symbole, parce qu’il colle à la peau en Abitibi-Témiscamingue. Ce faisant, il y a sûrement dans mon répertoire une bonne histoire d’orignal, diront certains. Depuis 2006 que c’est ainsi. À peu près en même temps, la montée culturelle dans la région a repris l’utilisation de l’orignal d’une manière assez forte et ce, à toutes les sauces. À vrai dire, quand on trouve collectivement un bon filon, il est tout à fait normal de l’exploiter. Par contre, qu’une personne soit représentée coiffée d’un panache d’orignal pour illustrer l’appartenance à la région est surutilisé. Stop! C’est trop! Dylan Perron sur sa pochette d’album et en spectacle avec un panache sur la tête, la promotion du FMEAT 2012 et maintenant celle du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue… ouf! Et si on recule plus loin, il y en a d’autres. Je vois trois choix possibles à partir de maintenant :
– La mise en jachère de l’idée pour au moins 5 ans.
– L’abandon complet, parce que cela ne créera plus jamais l’effet bœuf tant souhaité.
– Pousser encore plus loin l’utilisation du panache qui endimanche les têtes pour en faire un vrai signe identitaire régional permanent, étant donné qu’à peu près tout le monde est au courant.


Fait à constater, la tête d’orignal qui orne les capots de voiture (pour ne pas dire les hoods de chars) a polarisé la région durant nombre d’années, entre les chasseurs fiers de cette pratique et les autres qui trouvent cela barbare et dégoûtant au possible. En 2012, on constate que c’est une tendance qui a fait son temps et qui n’est plus aussi présente. Ainsi, parallèlement, on s’est collectivement réapproprié ce marqueur identitaire qui nous unit maintenant, au lieu de nous diviser. Comme si on pouvait dorénavant aimer notre orignal régional tous ensemble. En cas d’un abandon du ruminant dans les prochaines années, il nous reste, aux yeux du reste de la province, les épinettes, les maisons en bois rond, les mouches noires, l’or (on ne peut presque plus compter sur le cuivre) et peut-être l’eau. Évidemment, il y en aurait d’autres, mais qui occupent une place moins importante dans les têtes des gens d’ici et d’ailleurs. Je pourrais finir en vous mentionnant qu’on est une région qui a du panache, mais là encore, je trouve que ça devient cliché. Je dirai donc que je vous souhaite un automne bien saignant, taillé en petit cubes dans des paquets de deux livres.

 

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