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Articles // Général

Coups de cœur 2009

Pour l’amour de la culture

// IB - 1 déc. 2009

Numéro : Décembre 2009 / Janvier 2010

 

 


L’année 2009 tire à sa fin tandis que l’heure des bilans vient se pointer le nez. Si 2009 a été l’année de naissance du journal culturel de l’Abitibi-Témiscamingue, elle a aussi été celle de l’éclosion de nombreux talents, ici et un peu partout au Québec. L’offre culturelle de la région est grande et afin d’en dresser un éventail, l’équipe de l’Indice bohémien a demandé à 25 personnalités d’ici de nous faire part de leur coup de cœur des 12 derniers mois.

 

Coups de cœur de la santé  (parce qu’en ce moment, c’est bien important)

 

Lise-Ariane Cabirol Audiologiste au CSSSRN, Rouyn-Noranda
Plus que mon coup de cœur culturel de l’année, c’est l’événement que j’espère pendant des mois, que je retrouve avec une passion assumée chaque année et qui a contribué à doucement me tatouer la région sur le cœur : le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue! Depuis que je vis à Rouyn-Noranda, la fin de l’été sonne pour moi comme l’heure du ressourcement musical. Le Festival m’entraîne chaque année dans son tourbillon de sonorités dont l’énergie brute me porte longtemps encore. J’aime tout du festival : les découvertes, parfois belles à pleurer, les spectacles dont le rythme force à danser, le marathon de musique qui rassasie même les plus exigeants. Je me reconnais particulièrement dans cet heureux mariage du rural et de l’urbain que le festival réussit à mettre en valeur. Ça lui va si bien à ma ville, ce bouillonnement culturel et social qui me fait vibrer comme le ferait un bon beat de drum! Pour l’intimité des salles qui donne une si jolie couleur à la musique, pour la chaleur des échanges complices entre artistes et public, pour le sentiment de participer à quelque chose d’unique que seule l’Abitibi- Témiscamingue saurait offrir ; pour tout cela mon cœur va, sans hésitation, au Festival de musique émergente!

 


Stéphanie Roberge, Directrice de la Coop Santé TémiscaVie, Ville-Marie 
Je suis revenue vivre au Témisca-mingue en juin après avoir passé près de 10 ans à l’extérieur. Depuis mon retour, je suis impressionnée par le dynamisme qui a été insufflé à la scène culturelle de la région au cours des dernières années.   Seulement au Témiscamingue ont émergé depuis cinq ans une série d’initiatives qui, à mon avis, ont rendu la culture plus présente que jamais dans notre milieu. Des exemples de ces initiatives sont la création du Théâtre du Rift et de l’Atelier Cent Pressions, l’embauche d’une agente de développement culturel par la MRC, la présentation de spectacles les dimanches d’été au Parc du Centenaire et le projet de la Corporation Augustin-Chénier d’acquérir le bâtiment qui abrite le Théâtre du Rift et le cinéma de Ville-Marie. À cela s’ajoute l’ensemble des projets, tels que l’Indice bohémien, qui ont vu le jour en Abitibi et au niveau régional.   Il m’apparaît que la scène culturelle n’a jamais été aussi vivante; de la perspective d’une personne qui revient vivre en région, cela rend notre milieu de vie encore plus intéressant. Ainsi, mon coup de cœur est pour tous ces acteurs qui osent entreprendre sur la scène culturelle et pour tous ceux et celles qui croient que le développement passe aussi par la valorisation de la culture. 

 


Karine Laliberté, Infirmière au CSSSVO, Val-d’Or

Harry Manx, ce bluesman originaire du Royaume-Uni, établi dans l’Ouest du Canada depuis maintenant plusieurs années, ne cesse d’épater par ses rythmes musicaux multiples de jazz, de classique indien, de musique du monde à la fois orientale et occidentale. Créant un son bien à lui, de style « mysticssipi », il y mélange harmonieusement le banjo, l’harmonica, le slide guitar et le Mohan Veena, sorte de guitare à 20 cordes adaptée à la musique indienne hindoustanie. Harry Manx compte maintenant huit albums à son actif. Sur son tout dernier album Bread and Buddha, paru en septembre 2009, on retrouve toujours une touche du maître indien Vishwa Mohan Bhatt, avec qui il étudia le Mohan Veena pendant plusieurs années en Inde. Tous ces albums, à mon avis, méritent une écoute attentive et une place dans votre discothèque. Mon préféré reste à ce jour Harry Manx and friends, live at the Glenn Gould Studio. Le timbre de sa voix chaude et envoûtante nous caresse les oreilles et nous laisse dans une ambiance acoustique et mélodieuse d’un bon blues à saveur indienne. Il s’apprête facilement à toutes les personnes qui aiment relaxer par une belle journée aux abords du lac Blouin et admirer un splendide coucher de soleil.

 

Cindy Trudel, Ergothérapeute, au CSSS des Aurores-Boréales, La Sarre

À bien y penser, mon coup de cœur culturel de 2009 est le Paradis du Nord. Même si c’était la troisième fois (non consécutive) que j’y assistais, cette fois le contexte était différent. Nous avions offert une paire de billets à mon grand-père pour son 90e anniversaire. Accompagnés de membres de ma famille, quelques générations se chevauchaient. Même ma tante et ma cousine anglophone ont vu et apprécié la méga-production.  
À mon grand bonheur, plusieurs scènes avaient été modifiées, changées, améliorées, ainsi que les effets spéciaux. Plusieurs surprises ont su capter mon intérêt du début à la fin. Vous auriez dû voir les yeux de mon grand-père et le sourire de ma grand-mère! Que d’émotions, c’était touchant! Mon grand-père a revécu plusieurs instants de sa vie à travers les scènes et les époques. Ayant lui-même travaillé sur les chemins de fer, dans les mines et comme bûcheron, il riait, s’exclamait et commentait à voix haute! 
Le Paradis du Nord a suscité plusieurs discussions, histoires, souvenirs et moments en famille. Revoir cette production à nouveau, à travers les yeux et le cœur de mon grand-père, fut sans doute un moment magique pour moi et mon coup de cœur culturel pour l’année 2009! 

 

Coups de cœur des élus et du monde municipal

 

 

François Gendron, Député provincial d’Abitibi-Ouest et Vice-président de l’Assemblée nationale
Depuis quelques années, l’Abitibi-Témiscamingue s’est vraiment prise en main et trace la voie à de nombreux projets culturels qui rayonnent auprès de la population d’ici et d’ailleurs. Le dynamisme des entrepreneurs culturels s’observe partout en région.

L’exposition Les 5 plaisirs capiteux est mon coup de cœur de l’année parce qu’elle représente une initiative des plus significatives et des plus innovatrices. J’ai eu le plaisir d’apprécier cet important projet artistique mis en place dans les cinq centres d’exposition de l’Abitibi-Témiscamingue, lequel était décliné en cinq thématiques : le désir, l’enchantement, la passion, la fougue et le désordre.
Ce qui m’a le plus réjoui, c’est que la population d’ici et d’ailleurs ait pu, par l’art visuel, découvrir notre belle et grande région; en effet, l’Abitibi-Témiscamingue regorge d’artistes de tout acabit. Les cinq expositions ont également réuni une trentaine d’artistes de chez nous, non seulement des professionnels, mais également des artistes émergents. De plus, le fait que l’exposition se soit tenue sous forme étoilée à Ville-Marie, à Rouyn-Noranda, à Val-d’Or, à La Sarre et à Amos a permis à la population de visiter ou de revisiter notre région tout en admirant le talent de nos artistes.
Vous savez, l’Abitibi-Témiscamingue est maintenant considérée et devenue une opportunité à découvrir par les gens assoiffés d’une vie culturelle émergente. Je suis d’autant plus fier que cet événement d’envergure a contribué au développement économique, social, touristique et culturel de l’Abitibi-Témiscamingue. Notre milieu démontre ainsi que la culture est et sera toujours un moteur de développement important auquel nous tenons tous et toutes et qu’elle constitue un élément essentiel de notre identité et de notre fierté régionale. D’ailleurs, nos artistes auront l’occasion de faire valoir leurs talents puisque  Les 5 plaisirs capiteux  seront de la grande Exposition des régions à Montréal dès l’été prochain, sous la thématique « Excès et désinvolture ».

 

Marc Lemay Député fédéral d’Abitibi-Témiscamingue
En juillet dernier, j’ai eu le plaisir de participer à une activité peu banale. Organisée par le Palais des Arts Harricana d’Amos, le thème en était « Le déjeuner sur l’herbe », inspiré de l’œuvre du peintre Édouard Manet. 
« Le déjeuner sur l’herbe » proposait à l’assistance un dîner champêtre dégusté en compagnie d’artistes de renom qui œuvraient au milieu du XIXe siècle. C’est ainsi que l’on a côtoyé Chopin, George Sand, Victor
Hugo, Lamartine, Musset, Balzac et Rossini. Ces sommités étaient incarnées par des personnalités de la région.    J’ai été séduit par l’originalité et la pertinence de cette activité de financement. Quelle belle idée que d’offrir aux amateurs d’art de redécouvrir, dans une approche ludique et festive, la poésie, la peinture, la musique, la littérature d’une époque révolue, et quelque peu négligée maintenant, mais qui fut si riche en création de toutes formes d’art et qui a énormément influencé toute la culture francophone et le monde.  
De plus, ce « déjeuner sur l’herbe » m’a beaucoup amusé, autant comme participant qui, incarnant Alfred de Musset, a dû se plonger dans l’univers de celui-ci, que comme spectateur qui s’est laissé emporter par les moments musicaux et les extraits de poésie présentés lors de cette journée. 
Chapeau au « déjeuner sur l’herbe » et au plaisir de revivre semblable expérience. 


Ulrick Chérubin. Maire, Ville d’Amos 

Je tiens à souligner le prix Médicis remporté par Dany Laferrière, un compatriote, un homme de lettres extrêmement talentueux. Remporter un tel honneur, c’est signe de l’importance de son œuvre, tant dans notre paysage culturel que dans la francophonie dans le monde. Je tiens à le féliciter pour cet accomplissement. 
 
Simon Roy.Conseiller municipal, Senneterre

La réputation du conteur Fred Pellerin n’est plus à faire. Quand les gens de l’Indice bohémien m’ont demandé de leur faire part de mon coup de cœur culturel de l’année 2009, je n’ai pas eu à chercher bien loin : le délirant Saintéliedecaxtonnien (?) sort automatiquement du lot. C’est peut-être parce que je fais partie des trop rares Québécois qui sont amoureux de la langue française et plus particulièrement du joual québécois, mais à chaque fois que j’entends les histoires de Fred Pellerin, j’ai l’étrange impression d’en saisir un troisième, et même parfois, un quatrième niveau. Les pirouettes et les entourloupettes de son verbe sont simplement hallucinantes et, c’est immanquable, il nous fait nous tordre de rire à chacun de ses passages dans notre belle région. Mais voilà, l’affaire, c’est que Fred Pellerin ne s’arrête pas là. Petite parenthèse. Question-quiz : pourquoi Forest Gump est de loin mon film préféré, toutes catégories confondues? Réponse : parce qu’il me fait aussi bien mourir de rire qu’il me met le « motton » dans la gorge à chaque fois que je le réécoute. Même chose avec Fred Pellerin. On se bidonne pendant 90 minutes mais, à la fin, il sait habilement nous balancer dans les dents une petite morale ou une réflexion sur notre histoire et notre société. C’est ça, Fred Pellerin.
Je suis tellement fier d’être Québécois... mais je suis encore plus fier d’être originaire, tout comme Fred Pellerin, d’une région dite éloignée (éloignée de quoi, au juste?). Val-d’Or, Senneterre ou Saint-Élie-de-Caxton : on est tous dans le même bateau. Faisons vivre et rayonner nos régions, car nous leur devons ce que nous sommes et, ce que nous sommes, c’est souvent tout ce que nous avons.


Alain Guimond .Agent de développement, Ville de Ville-Marie
 Il y a 20 ans, ma femme et moi assistions à la comédie musicale Les Nonnes, au Théâtre de Sainte-Adèle, qui en était à sa première saison dans la version québécoise mise en scène par Raymond Cloutier et qui a tenu l’affiche sept ans. Depuis, les théâtres d’été reprennent régulièrement cette pièce de Dan Goggin adaptée et traduite par LE Serge Grenier des Cyniques. Ce fut donc sans grandes attentes que nous nous sommes rendus au Théâtre du Rift de Ville-Marie pour aller voir la version de Réal Couture et la troupe de théâtre amateur de la Loutre, un peu comme si nous allions voir un groupe hommage… Oh boy! Dans l’erreur vous dites? 
Les Nonnes de la troupe témiscamienne n’ont que très peu à envier aux comédiennes de la version originale. Elles chantent bien et les harmonies sont justes. Elles sont drôles, elles ont le sens du punch et un plaisir fou, contagieux, à interpréter les bonnes sœurs du Sacré-Cœur de Jésus! Comme tout le monde, j’ai été conquis! Ce fut ma soirée au théâtre la plus divertissante de l’année! 



Coups de cœur du milieu culturel 

 

Artiste en arts visuels, membre de l’Atelier Cent Pressions, Ville-Marie
Je ne sais pas qui a eu cette bonne idée, mais n’empêche que c’est sans doute ce que j’ai vu de mieux cette année : mon coup de cœur va à celui ou celle qui a eu l’idée de monter un chapiteau au bord du lac Témiscamingue à Ville-Marie, pour présenter des spectacles les dimanches après-midi. 
Notre agent de développement, Alain Guimond, a mené ces manifestations de main de maître. Presque invisible, il fallait savoir qu’il était derrière toute cette organisation.  Mon coup de cœur de ce coup de cœur va à ma fille, Sylvie Falardeau, qui s’est produite le dernier dimanche avec le groupe les Zégarés. Ils ne se sont pas contentés de quelques rocks.  Ils ont meublé tout notre après-midi en faisant monter sur scène des artistes amateurs qui y allaient de leur chanson favorite. 
Chapeau à toi Sylvie et la troupe des Zégarés. Bravo Alain Guimond : les spectacles qui nous ont été offerts gratuitement valaient vraiment le déplacement. Je souhaite m’en mettre encore plein les yeux et les oreilles l’été prochain. 


Francine Gauthier Animatrice culturelle, Bibliothèque municipale Richelieu, La Sarre

Après mûre réflexion, bien que j’aie lu cette année nombre de très bons livres qui ne sont pas tous d’auteurs québécois, j’ai opté pour les œuvres de deux artistes témiscabitibiennes en art visuel qui ont toutes deux exposé cet été dans le cadre des 5 plaisirs capiteux, concept largement apprécié du public à travers la région. Il s’agit d’Arianne Ouellet, qui était de L’Enchantement au Centre d’art Rotary de La Sarre, avec des tableaux franchement lumineux et enchanteurs pour le vrai et qui donnent très fort l’envie d’aller y faire un tour, je veux dire dedans. Après avoir contemplé ces tableaux-là, un univers onirique s’il en est, je comprends qu’on puisse s’élever parfois au-dessus des choses de ce monde… (procol harum) et flotter un bon moment.

Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé la sculpture éphémère – peut-être devrions-nous parler d’une installation – de Johanne Poitras, qui était du Désir, au Centre d’exposition de Val-d’Or. Il s’agit de sa « butte » de 350 000 feuilles d’arbres séchées et savamment empilées pour donner à voir une forme qui n’est pas sans rappeler la découpe même de l’arbre dans l’air, mais sans l’air entre les feuilles qui désormais s’empilent dans un corps à corps d’une grande densité. Les mois de travail que représente le montage des feuilles en butte couvrent plusieurs disciplines. Il suffit de taper son nom sur Internet pour se rendre compte de l’ampleur des champs d’activités de cette belle artiste.

Bravo à toutes deux! 


Pierre Lapointe. Président du Petit Théâtre du Vieux Noranda et de l’OSR, Rouyn-Noranda

 

Vous allez dire : « Il prêche pour sa paroisse! » et vous aurez en partie raison. Il n’en reste pas moins que mon coup de cœur de l’année est un vrai coup de cœur. C’est le récital que Richard Desjardins a donné au Petit Théâtre du Vieux Noranda, pour le show bénéfice au profit de cette salle de spectacle, un peu MA salle de spectacle. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis président du Petit Théâtre…
Une salle pleine, chaude à souhait. Comme la soirée d’été, en pleine canicule. On aurait pu reprendre les vers de la chanson de Richard,
« Chaude était la nuit… ». Desjardins, ruisselant de sueur, demandant une serviette pour s’éponger, enfilait chansons connues et surtout, beaucoup de chansons inédites. D’émouvantes découvertes. Des textes et des musiques comme seul Richard peut en pondre. De quoi donner hâte à son prochain disque!
Malgré quelques petits faux accords de « guétar » et quelques trous de mémoire dans l’interprétation de ses nouvelles chansons, la foule, sous le charme, en redemandait. Et moi aussi. À la fin, après quelques rappels, les spectateurs, des étincelles pleins les yeux, manifestaient le souhait de revivre ce moment de pur bonheur.



Bruno Turcotte . Directeur de production et metteur en scène, Productions du Raccourci, Amos
Mon coup de cœur va à Misteur Valaire, découvert en performance à l’émission Mange ta ville, sur ARTV. Électro et glamour vont de pair avec ce groupe musical déjanté! D’ailleurs, je me suis procuré leur premier album gratuitement sur leur site internet! Seront-ils au FME? Parlant de FME, j’ai assisté pour la première fois cette année au réputé festival pour voir Malajube, un groupe qui mériterait aussi une mention coup de coeur en cette année 2009 pour leurs effets planant! 


Anne-Laure Bourdaleix-Manin, Ph.D. Conservatrice aux expositions et coordonnatrice de recherche, Val-d’Or
Mon coup de cœur culturel de l’année 2008-2009 aura été indiscutablement l’exposition Inuit, une sélection d’œuvres du Musée national des beaux-arts du Québec. La richesse de cette exposition est due à la magnificence des œuvres réalisées par des artistes inuits d’aujourd’hui, à cette porte ouverte artistique et ethnologique sur une culture trop souvent caricaturée et peu connue. Les œuvres sont à la fois des vecteurs de connaissance historique, sociale, religieuse et artistique. Tout comme de nombreux visiteurs, j’ai apprécié de découvrir un nouveau pan de l’histoire de l’art et l’intégration originale d’une pratique artistique très active à la définition identitaire d’un peuple. Toute la production artistique inuit est gérée par un système de coopératives très efficace et à l’écoute du marché de l’art. Il est aussi remarquable qu’un couple (les Brousseau) ait eu cette piqûre enivrante de collectionner avec méticulosité et passion cet art et d’en faire profiter leurs contemporains tant au Québec, qu’à l’extérieur. Cette exposition a permis également un rapprochement significatif et enrichissant avec des visiteurs autochtones. 


Coups de cœur des milieux de l’enseignement et du communautaire 



Ysabelle Vallée .Enseignante, école secondaire le Tremplin, Malartic


Rien de mieux qu’un bon « FRIMAT » au début août pour nous rappeler que notre chaleur abitibienne légendaire ne se trouve pas dans notre climat, mais plutôt dans notre dynamisme et notre goût de la fête. Non, non, je ne pense pas à ce joli givre matinal qui recouvre les pare-brises de nosvoitures 10 mois par année, mais au Festival de la relève musicale indépendante en Abitibi-Témiscamingue. 

Le FRIMAT nous donne l’occasion de troquer nos tenues estivales pour nos polars, et parfois nos tuques et nos mitaines, pour nous réunir sous le chapiteau et fêter cette belle relève musicale indépendante avec nos amis(es) et connaissances. 
L’édition de l’été 2009 nous a permis de festoyer en compagnie du meilleur groupe au Québec. Ce ne sont pas les Cowboys Fringants qui, soit dit en pensant, ont attiré une faune inhabituelle et, j’espère bien, initiée au FRIMAT. Il s’agit du spectacle de la veille avec Karkwa. Dès l’annonce de leur venue, j’attendais la date de mise en vente du passeport FRIMAT avec impatience, et ensuite celle du spectacle, avec des X sur le calendrier familial. La gardienne fut réservée des mois à l’avance et cette longue attente ne s’avéra pas inutile. Karkwa a offert une performance digne de sa réputation. Planante, musicalement planante! Une performance qui  donne  l’impression d’être un public privilégié, unique, qui mérite une expérience acoustique particulière. 
 

Lucie Offroy. Coordonnatrice, Corporation de développement communautaire, Amos
Après un beau travail de concertation du milieu ici, une subvention pour développer un poste d’agent de projets pour travailler directement avec et pour les personnes âgées a été obtenue. C’est innovateur et on a très hâte de voir les résultats de cette initiative avec cette clientèle dans les prochains mois. 


Marie-Ève Lacroix. Enseignante à l’École de l’Envol, La Sarre 

Lorsque la question me fut posée, les idées se mirent à se bousculer dans ma tête.  Après quelques minutes de réflexion, mon choix s’est tout d’abord arrêté sur le spectacle Le Paradis du Nord, présenté au Colisée de La Sarre du 2 juillet au 8 août 2009.  La principale raison fut l’enthousiasme et l’état de grâce dans lequel ce spectacle a plongé mon jeune fils de trois ans : une expérience à tout jamais ancrée dans sa tête… et dans son cœur!
Puis, j’ai pensé au deuxième coup de cœur de notre été 2009, soit la visite au Musée pour enfants de Laval, où nous avons pu vivre comme des policiers, des vétérinaires, des astronautes, des lecteurs de nouvelles, des pompiers…  L’idée s’est alors forgée dans l’esprit de mon conjoint et dans le mien.  Pourquoi ne pourrions-nous pas, en Abitibi-Témiscamingue, créer un tel musée? En plus d’y présenter des métiers à vocation régionale, les intelligences multiples y seraient à l’honneur! Ces dernières permettent aux enfants de réaliser que tous possèdent des forces particulières (corporelle-kinesthésique, musicale, intrapersonnelle, logico-mathématique, linguistique…) et que toutes ces dimensions sont importantes.  Imaginez la joie des enfants de découvrir par le jeu les différentes facettes de leurs propres capacités!  Quel beau projet pour une collectivité possédant une politique culturelle et familiale aussi dynamique! Les écoles de partout en région afflueraient pour visiter ce musée innovateur! Avec les richesses dont nous disposons, avec l’aide des gens de talent qui ont pu créer Le Paradis du Nord, il ne fait aucun doute que notre idée est pleinement réalisable.  Alors, qui se joindra à nous en 2010 pour réaliser ce projet unique pour nos enfants et notre région?  



Chantal Moreau enseignante, école secondaire Le Carrefour de Latulipe
Fin juin, fin des classes, fin de la routine et début des vacances!!!  C’est normalement ce qui se passe alors qu’on est adolescent. Certains jeunes de l’École du Carrefour de Latulipe ont cependant eu une période estivale peu commune. Malgré leur casier vide et leurs cartables bien remisés, les visites à l’école faisaient encore partie de leur quotidien et croyez-moi, ils n’étaient pas malheureux du tout. En effet, 12 jeunes ont travaillé à l’élaboration d’un théâtre d’été mobile pour financer leur voyage en Europe. Pour l’occasion, ils ont interprété l’œuvre de Denis Bouchard La déprime.
Trimballant décors et costumes, ils ont sillonné le secteur Est du Témiscamingue pour faire rire les spectateurs toujours de plus en plus nombreux d’une représentation à l’autre. Dans des petits villages où les soirées théâtrales se font très rares, c’est avec leur jeu fluide et leur interprétation originale que ces jeunes ont su mobiliser les communautés et leur offrir 1h30 de plaisir. Nourris par la passion du théâtre, ces élèves prenaient plaisir à jouer les burlesques aventures d’un terminus d’autobus. 
Ce théâtre d’été mobile est pour moi un coup de cœur puisqu’en plus de financer leur voyage, des adolescents ont pu démontrer leur savoir-faire à leur communauté et ce, à travers leur passion pour le théâtre. L’espace d’un été, ils ont cultivé leur coin et ont donné un tout autre sens à leurs vacances. 


Johanne Alarie. Intervenante communautaire au Centre Entre-Femmes, Rouyn-Noranda
Parmi toutes les activités culturelles auxquelles j’ai assisté en 2009, ma catégorie coup de cœur va au conte.  Des petits récits colorés livrés par huit conteuses françaises de passage en Abitibi à l’extraordinaire et génial Fred Pellerin, les spectacles de contes ont été nombreux et ont tous su me toucher et m’enthousiasmer!  Mais, parce qu’il faut en choisir un, je donne ma faveur au récent spectacle de contes, Et ton grand-père?, pour ce joli mariage entre deux univers artistiques, l’un d’ici et l’autre d’ailleurs.   
C’est avec simplicité et une grande complicité que l’Abitibien Pierre Labrèche et son ami, le conteur français Serge Valentin, nous ont envoûtés avec leurs histoires de grands- pères, plus invraisemblables les unes que les autres, entremêlées d’anecdotes, de récits d’ici et d’ailleurs et de musique. Avec sa binette expressive et sympathique et son accent cévenol charmant (j’avoue avoir un faible pour les accents…), Serge Valentin m’a emballée avec ses histoires et son accordéon, alors que Pierre Labrèche, ce facteur de contes, avec son humour, sa poésie et ses récits tirés de son sac de facteur, nous a attisé la fierté d’être d’ici, de l’Abitibi. Coup de cœur donc, pour ce bel échange interculturel à renouveler!

Coups de cœur du monde des affaires 



David Bouchard Propriétaire de l’Aquarium Café, Amos
Cette année, le coup de cœur qui me vient en tête est le spectacle de Patrick Watson au dernier Festival de Jazz. Je le connaissais depuis un bon bout de temps car il a déjà produit d’excellents albums, mais je considère que ce spectacle a permis de le consacrer devant les masses. Au rythme où sa carrière va, on peut s’attendre à ce que le meilleur soit à venir dans son cas!


Dominique Parent-Manseau. Directrice générale, Chambre de commerce de Val-d’Or

Rythmes chauds et texturés, suaves et colorés… Je vous propose un antidote infaillible pour vaincre la grisaille de novembre! Amateurs ou non de musique du monde, le groupe Sekwé saura vous séduire. C’est un peu par hasard que j’ai découvert cette attachante formation et d’un coup – coup de coeur, coup de chaleur – je l’ai tout de suite adoptée. Dès les premières notes, des fourmis vous montent dans les jambes et vous ne pouvez vous empêcher de danser, de tanguer au rythme de leurs voix et de leurs instruments.
Impossible de vous décrire ce groupe en quelques mots, il faut les entendre afin de saisir tout le charme de Sekwé. Leur musique est une délicieuse harmonie cacophonique, où rythmes seychellois et québécois se côtoient dans le plus parfait des métissages. Multiethnique et multi-instrumentiste, Sekwé vous offre un univers unique, teinté d’émotions et de réflexions. Poésie, tam-tams, guitare… et j’en passe, de tout pour passer un bon moment. Cette musique vivante, captée tout dernièrement sur leur premier album intitulé Homo Habilis, vaut la peine d’être consommée et ce, en grande quantité!  
Je me permets également de partager avec vous mon coup de coeur pour l’artiste-sculpteur Jim Couture, de La Morandière. Inspiré par la nature qui l’entoure, Monsieur Couture travaille tant le bois que le bronze. Ses oeuvres sont de véritables odes aux beautés de chez nous… Un autre artiste de notre région à découvrir !  


Hélène Lessard. Propriétaire du Fromage au village, Lorrainville

Choisir un coup de cœur régional 2009, c’est loin d’être facile! Éliminons, pour cause de conflit d’intérêts, les diverses présentations lors de la Foire Gourmande et Une maison face au nord présentée par le Théâtre du Tandem.
Alors, remontons dans mes souvenirs pour retrouver la plus belle surprise de l’année, celle qui m’a apporté les plus grandes émotions. En y repensant, un large sourire apparaît sur mes lèvres. J’ai arrêté mon choix sur la comédie musicale Les Nonnes, présentée par le Théâtre de la Loutre. La mise en scène, réalisée par Réal Couture, est très efficace, comme toujours! Les six comédiennes, chanteuses et même musiciennes nous offrent tout un spectacle! Beaucoup de « présence sur scène ». Des chants impeccables, on entend toutes les paroles et on a le goût de chanter avec elles. Les spectateurs n’ont pas du tout l’impression d’écouter de «l’amateur» (La Loutre étant une troupe de théâtre amateur). Les filles ont développé une belle complicité et les spectateurs le ressentent bien. Les comédiennes s’amusent pendant que la salle éclate de rire à tout moment. Une soirée qui passe trop vite, quoi! 

Bravo les filles! Bravo à toute la gang du Théâtre de la Loutre!  


Bernard Barrette. Avocat, Bélanger, Barrette Avocats, Rouyn-Noranda
Je suis originaire de Lorrainville au Témiscamingue et j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 18 ans. Après mes études universitaires en droit à Ottawa, en 1981, ma conjointe et moi avons décidé de venir demeurer à Rouyn-Noranda pour y pratiquer ma profession. 
Nous avons la chance de participer à de nombreux festivals organisés par des bénévoles et des amis(es) qui y mettent tous leurs talents et leurs énergies pour nous en mettre plein la vue et les oreilles. Étant musicien amateur, mon coup de cœur des 5 dernières années est le Festival des guitares du monde en Abitibi- Témiscamingue (FGMAT), qui se déroule à Rouyn-Noranda à la fin du mois de mai pendant plus d’une semaine. 
C’est une chance inouïe que nous avons de pouvoir écouter, entendre et voir en spectacle, ici à Rouyn-Noranda, à des prix incroyablement bas, des artistes de renommée mondiale tels que Al Di Meola, Jesse Cook, Pavlo, The Lost Fingers, Rémi Boucher, Chico & The Gypsies, America et j’en passe. 
Je lève mon chapeau aux organisateurs et aux bénévoles du FGMAT qui réussissent, d’année en année, à nous surprendre avec des spectacles et des artistes provenant des quatre coins du monde. 
Je souhaite longue vie au FGMAT. 


Jacquelin Sévigny . Directeur de production fromagerie La Vache à Maillotte, La Sarre
Beaucoup de bons spectacles ont été  produits cette année. Que ce soient des productions régionales ou bien provinciales, toutes méritent d’être soulignées. De la production d’un film (La Donation), d’un spectacle comme Le Paradis du Nord, du spectacle de l’école de danse ou de l’ensemble vocal Émergence, ou bien celui d’Albertine en cinq temps, chacun a le mérite d’avoir été produit en région par des gens qui font très bien les choses.
Toutefois, mon coup de cœur s’arrête cette année au spectacle de Madame Laurence Jalbert. Elle a su, par une mise en scène efficace, nous faire partager son univers musical.   J’ai découvert en Madame Jalbert un être pur qui prend le temps de servir son public. Chaque interprétation de Madame Jalbert fut juste et bien dosée, on sent bien qu’elle croit ce qu’elle chante et  qu’elle habite ses chansons.
Ce spectacle a su se démarquer  par le côté minimaliste de la scène,  un drapé noir comme décor avec des musiciens de talent et un éclairage sobre; tout l’accent fut mis sur l’interprétation des chansons. Madame Jalbert a pris le temps de créer une ambiance particulière à chacune de ses interprétations, rendant ainsi hommage au texte.
Bravo Madame Jalbert, j’ai vécu avec vous une soirée inoubliable. 


Crédits photo pour le coups de coeur

FME : les Cyclopes

Harry Manx : harrymanx.com

Paradis du Nord : leparadisdunord.com

LA LIBABA : courtoisie de LA LIBABA

5 plaisirs capiteux : courtoisie
de l’artiste

Déjeuner sur l’herbe : comité
organisateur de Déjeuner sur l’herbe

Fred Pellerin : Nicole Garceau

Les nonnes : Théâtre de le Loutre

Un dimanche à Ville-Marie : Sylvie
Falardeau

5 plaisirs capiteux : courtoisie
de l’artiste

Richard Desjardins : courtoisie
de l’artiste

Mister valaire : mistervalaire.ca

Karkwa: Benjamin Cullen (FRIMAT)

La déprime : Chantal Moreau

Pierre Labrèche : courtoisie du CCAT

Séwké : courtoisie de l’artiste

FGMAT : courtoisie du Festival

 

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