Menu

Chroniques // Société

SPÉCIAL FEMMES

QU'AVONS-NOUS ENCORE À NOUS PLAINDRE?

// JADE LAPERLE-FORGET, ÉTUDIANTE AU BACCALAURÉAT EN TRAVAIL SOCIAL. CALACS-ABITIBI - 12 mars 2019

Numéro : Mars 2019

 

Le 8 mars est un moment consacré à la lutte pour les droits des femmes et à la mise au point du chemin qui reste à tracer. Par contre, l’essence même de cette journée se perd au fil des années et celle-ci se transforme peu à peu en fête commerciale. Aujourd’hui, la question se pose : est-ce encore pertinent de se rassembler et de revendiquer pour l’égalité?

 

« Qu’avez-vous encore à vous plaindre? » clameront certains, croyant que l’égalité est atteinte parce que nous pouvons voter. Tandis que d’autres, ignorants, mais remplis de bonne volonté, offriront des fleurs à leur femme.

 

Aujourd’hui, la perception sociale du féminisme est négative et nous mène à dépenser notre énergie à justifier nos actions au détriment de la lutte. Même lors d’une journée dont le but est de revendiquer, nous devons expliquer aux gens qui nous entourent les raisons pour lesquelles les rassemblements, les luttes et le féminisme sont encore pertinents.

 

Alors qu’on entend trop souvent qu’il n’y a plus rien à faire, que ça pourrait être pire; des femmes déterminées continuent à en vouloir plus! Vouloir plus que quoi? Je vous rassure immédiatement, non, nous ne haïssons pas les hommes. Ce que nous voulons, c’est l’égalité de droits et de fait.

 

Ce respect, cette égalité, se présentera lorsque nous cesserons d’être les plus nombreuses à vivre dans la pauvreté, à subir la violence, à gagner un salaire moindre, à assumer seules les responsabilités familiales et lorsque l’État adoptera des gestes concrets pour rendre notre société égalitaire et sécurisante pour toutes.

 

Le jour où nous ne serons plus accusées de provocation d’agressions sexuelles à cause de notre habillement, où nous n’aurons plus peur de marcher seules et où nous n’aurons plus à justifier notre compétence deux fois plus que les hommes, nous tendrons vers l’obtention d’une égalité de fait.

 

Finalement, l’origine du 8 mars s’effrite, même si l’égalité est loin d’être atteinte. Pourtant, nous pouvons tous et toutes contribuer aux changements par des petits gestes quotidiens. Je vous invite donc, tous les jours, à manifester du respect et de la bienveillance auprès des femmes de votre entourage, des femmes issues des minorités ethniques, des femmes autochtones, des femmes marginalisées ou pauvres... Continuons sur cette voie de changement tous et toutes ensemble et vivons dans une société plus égalitaire et respectueuse des différences!

 

La première journée de la femme a été célébrée en 1909, à New York, par le Parti socialiste d’Amérique, dans un contexte de luttes ouvrières. Un an plus tard, à Copenhague, lors d’une réunion de l’Internationale socialiste, la militante allemande Clara Zetkin suggère de rendre cette journée internationale et cette proposition est adoptée à l’unanimité. Même si cette journée est célébrée un peu partout depuis longtemps, ce n’est qu’en 1975 que l’ONU y participe et en 1977 qu’il reconnaît le 8 mars comme étant la Journée internationale des femmes.

 

Print Friendly and PDF

Commentaires

Publicités

Vous vous apprêtez à être redirigé
vers la Boutique des arts CULTURAT.

Continuer Annuler