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Chroniques // L'anachronique

Chronique

MAINTENANT

// Philippe Marquis - 8 nov. 2018

Numéro : Novembre 2018

 

photo : Aaron Burden via unsplash

 

J’isole les fenêtres pour me protéger du froid. Ce n’est pas que je le crains, c’est au contraire parce que je le connais. Je vais à sa rencontre, comme on prend la route, mais je ne le laisserai pas me geler l’intérieur. La lumière, amassée depuis le printemps, et l’assurance qu’il y en aura un autre, dans six ou sept lunes, m’aideront à me fondre à l’hiver. C’est nous cette saison, elle rythme nos vies. Elle est de notre lot d’extrêmes, de notre sac à dos…

Maintenant…

Engranger et cuisiner les récoltes. Ramasser les feuilles tombées des arbres pour le compost et envoyer les dépliants électoraux, qui font tomber des nues, au recyclage. Dans le paysage, les pancartes disparues laissent apprécier un horizon, heureusement beaucoup plus éloigné que quatre ans. Désormais, les slogans vendeurs d’avenir ont quitté nos esprits. Cela laisse de la place aux possibles. Il y aura bientôt, une grande plage blanche pour réécrire le réel avec de forts vents qui balaieront les faux pas.

On va donc pouvoir se parler des vraies affaires : se poser les bonnes questions et y répondre sans gêne… Ça urge! Comment sauver notre humanité? Comment se libérer du pétrole? Comment se détacher de nos téléphones et converser avec tous nos amis? Se sortir de nos solitudes? Prendre soin des malades? Donner un bain aux personnes aînées lorsqu’elles en ont besoin? Offrir un présent et un avenir à nos enfants? Les installer, comme il se doit, sur nos épaules et les laisser voir loin, bien plus loin.

Ma fille, qui n’est déjà plus une enfant, me dit qu’on doit oublier l’économie pour l’instant et s’occuper de la planète… Pour moi, c’est clair. Être, vivre et se soutenir ensemble; c’est ainsi que je pressens l’hivernage.

Maintenant…

On va cesser de s’obstiner, de se convaincre qu’on a raison et que l’autre a tort. Maintenant que « Maintenant »* est autre chose qu’un slogan électoral, je prends parti pour la vie! On a de l’ouvrage, c’est fou, mais on est nombreux à s’y mettre. Car ce qui serait encore plus fou serait de « rester gelés » et de ne rien faire.

Et je sais que nous sommes capables du meilleur.


* Référence au slogan de la Coalition Avenir Québec (CAQ) lors de la récente campagne électorale. 

 

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