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Chroniques // Tête chercheuse

Les grandes villes

// Dominic Ruel - 30 janv. 2018

Numéro : Février 2018

 

Début janvier, ma femme et moi avons passé quelques jours à New York pour amorcer la nouvelle année. Un séjour dans le froid et dans la tempête, mais la météo ne nous a pas empêché de découvrir la ville géante et de prendre le temps de nous laisser surprendre et émerveiller aussi. C’est Times Square, les gratte-ciel, le MoMA.

 

J’aime voyager avec ma femme et découvrir les grandes villes. C’est notre projet d’avenir : en visiter le plus possible, partout. Nous avons déjà achevé un premier triptyque, plus ou moins planifié depuis cinq ans. Trois villes bien différentes. D’abord Paris. Parce que c’est Paris. Pour l’histoire, la mémoire, le patrimoine. Puis La Havane, pour sa magie latine et son romantisme castriste. Finalement, la Grosse Pomme, pour sa démesure nord-américaine et l’impression d’être au centre du monde.

 

J’aime les grandes villes et l’énergie qui s’y dégage, leur effervescence. Pour décrocher, déconnecter, pour m’évader, je préfère Montréal au parc d’Aiguebelle, Montréal au camp de chasse à trois heures d’une cabine téléphonique! La Sainte-Catherine avant le sentier pédestre! Mon ami Dumont n’y comprend rien. Quand nous sommes de passage à Montréal, il dort le plus longtemps possible pour écourter sa journée. C’est dire…

 

La métropole est souvent critiquée, peut-être victime de certains clichés. Elle a mauvaise presse. On dénonce la circulation, la pollution, la pauvreté, le bruit, l’individualisme. Mais beaucoup de ces villes, populeuses comme certains pays, savent innover et régler les problèmes. La déchéance n’est pas généralisée, les villes ne sont pas devenues des no man’s land. Il y a un dynamisme urbain, propre, oui, aux grandes villes. Transport en commun, gestion des déchets, aide aux démunis, lutte à l’auto. Il peut y avoir aussi des vies de quartier, un esprit de communauté, de la proximité et un sentiment d’appartenance. C’est le Plateau à Montréal, quelque chose comme Chelsea ou Greenwich Village à New York. La grande ville, c’est ne jamais en avoir fini de faire le tour. Trop de rues, trop de boutiques, de restos. Trop de musées, trop d’activités. Bien des grandes villes ne dorment jamais. Ça brasse, ça roule, c’est l’impression d’être en vie. Ça change des lundis soirs et des dimanches gris de Val-d’Or, de l’impression, on dirait, d’avoir fait le tour…

 

La moitié de l’humanité vit dorénavant dans les villes. D’ici 2050, 66 %. Les villes sont l’avenir. Pour le meilleur et pour le pire. Dans un essai romanesque intelligent, Le Grand Paris, Aurélien Bellanger réfléchit sur l’avenir de la Ville Lumière et des métropoles. Son personnage réfléchit :

« Je sentais confusément que les mégalopoles seraient le dernier monde, le dernier pixel clignotant de la vie sur Terre. Les villes n’étaient peut-être plus que le dernier chemin avant les toboggans un peu grotesques du rêve spatial. »

 

La grande ville est le dernier front pionnier sur Terre. La dernière réorganisation des populations de notre histoire. Après?

 

 

 

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