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Chroniques // L'anachronique

Pour l'été en ce pays

// Philippe Marquis - 9 juil. 2017

Numéro : Juillet-août 2017

 

photo : Jocelin Roy

 

 Je ne prie pas souvent. Voici pourtant une invocation, un genre d’appel pour le beau temps d’en dedans. Celui qui bronze les intérieurs. Il regarde au-delà de la pluie ou des nuages. Sa vision se rive au ciel bleu, dégagé de préjugés. Je nous invite à y plonger en toute confiance.

 

Les appareils sont fermés; les moteurs éteints. La symphonie des insectes, oiseaux et feuilles berce le présent. Le moment apparait plus beau, plus tranquille et plus réel que le recueillement dans un temple. Puis…

 

Gouter aux teintes du silence, toutes celles qui vibrent dans nos yeux. Celles qui s’écrivent à même la page blanche de l’hiver effacé. Vert, rouge, jaune, mauve et autres coloris dansent sur les papilles qui contemplent la brunante. L’existence emprunte toutes les nuances.

 

Traverser les champs de vision où nous cueillerons des rêves, plus qu’il n’en faut pour passer l’automne et le froid. Le ciel et la terre, dans une liaison passionnée et mystérieuse, nourrissent les pas suivants. Déguster les teintes des échanges secrets…

 

S’élancer dans sa nature comme on saute dans le foin lousse en haut de la grange. Ou, plutôt, « comme on sautait dans le foin lousse de la grange ». Mais ce n’est pas grave, le temps ne compte plus. Hier, aujourd’hui et demain ont été, sont et seront animés par notre souffle. Et cela n’empêchera pas les corps de rougir au soleil.

 

Sauter tête première dans la lumière muette des étangs, lacs et rivières. Cesser de respirer un moment et entendre l’eau absorber les rayons. Épier le soleil ondulant au-dessus de la surface, puis émerger et inspirer la vie un grand coup. Sortir de l’eau, caresser l’instant présent pour marcher à contrecourant des idées toutes tracées. Accueillir ces destins qui remontent leur cours.

 

Avancer dans le grand vent, celui qui veille sans cesse. Entendre le feu crépiter

en nous. Le nourrir de tout ce qui veut vivre et y faire sécher les larmes… L’entendre encore plus fort, plus chaud plus lumineux quand nous…

 

Quand nous sommes, tous ensemble. Belle braise vivante.

 

Rêver sur ta terre sous ton ciel. T’aimer tout entier, mon pays éclairé.

 

 

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