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Chroniques // Portrait d'artiste

Justin St-Pierre a lancé L’insulaire en octobre dernier

Ariane Ouellet rencontre le guitariste virtuose de Val-d’Or

// Ariane Ouellet - 25 janv. 2016

Numéro : Décembre 2015 / Janvier 2016

 

photo : Courtoisie

 

On attendait son dernier album comme on laisse mûrir un bon vin, sachant que notre patience sera récompensée par la découverte d’un goût plus riche, des arômes plus subtils. Comme une promesse tenue, le virtuose de la guitare fingerstyle Justin St-Pierre vient de lancer en octobre dernier son troisième album intitulé L’Insulaire. Même si l’opus est principalement inspiré de l’île de Montréal et de son environnement sonore, c’est de la Nouvelle-Calédonie qu’il nous livre les détails de ses derniers périples musicaux, alors que le chant des oiseaux tropicaux et le caquètement des poules en liberté remplissent le fond sonore de notre conversation d’un bout à l’autre de nos fuseaux horaires.

 

Le musicien d’origine valdorienne n’a pas un parcours banal. Depuis son premier album Rafiot lancé en 2009, il n’a cessé d’employer son temps à la recherche musicale et à la composition. À l’été 2013, il remporte la première place au prestigieux Canadian Guitar Festival, le consacrant comme un des meilleurs guitaristes fingerstyle de sa génération. Bien qu’il soit fier de cet accomplissement, il prend la chose avec un grain de sel et une grande humilité. « La notion de meilleur, ça m’a toujours agacé. Le meilleur guitariste, ça n’existe pas. »

 

Alors comment en est-il arrivé là? « Je n’ai pas de formation en musique, je ne lis pas les partitions », raconte Justin St-Pierre. Ça n’a pas empêché Pierre-Louis Therrien, professeur au Conservatoire de musique de Val-d’Or, de l’inviter à donner une classe de maître au printemps 2015! Et que raconte un musicien autodidacte à des apprentis guitaristes classiques? Il explique son processus de création. « Pendant un an, j’ai arrêté de jouer de façon conventionnelle, j’ai reconfiguré mon cerveau différemment et à partir de là, c’est comme si j’avais ouvert des milliers de portes de création. Quand on change le tuning [NDLR : syntonisation, la façon d’accorder la guitare], les positions des mains sont différentes, même l’instrument réagit différemment. Chaque nouveau tuning m’offre des nouvelles nuances, une nouvelle palette de sonorités. »

 

Le parallèle est d’ailleurs facile à faire avec la peinture, car les univers de Justin St-Pierre se comparent à des paysages. On y retrouve des espaces et des textures qui ressemblent parfois à son Abitibi natale, mais qui se modulent au gré de ses aventures.

 

Après cinq ans de travail et au terme d’une campagne de sociofinancement réussie, L’Insulaire voit donc le jour. Mais pourquoi choisir de produire un album de cette façon? « Mon entourage m’a convaincu d’essayer le sociofinancement et je me suis dit pourquoi pas? confie le guitariste. Ça m’a fait avancer de plusieurs mois dans le processus, et même si c’est assez stressant, ça m’a touché de voir la générosité des gens, de sentir leur appui même s’ils ne me connaissent pas beaucoup. Je crois que l’expérience est concluante! »

 

Lorsqu’un album est lancé, le rêve de tout musicien est de prendre la route afin de livrer le fruit de son travail dans des salles convenables et devant un public intéressé. Justin St-Pierre souhaite être de retour en Abitibi avant le printemps 2016 pour une tournée, mais pour l’instant, il convoite la scène australienne et le Pacifique, puisqu’il y a posé ses valises pour quelques mois au moins. « C’est en Abitibi que je préfère jouer, c’est mon univers, mais en même temps mon style de musique se transporte très bien à travers le monde et c’est ce que je souhaite faire », lance-t-il, plein d’optimisme. Après tout, Justin St-Pierre a sans doute raison, « le public est plus important qu’un jury »!

 

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