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Chroniques // Portrait d'artiste

Un homme-orchestre à découvrir

Phil Moreau, chanteur d’histoires

// Geneviève Gariépy - 15 déc. 2015

Numéro : Décembre 2015 / Janvier 2016

 

Phil Moreau au Quai des brumes, 9 mai 2015
photo : Guy Raymond

 

Phil Moreau, originaire de Rouyn-Noranda, roule sa bosse depuis une vingtaine d’années dans le monde de la musique. Son premier album, Paratonnerre, est une œuvre explosive où se côtoient ballades et chansons coup de poing qui chavirent les conventions. Ses textes recherchés et imaginatifs nous invitent à plonger dans un univers éclectique et offrent une expérience de synesthésie.

 

Le 17 octobre dernier, un an après la sortie de son album Paratonnerre, Phil Moreau présentait avec fébrilité ses chansons au public abitibien. Il avait déjà conquis le cœur de nombreux festivaliers lors de son passage au Festival de la relève indépendante musicale en Abitibi-Témiscamingue (FRIMAT) en 2011 où il a remporté le Prix Télé-Québec pour la qualité des textes. Phil offre des prestations de type plug and play. « Des fois, en spectacle, ça accroche, c’est pas toujours parfait et ça fait partie de mon esthétique, c’est un peu croche et je m’en fous. Le but c’est de transmettre l’émotion », confie l’auteur-compositeur. Ayant une attitude qui tend vers le punk, Phil Moreau ne cherche pas à rendre un produit léché, il tient d’abord et avant tout à diffuser ses mots musicaux avec sincérité. La musique et la voix sont secondaires dans ses compositions, puisque c’est l’écriture qui est centrale dans la démarche artistique de l’artiste aux multiples talents. « Je ne fais pas de la musique, je fais de la chanson », précise l’auteur.

 

Dans chaque composition, Phil Moreau nous raconte habilement une histoire. Dès la première écoute, on est plongé dans nos racines ; la voix rauque et rurale de l’artiste et sa tonalité folk rock fait que l’on se sent un peu chez soi, en Abitibi. « La région fait partie du regard que je pose sur la vie, la société et les autres. Quand je fais écouter mes tounes à mes chums de l’Abitibi, je veux qu’ils aiment ça », témoigne celui qui habite maintenant Montréal et qui demeure attaché aux lieux qui l’ont vu grandir.

 

Phil Moreau est un grand admirateur de musique de tous genres, du blues au death metal. Ce qu’il apprécie particulièrement? Ce sont les textes engagés, assumés et porteurs de messages. « Mon amour principal étant la langue et l’écriture, je suis vraiment attiré par les chanteuses et les chanteurs qui ont quelque chose à dire », commente-t-il. L’artiste se dit particulièrement inspiré par le rêve, les souvenirs, le surréalisme, l’imaginaire et… les femmes! La bêtise humaine est aussi un moteur de création ; dans ses textes, l’artiste ose exprimer l’indignation et la révolte. La chanson Ginger Lollipop figurant sur le dernier album se veut une critique de la société de consommation.

 

La qualité littéraire des compositions de Phil Moreau a d’ailleurs été récompensée puisqu’il a obtenu en 2012 la Bourse de la langue française du Festival en chanson de Petite-Vallée. Paratonnerre est également en nomination pour obtenir un prix Lucien — nouveauté cette année, en hommage à Aut’chose — dans la catégorie album folk de l’année au Gala de l'alternative musicale indépendante du Québec (GAMIQ). \\

 

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