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Chroniques // Portrait d'artiste

Rencontre montréalaise avec une cinéaste abitibienne

Astrid Barrette-Tessier : L'A-T comme tremplin professionnel en cinéma

// Geneviève Gariépy - 6 nov. 2015

Numéro : Novembre 2015

 

Astrid Barrette-Tessier
photo : Jean-Christophe Meunier

 

 

Rencontrée dans un café montréalais, Astrid Barrette-Tessier raconte humblement son parcours dans le milieu du cinéma. Enracinée et impliquée dans sa communauté abitibienne, elle poursuit maintenant son aventure dans la métropole alors qu’elle y gère des lieux de tournage pour des productions québécoises.

 

La passion d’Astrid pour le cinéma se fait sentir dès son tout jeune âge, dans les coulisses du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT). Son père étant impliqué auprès de l’événement, Astrid a l’occasion de rencontrer de nombreux réalisateurs qui l’inspirent et la font rêver. Une rencontre marquante pour celle qui se décrit comme un bébé du FCIAT, c’est celle avec Rock Demers, créateur des Contes pour tous. « Alors que je discutais avec lui, j’ai constaté que toutes mes passions dans la vie me viennent des films que j’ai visionnés », relate la jeune cinéaste.

 

Entre deux gorgées de café au lait, elle raconte avec alacrité qu’elle se destinait à une carrière en biologie marine, mais qu’elle s’est finalement lancée de manière impromptue en cinéma au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. « Ça a été une révélation, j’ai vraiment trippé sur tout, les études, l’enseignement, les cours, l’analyse de films », explique-t-elle. À la fin de son parcours au cégep, elle poursuit un programme en scénarisation et une majeure en études cinématographiques. Après quelques années à travailler dans le domaine de la distribution et des relations publiques, elle décide sur un coup de tête de poser sa candidature en tant qu’enseignante en cinéma au Cégep de l’A-T. Étant embauchée pour ce qu’elle croyait être une seule session, elle y restera finalement neuf ans, avant de tenter l’aventure cinéma dans la métropole à l’été 2015.

 

Lors de son retour en région, il y a près d’une dizaine d’années, elle constate que beaucoup d’autres jeunes professionnels sont également revenus aux sources et que les événements reliés au cinéma se multiplient. L’enseignement et le bouillonnement culturel de la région la poussent à se commettre à nouveau comme réalisatrice. Entourée d’une équipe inspirante, elle se lance dans une production au Festival du DocuMenteur où la piqure de la création revient en force.

 

Avec une pointe de fierté dans les yeux, Astrid raconte qu’elle est devenue à son tour bénévole au FCIAT. Entourée de professionnels œuvrant dans le milieu du cinéma, elle a constaté qu’elle se faisait plus de contacts en cinéma en Abitibi que lorsqu’elle habitait Montréal. « J’avais plus de chance de rencontrer des gens et d’échanger ici : ils sont chez toi, dans un petit milieu, sur ton terrain », explique-t-elle. Pour elle, nul doute que la région lui a ouvert de nombreuses portes. Outre la possibilité de rencontrer des professionnels du cinéma, elle explique que la démocratisation de la création avec des équipements numériques plus abordables et faciles d’accès a permis à plusieurs jeunes réalisateurs de faire leur marque. Elle poursuit en expliquant que les chances de créer en région sont plus grandes, avec notamment les événements Kino ainsi que le Cabaret de création – événement pour lequel elle et son collègue Louis-Paul Willis de l’UQAT ont remporté le prix Événement de la relève dans le cadre des Prix de la culture de Rouyn-Noranda en septembre dernier. « L’effervescence culturelle de la région et les occasions de rencontres offrent une vitrine pour les jeunes cinéastes », relate-t-elle.

 

Tout en demeurant enseignante au cégep, Astrid multiplie les expériences de travail sur des plateaux de tournage en Abitibi, et elle en profite d’ailleurs pour y amener ses étudiants lorsque c’est possible. Expliquant que le milieu cinématographique montréalais est loin de la région, elle témoigne d’un réel souci d’offrir une formation de qualité à ses étudiants en leur permettant de fréquenter le milieu professionnel lorsque l’occasion se présente. Parallèlement, elle écrit des scénarios et soumet des propositions afin d’obtenir du financement. Ses talents sont reconnus et elle est financée par la SODEC et par le Fonds dédié aux arts et aux lettres de l’Abitibi-Témiscamingue pour l’écriture de son premier court métrage, qu’elle prévoit tourner en région à l’automne 2016.

 

Sa première grande expérience professionnelle fut le court-métrage Là où je suis de Myriam Magassouba, couronné aux Jutra en 2013, où elle a œuvré en tant que coordonnatrice régionale. L’automne dernier, Philippe Falardeau s’est rendu en région afin de réaliser Guibord s’en va-t-en-guerre. La jeune femme de 34 ans s’est donc retrouvée à travailler sur le projet puisqu’elle avait été référée pour ses compétences cinématographiques et sa connaissance de la région. C’est cette expérience qui confirma son choix de poursuivre une carrière cinématographique à Montréal. Depuis quelques mois, elle y travaille en tant que directrice des lieux de tournage pour le prochain film de Chloé Robichaud, Pays, mettant en vedette Emily VanCamp.

 

Que lui réserve l’avenir? Elle travaille actuellement à l’écriture d’un court métrage. L’histoire se déroule en Abitibi et témoigne d’une appartenance identitaire. « Mes idées et mes influences viennent de la région et je trouve ça intéressant d’avoir des projets qui se situent ici. C’est une belle tendance que nous avons au Québec, on sort de Montréal », explique-t-elle. Parions qu’avec son bagage et sa persévérance, nous n’avons pas fini d’entendre parler d’Astrid Barrette-Tessier, un des bébés du FCIAT. \\

 

 

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