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Chroniques // Sports et plein air

Chronique Aiguebelle

Quand les éléments se déchaînent

// Sabrina Gilbert, garde-parc naturaliste - 13 oct. 2015

Numéro : Octobre 2015

 

photo : Nicolas Boulé

 

Le 20 août 2015, l’Abitibi-Témiscamingue a subi une microrafale qui a causé beaucoup de dommages dans plusieurs municipalités de la région. Le Parc national d’Aiguebelle a aussi ressenti le coup donné par mère Nature.

 

Microrafale ou tornade?

On pourrait croire en constatant les dommages qu’une tornade est passée, mais c’est pourtant bien une microrafale qui a soufflé les arbres dans l’après-midi du 20 août. Les tornades sont des vents tournoyants tandis que les microrafales sont des corridors de vents se déplaçant en ligne droite. Les météorologistes estiment que le vent a atteint une vitesse minimum de 120 km/h et confirment que celui-ci s’est déplacé en ligne droite.  

 

Le constat des dommages au parc

À l’intérieur du territoire, les dommages les plus remarquables sont dans le sud du parc, plus précisément sur la route 2 près de la jonction de la route 26 ainsi que dans le sentier La Traverse et le nouveau sentier La Salamandre. La route 12 pour se rendre au lac Sault a également été complètement fermée. On remarque surtout des arbres déracinés et même cassés en deux, ce qu’on appelle un chablis. De plus, divers chemins ont été bloqués, plusieurs sentiers fermés au public et des dommages causés aux infrastructures.

La priorité dans ce genre de situation est d’assurer la sécurité des clients. Ensuite, un garde-parc parcourt les sentiers pédestres pour s’assurer qu’il n’y a pas de randonneurs en détresse et pour constater l’ampleur les dommages. Le nettoyage a commencé avec les routes pour assurer une circulation fluide et sécuritaire. Ensuite, les sentiers pédestres populaires et les secteurs les plus fréquentés ont été nettoyés. La responsable des services collectifs du parc estime les dommages à environ 25 000 $. De plus, les travaux de nettoyage et de réparation représentent plus de 400 heures de travail.

 

Doit-on maintenant bûcher?

Non! Contrairement aux réserves fauniques où certaines activités d’exploitation forestière sont permises, les parcs nationaux laissent la nature évoluer le plus naturellement possible. À part retirer les arbres tombés dans les chemins et sentiers, ceux-ci seront laissés en place. Ils vont se décomposer à l’aide d’insectes et de champignons pour ensuite enrichir le sol.  

 

Faune

Ce genre d’évènement peut être bénéfique pour les animaux. Bien que certains oiseaux aient perdu leur nid lors de la microrafale, les arbres couchés au sol offrent maintenant des abris pour d’autres espèces comme les amphibiens et les reptiles. De plus, lors de déracinement d’arbres, des abris d’hivernation parfaits pour les ours peuvent être créés.

 

Flore

La végétation ne semble pas pouvoir en sortir gagnante, mais comme les feux de forêt, une microrafale est un moyen d’aider la forêt à se renouveler. En tombant, les arbres matures créent des endroits ensoleillés au sol. Cela permet aux jeunes arbres de grandir et à certaines plantes de sous-bois de pousser. Ainsi, le renouvèlement de la forêt peut avoir lieu. Mère Nature a créé les dommages à la forêt, mais elle s’occupe de tout remettre en ordre. Le parc, quant à lui, continue d’offrir un service de qualité à ses visiteurs et son équipe étudie la possibilité d’effectuer de la recherche scientifique concernant le phénomène des chablis. \\

 

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