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Chroniques // Histoire et patrimoine

Chronique Histoire et Patrimoine

Les débuts de l’éducation à Rouyn-Noranda

// Sébastien Tessier - 3 sept. 2015

Numéro : Septembre 2015

 

Les quatre Sœurs Grises de la Croix devant la tente qui a servi d’école temporaire en attendant la fin des travaux de construction de l’école Saint-Louis-de-Gonzague. Rouyn 1926.
photo : BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Société d’histoire de Rouyn-Noranda, série Albert Pelletier. 08-Y,P117,S5,P100

 

À la suite des découvertes faites par de nombreux prospecteurs, Rouyn et Noranda connaissent une véritable ruée vers l’or dès 1922. À partir de 1925, les chercheurs d’or, qui parcourent le territoire à la recherche du bon filon, ne sont toutefois plus seuls dans la communauté dont le développement est plutôt anarchique. Des familles entières, qui veulent retirer des bénéfices d’un tel Klondike, viennent s’installer de façon permanente au Far West abitibien.

 

Cette situation fait naître de nouveaux besoins, dont celui d’éduquer les enfants qui accompagnent les familles nouvellement installées.    

 

La construction de la première école

 

Récemment arrivé à Rouyn, le curé Albert Pelletier commence à planifier la construction de la première école-chapelle durant l’été 1925. C’est à l’angle des rues Perreault et Galipeault (aujourd’hui avenue Larivière) qu’elle sera érigée, là où se trouve actuellement le Centre Élisabeth-Bruyère. Étant donné que la scierie la plus près se trouve à Guérin, les matériaux de construction doivent être acheminés par voie de navigation sur plus de 175 kilomètres.

 

La lourdeur des chargements et les intempéries rendent le transport des matériaux long et pénible. D’ailleurs, le convoi sur lequel étaient transportées les chaises et la fournaise a dû faire demi-tour aux rapides de l’Esturgeon en raison de la glace qui prenait. C’est par train, en faisant un détour par l’Ontario, que la cargaison arrive à Macamic. De là, elle est ensuite tirée par des chevaux jusqu’à Rouyn. Enfin, la fournaise arrive le 8 décembre 1925… La rentrée scolaire a dû être froide cette année-là!

 

 

L’arrivée rocambolesque des Sœurs Grises de la Croix

 

Il n’y a pas que les matériaux qui ont de la difficulté à se rendre jusqu’aux villes sœurs. Les enseignantes également ont connu quelques péripéties. Durant la nuit du 20 octobre 1925, quatre religieuses de la Communauté des Sœurs Grises de la Croix quittent Ottawa en avion à destination d’Angliers. De cet endroit, elles montent dans une barque qui les mène du lac des Quinze, en passant par le lac Rémigny, le lac Barrière, le lac Provencher, le lac Montbeillard, le lac Beauchatel, la rivière Pelletier, le lac Pelletier, le lac Édouard, jusqu’au chemin de corduroi qui donne accès aux rives du lac Osisko.

 

De son côté, comme prévu, le curé Pelletier part à leur rencontre en compagnie du Dr Linklater. Toutefois, en raison de la tempête de neige qui fait rage ce soir-là, la visibilité est quasi nulle et le prêtre ne parvient pas à les repérer. C’est finalement les voix qu’il perçoit qui lui permettent de s’orienter. Il a toute une surprise lorsqu’il aperçoit l’embarcation des religieuses échouée dans le sable sur la berge. Ces dernières sont couchées dans le fond du bateau et enroulées dans des couvertures pour se protéger du froid. L’homme de foi aide l’équipage qui accompagne les sœurs à dégager le bateau et tous arrivent enfin à bon port sains et saufs!

 

Pour en apprendre plus sur l’histoire de l’éducation en Abitibi-Témiscamingue, il est possible de visiter le Centre d’archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) de Rouyn-Noranda, où de nombreux fonds d’archives sont mis à la disposition du public. On peut également consulter le site internet pour découvrir une multitude de documents numériques disponibles en ligne. \\

 

 

 

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