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Chroniques // Histoire et patrimoine

Exposition à la Société d’histoire d’Amos

Amos, il y a cent ans, sur les traces du missionnaire Ivanhoë Caron

// Guillaume Trottier et Carmen Rousseau - 2 sept. 2014

Numéro : Septembre 2014

 

Exposition à la Société d’histoire d’Amos
photo : Courtoisie

 

 

Puisque la ville d’Amos célèbre cette année son 100e anniversaire de fondation, sa société d’histoire  saisit l’occasion pour présenter une exposition à son centre d’archives  sur un de ses artisans de la première heure, le missionnaire-colonisateur Ivanhoë Caron.

Cette exposition propose de faire découvrir un personnage méconnu de l’histoire de l’Abitibi. Caron naît en 1875 à L’Islet. Après des études à Québec, il enseigne l’histoire puis est ordonné prêtre. Il fait également des études à Rome en théologie et philosophie, et en profite pour faire plusieurs voyages. L’abbé Caron se voit ensuite confier la mise en œuvre de la colonisation en Abitibi de 1911 jusqu’en 1924. Pendant ces années, il se révèle un voyageur infatigable parcourant le territoire à pied, en canot, en train; il prononce de multiples conférences, publie des brochures, organise plus d’une dizaine « d’excursions » de colons et des visites de personnalités politiques et religieuses en Abitibi. Après 1924, il continue de publier et de voyager à l’étranger.

 

C’est en fouillant dans le fonds d’archives de Caron à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) qu’on a réalisé tout l’intérêt que représentent ces documents, car ils mettent en lumière les rapports de forces et les enjeux des débuts de la colonisation de l’Abitibi. L’abbé Caron étant acteur et témoin direct des événements, il devenait possible de mettre en contexte les photos grâce à ses archives. Plus encore, le contraste entre les scènes et paysages d’autrefois, par rapport à ceux que nous côtoyons aujourd’hui, sert de rappel de la transformation et du travail qui restait à accomplir.

 

L’intérêt réside également dans la volonté d’expliquer son travail, en l’insérant dans le contexte idéologique plus large de l’époque. Car l’abbé Caron est entre deux mondes. D’une part, un Québec moderne et industriel exploitant les ressources des régions, mais qui a besoin d’une main-d’œuvre concentrée dans les villes, qui déserte alors les campagnes. Davantage, un Québec qui s’ouvre graduellement sur le monde et qui s’américanise, délaissant les valeurs traditionnelles. D’autre part, des élites cléricales et nationalistes, qui continuent de tenir un discours ne correspondant plus à la réalité et qui ne transmettent plus qu’une image passéiste.

 

L’exposition présente 26 photos tirées majoritairement du Fonds Ivanhoë Caron de BAnQ, accompagnées de textes provenant de la correspondance et des rapports du missionnaire- colonisateur. Les photos d’archives sont mises en valeur par de remarquables cadres anciens provenant de la collection Carte Blanche. Enfin, des objets anciens de la vie quotidienne sont exposés, pour faire un clin d’œil à la carrière de Caron et au mode de vie des premiers colons. Plusieurs de ces objets ont été prêtés gracieusement par la Corporation du Vieux-Palais d’Amos et par le musée de la Maison Dumulon à Rouyn-Noranda. Toute la population est invitée à visiter le Centre d’archives, pour saisir l’occasion de mieux comprendre les débuts de la communauté amossoise, qui s’insère dans l’histoire plus large de l’Abitibi.  L’exposition est présentée au Centre d’archives jusqu’en décembre 2014.

 

 

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