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Chroniques // Création chronique

La panne d’inspiration

// Louise Magnan - 1 juin 2013

Numéro : Juin 2013

 

 

Nous oublions que la créativité, ça se pratique. Qu’est- ce qui nous empêche de le faire? Le manque de temps, le travail, la famille…Toutes ces bonnes idées qui nous viennent sur la route, dans nos nuits sans sommeil et qui se perdent pourtant. Je vous propose ici un petit jeu de réhabilitation au plaisir de créer, au plaisir d’écrire. Je m’adresse à monsieur et madame tout le monde ou à vous, artistes chevronnés, peu importe votre médium d’expression. Vous n’avez besoin de rien si ce n’est d’un papier, d’une paire de ciseaux, d’un bâton de colle et de vieilles revues. Je vous invite à ramoner votre conduit créatif, à un retour innocent vers votre source d’inspiration.

  1. Le collage spontané

Prenez une revue et feuilletez-la au hasard. La première image qui vous attire est la bonne. Découpez-la et collez-la dans votre journal. Continuez à feuilleter, mais cette fois soyez attentif aux phrases et aux mots. Découpez sans trop choisir tous ceux qui retiennent votre attention. Placez ensuite ces mots autour de votre image et jouez avec, un peu de la façon dont vous le feriez si vous étiez en train de jouer au scrabble.

 

L’étape suivante consiste à interroger le résultat. Y a-t-il un message ou une leçon à tirer de l’exercice? Qu’est- ce que cette page tente de me dire?

 

L’utilisation d’une telle technique permet parfois de mettre le doigt sur ce qui bloque notre source d’inspiration dans l’immédiat. Ce n’est pas parce que la créativité est thérapeutique que nous avons besoin d’être soignés. Peut-on créer indéfiniment sans affirmer la vie qui nous habite, sans porter attention aux nœuds qui se font et se défont à l’intérieur de nous à chaque étape de notre processus?

 

Cela ne sert à rien de tout mettre en œuvre pour nous forcer à créer lorsque nous sommes en panne. Il suffit simplement de rester dans l’action et de faire autrement. Si on bloque dans l’écriture, allons-y avec le dessin spontané. Si la toile blanche n’attire pas le geste ou l’image intérieure, écrivons. Si les notes ne s’enlignent pas à la sortie de l’instrument, esquissons quelques pas de danse. Si rien de tout cela ne donne de résultat, partons simplement à l’aventure, sortons dehors, mini-carnet à la main. Pourquoi ne pas ouvrir simplement le réfrigérateur et nous lancer dans la confection d’une tarte aux pommes?

Qu’on soit des novices ou des professionnels, rappelons-nous que les idées ne sortent pas d’un robinet qui coule d’un flot continu. Il y a la sempiternelle incubation qui dure le temps qu’il faut. La fameuse étincelle qui nous annonce que l’idée s’en vient. Cette idée prend tout son temps pour se former et naitre. L’apothéose du point culminant ne dure qu’un bref instant et laisse place au désordre qui annonce le déclin. Une fois abouti, l’acte de génial est bel et bien mort. Et on repart jusqu’à la prochaine…

 

Louise Magnan est une artiste multidisciplinaire. Elle est animatrice certifiée d’ateliers du Journal créatif. 

 

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